USAGE UES OIIGANES UE LA VISION
L’appareil de la vision se compose de parties essentielles, le nerf optique et le globe oculaire, et de parties accessoires ou tutamina oculî. Les parties essentielles sont destinées à nous rendre sensibles à l’action de la lumière, à nous faire connaître par son intermédiaire la couleur des corps, leur forme, leurs dimensions et leur position par rapport aux objets environnants. Les parties accessoires servent à mouvoir et à protéger les parties essentielles. J’ai déjà indiqué rapidement l’usage de chacune de ces parties constituantes, à mesure que je les ai décrites; aussi je me propose actuellement de tracer en quelques mots la marche des rayons lumineux depuis leur entrée dans le globe oculaire jusqu’à la rétine, et de donner une idée de la formation des images sur cette dernière membrane. •
On sait que tous les points d’un corps lumineux par lui-même ou éclairé lancent en tous sens des rayons divergents de manière à former des cônes répondant par leur sommet à chacun des points du corps. Supposons un de ces faisceaux lumineux tombant sur la cornée transparente : une partie des rayons qui le composent est réfléchie par cette membrane et lui donne son brillant, l’autre partie la traverse. Parmi ces derniers, le rayon central, ou axe optique, qui arrive perpendiculairement sur la cornée, n’est pas dévié et traverse également en ligne droite toutes les humeurs de l’œil ; les autres, obliques à une surface convexe, et passant de l’air dans un milieu plus dense, subissent une réfraction qui les rapproche du rayon central. Parvenus derrière la cornée, ils trouvent l’humeur aqueuse, dont la force réfringente un peu moindre leur conserve à peu de chose près la convergence qu’ils viennent d’acquérir. Rendus moins divergents par ces deux milieux, les rayons pénètrent en plus grand nombre par l’ouverture de la pupille et rencontrent le cristallin, qui, en raison de sa densité et de sa forme lenticulaire, les réfracte avec force et augmente leur convergence; enfin se présente le corps vitré, milieu d’une densité et d’un pouvoir réfringent inférieurs à ceux du cristallin, mais dont la face antérieure concave permet aux rayons de se rapprocher encore et d’aller former leur foyer sur la rétine.
Si maintenant chacun des cônes lumineux lancés par un objet éclairé va former son foyer sur la rétine et y peindre ainsi l’image du point dont il est émané ; tous ces cônes conservant entre eux les mêmes rapports d’obliquité et subissant les mêmes réfractions, on aura sur la rétine une image complète de l’objet. Cette image produit sur la membrane nerveuse de l’œil un ébranlement qui se communique au nerf optique et est transmis par lui au sensorium commun, dans lequel s’opère la sensation.
Les images qui se forment au fond du globe oculaire sont toujours renversées, parce que les rayons lumineux s’entrecroisent avant d’arriver sur la rétine, de manière que ceux partis du haut de l’objet se trouvent à la partie inférieure de l’espace occupé par l’image, tandis que ceux venus de la partie inférieure sont placés en haut du même espace ; mais le jugement naturel, rectifié d’abord par le toucher et fortifié ensuite par l’habitude, nous fait rapporter les objets à leur véritable situation.
En résumé, les milieux diaphanes du globe oculaire laissent passer les rayons lumineux et changent leur direction de manière à les faire converger sur la rétine ; celle-ci est doublée d’une couche pigmentaire noire qui absorbe la lumière et l’empêche de troubler la netteté des images ; enfin la sensibilité de la rétine est encore ménagée, au moyen d’un voile membraneux, mobile, sensible au contact des rayons, qui se contracte ou se dilate suivant qu’ils sont plus intenses ou plus faibles, et n’en laisse jamais passer qu’une quantité convenable.
Tout cet ensemble constitue un instrument d’optique supérieur à ceux qu’il est permis à l’homme de construire, car en même temps qu’il donne des images parfaites, qu’il est achromatique, que l’aberration de sphéricité est empêchée par la présence de l’iris, il peut encore s’adapter pour la vision à distance, excepté toutefois dans les infirmités connues sous le nom de myopie et de presbytie.
ANATOMIE DU SYSTÈME NERVEUX
PliAXCHE 78.
Elle présente la sclérotique et la cornée (raiisparente, la choroïde et l’iris, ainsi que les vaisseaux et les nerfs de ces membranes.
l’iiéi>ABATiO!s. — Pour obtenir la face extérieure de la sclérotique, il siillit de couper, en rasant, les insertions des muscles sur le globe de l'œil, et de détacher celui-ci des parties molles qui l'environnent. On aura la face intérieure, en faisant une section borizonialc ou verticale du globe ocidaire, en débarrassant sa cavité de son contenu, et en enlevant avec des pinces les membranes qui tapissent la face intérieure de la sclérotique.
La face extérieure de la choroïde se prépare de la manière suivante : On saisit la sclérotique avec le mors d'une pince, en tenant le globe oculaire su.spendu ; on incise la portion pincée; puis, introduisant la pointe mousse des ci.seaux entre la sclérotique et la choroïde, on coupe la première de ces membranes circulairement, dans le sens vertical ou horizontal, en ayant soin de ne pas décliirer la choroïde, sans quoi les liumeurs de l'reil s'échapperaient. On enlève ensuite avec précaution le lambeau de la sclérotique, en coupant les vaisseaux et les nerfs qui retiennent les deux membranes, et l’on redouble d'attention au niveau du ligament ciliaire où Tadliérence est plus intense.
Pour ta face intérieure de la choroïde, la préparation est la même que pour la face intérieure de la sclérotique, seulement on n'enlève pas les humeurs et la rétine.
Exiilication «le la figure 1.
a. Nerf optique et sa gaine fibreuse. — b. Surface extérieure de la sclérotique. — c. Cornée transparente au travers de laquelle on voit l'iris.
Explication «le la figure 2.
a. Sclérotique vue par la face antérieure. — b. Cornée transparente.
Explieafioii «le la figure 3.
.Sclérotique traversée en arrière et en avant par les vaisseaux ciliaires, qui envoient aussi des ramifications sur sa surface extérieure.
Explication «le la figure A.
a. Surface intérieure de la sclérotique. — 5. Gaine du neif optique. — c. Surface intérieure de la cornée. Cette figure, aill^^ que la figure 7, permet d'apprécier les différences d’épaisseur que la sclérotique présente en avant, en arrière et au niveau de.s insertions des mu.scles droits; on voit encore que la cornée transparente, plus épaisse au centre qu'à la circonférence, est aussi plus épaisse que la sclérotique.
Explication de la figure 5.
a, a, a. Coupe de ta sclérotique. — b. Surface extérieure de la choroïde, sur laquelle on voit c, c, les vaisseaux veineux tourbillonnés (vasa vorticosa). Sur un plan plus superficiel, on voit encore, d, d, les nerfs ciliaires qui, après avoir traversé la sclérotique, rampent entre elle et la choroïde pour se rendre, en se divisant, vers e, cercle ou anneau ciliaire (ganglion ciliaire). — f. Face antérieure de l'iris. — g. Ouverture pupillaire.
Explication de la figure 6 .
a, a. Surface extérieure de la choroïde et de l'iri.s. On voit les réseaux artériels de ces deux membranes, fournis par les artères ciliaires qui, après avoir traversé la sclérotique, se divisent en 6, b, ciliaires postérieures pour la choroïde, et en c, c, c, ciliaires antérieures, destinées à l’iris.
Explication de la figure 7.
a, o. Coupe de la sclérotique. — b. Coupe de la cornée. — c. Surface intérieure de la choroïde. — d. Corps et procès ciliaires. — e. Iris reçu dans une rigole circulaire formée en arrière par le corps ciliaire, et en avant par/’, le ganglion ciliaire. — g, g. Coupe du canal de Fontana. — h. Portion delà rétine se continuant en arrière avec, «, la substance du nerf optique. — j,j. Gaine du nerf optique se continuant avec la sclérotique proprement dite.
PI.-ci.
Fi^.2
Fig.3.
Fig. .
Fig. 5
Fig.6
Dessiné d'après nature par Léveillé
Préparé par LxidoviC
linp liemerciei T.de Seine Sr,Paris
ET DES ORGANES DES SENS DE L’HOMME
PliANfCHE 79.
On voit sur cette planche, l’emboîtement des trois membranes de l’œil, l’iris, la membrane pupillaire et la rétine.
Préparation. — Incisez la sclérotique, comme on l’a indiqué dans la planche précédente, et renversez les deux lâinbeaux de chaque côté, pour découvrir les nerfs ciliaires rampants entre la sclérotique et la choroïde. Échânerez cétte dernière membrane, pour mettre à nu la rétine ; enfin l’ablation d’une portion de celle-ci permet de voir plus profondément le corps vitré et le cristallin. Une section verticale montrera l’épaisseur de la cornée tl de l’iris.
Explieation de la fisure 1.
a, a. Lambeau de sclérotique renversé. ~ b. Choroïde. — c, c. Nerfs ciliaires traversant la sclérotique, pour se placer entre elle et la choroïde. — d. Rétine écbancrée. — e. Corps vitré. — f. Cristallin. — g. Coupe médiane de l’iris. — h. Coupe médiane de la cornée transparente. — i. Chambre antérieure. — j. Chambre postérieure. — k. Canal de Fontana, placé entre le cercle ciliaire et l’iris, d’une part, et la sclérotique et la cornée, d’une autre part.
Préparation. — Sur la face antérieure du globe oculaire faites une section médiane et verticale d’une portion de la sclérotique et de la cornée, et enlevez un des lambeaux, de manière à mettre à nu l’iris, la pupille, le cercle ciliaire et la choroïde. L’ablation d une partie de l’iris vous montrera les procès ciliaires placés derrière celle cloison.
Explication de la figuce 2.
a. Cornée transparente taillée en biseau aux dépens de sa face extérieure, pour s’enchasser dans le biseau tai.lé sur la surface intérieure de 6, 6, la sclérotique. — c. Iris. — d. Pupille. — e. Cercle ciliaire. — f. Choroïde, sur laquelle on voit la terminaison dichotomique des nerfs ciliaires. — g. Procès ciliaires. — h. Cristallin.
Préparation. — Partagez le globe oculaire en deux moitiés, l’une antérieure, l’autre postérieure, et étudiez sur la face postérieure de la moitié antérieure le corps et les procès ciliaires ainsi que la face postérieure de l'iris.
Explication de la figure 3.
o, a. Coupe de la sclérotique. — 6, b. Choroïde. — c, c. Corps ciliaires. — d, d. Procès ciliaires, dont une partie est renversée en dehors. — e. Face postéiieure de l’iris. — f. Ouverture pupillaire au travers de laquelle on voit la cornée.
Préparation. — Injectez les artères ciliaires de l’œil d'un fœtus âgé de trois ou quatre mois, et découvrez le réseau vasculaire de la membrane pupillaire.
Explication de la figure h.
A, A. Artères ciliaires se divisant et s’anastomosant pour former le réseau de la membrane pupillaire.
FIGURES 5, 6 et 7.
Préparation. - Découvrez la rétine par l'ablation de la sclérotique et de la choroïde.
Explication de la figure 5.
a, a. Rétine vue de profil, se continuant en arrière avec la substance du nerf optique. — 6. Couronne ciliaire de Zinn, empiétant sur, c, la circonférence externe du cristallin. — d. Lambeau de la choroïde renversé. — e. Lambeau de la sclérotique renversé. — f. Veines de la rétine, vues par transparence et sans injection.
Explication de la figure 6.
a, a. Rétine. — 6, b. Couronne ciliaire de Zinn. — c. cristallin. Le tout vu de face.
a, a. Surface intérieure de la moitié postérieure de la rétine avec son réseau veineux. — b. Tache jaune. — c. Insertion du nerf optique. — d. Choroïde. — e. Sclérotique.
A.NATOMIE DU SYSTÈME NEUVEUX
PliAlVCHK 80.
Corps vitré, cristallin, et résumé général de tout le globe oculaire.
Préparation des onze premières figures. — Pour obtenir le cristallin et le corps vitré, ii suffit d’enlever les trois membranes de l’œil. Cette préparation peut se faire sur un œil frais, ou sur un œil que l’on a soumis préalablement è une macération de vingt-quatre heures dans l’alcool ou dans un acide affaibli; on voit alors la texture intime du cristallin, et l’on peut constater la présence delà membrane hyaloïde, devenue demi-transparente par la macération. On ne peut s’assurer de la texture cellulaire du corps vitré que sur un œil congelé.
Explication de la figure 1.
a, a. Corps vitré vu de profil ; son excavation antérieure se moule sur le cristallin.
Explication de la figure 2.
a, a. Segment antérieur du corps vitré, et, b, du cristallin. — c. Couronne ciliaire de Zinn, dépourvue de pigment.
Explication de la figure 3.
Section verticale et antéro-postérieure de : a, Cristallin; b, membrane hyaloïde; c, couronne ciliaire de Zinn; d, humeur vitrée, et e, canal de F. Petit.
Explication des figures à, 5 et 6.
a. Cristallin d’enfant. — b. Cristallin d’adulte. — c. Cristallin de vieillard.
Explication des figures 7 et 8.
a, O, a. Les trois segments de la face antérieure du cristallin. — 6. Pôle antérieur. — c, c, c, c. Les quatre segments de la face postérieure. — d. Pôle postérieur.
Segmentation de la face antérieure du cristallin, écartement des segments et leur division en lames. — O. Noyau du cristallin en partie recouvert.
Explication de la figure 10.
O. Cristallin vu de profil. — b. Pôle antérieur. — c. Pôle postérieur.
Explication de la figure 11.
Coupe verticale et antéro-postérieure du cristallin, sur laquelle on voit la disposition concentrique des lames.
Préparation. — Après avoir soumis un œil à la congélation, partagez-le verticalement et d’arrière en avant en deux moitiés.
Explication de la figure 12.
a. Paupière supérieure, et b, paupière inférieure; on voit les diiférenles couches qui les composent. — c, c. Conjonctive se réfléchis>ant de la face postérieure de la paupière sur la face antérieure du globe oculaire. — d, d. Aponévrose orbito-oculaire, .se prolongeant sur, e, la gaine du nerf optique, et envoyant des gaines sur les muscles, f, droit supérieur, et, g, droit inférieur. h, h. Sclérotique renforcée en arrière par la gaine du nerf optique, et en avant par l’expansion des aponévroses des muscles droits. — i. Cornée transparente coupée de manière à montrer sa texture lamelleuse. — j, j. Choroïde. — k. Cercle ciliaire.— l. Corps et procès ciliaires. — m. Iris et pupille. — n, n. Canal de Fontana. — o, o. Rétine .se continuant avec la substance du nerf optique. —p. Couronne ciliaire de Zinn. — q, q. Membrane hyaloïde. — r. Artère capsulaire logée dans le canal hyaloldien. — s, s. Humeur vitrée et ses cellules. — t. Cristallin et sa capsule. — u, u. Canal godronné ou de F. Petit. —1’. Chambre antérieure. — x. Chambre postérieure.
Imp.Lemeracr.r.cle Seint 5/,ïans
Préparé par Ludovic.
Dessiné daprèsnatiireparLéveillfi
ET DES ORG.WES DES SE!NS DE L’HOMMEj
ORGANES DE L’OUIE
Les oreilles, ou organes de l’ouie, sont deux appareils destinés à recueillir, à renforcer les vibrations des corps sonores, et à transmettre à l’encéphale, au moyen du nerf spécial de l'audition, les impressions produites par ces vibrations. Elles sont placées de chaque côté de la base du crâne, dans l’épaisseur du temporal, au-devant de l’apophyse mastoïdienne. Chacune d’elles se compose de trois parties distinctes par leur organisation aussi bien que par leur rôle physiologique. Ces parties sont : 1” Yoreille externe, qui comprend le pavillon et le conduit auditif externe; '1° Yoreille moyenne, formée par la cavité tympanique et ses annexes ; 3” Yoreille interne ou labyrinthe, constituée par une série de cavités osseuses diversement contournées (vestibule, limaçon , canaux demi circulaires), dans lesquelles viennent se répandre les ramifications du nerf auditif.