‹ Névrologie ou description et iconographie du système nerveux et des organes des sens de l'hommeChapitre 154 sur 174 · MEMBRANE TÉGÜMENTAIRE EXTERNE, OU PEAU · texte numérisé non relu

MEMBRANE TÉGÜMENTAIRE EXTERNE, OU PEAU

La peau est une membrane fibreuse étendue à la périphérie du corps, auquel elle constitue une sorte d’enveloppe ou de limite extérieure qui en arrête la forme et en suit toutes les inégalités.

Interrompue au niveau des ouvertures naturelles , elle ne s’y termine pas, mais se réfléchit en changeant de nature, et se continue avec les membranes muqueuses qui tapissent l’intérieur des cavités.

On la regarde comme l’organe du tact et du toucher ; sa densité, .sa résistance et son élasticité en font un puissant organe de protection ; enfin elle est le siège d’absorptions et d’exhalations continuelles.

Ses dimensions varient suivant les individus ; sa superficie dépend évidemment de la taille et de l’embonpoint. M. Sappey l’a évaluée en moyenne à 10 pieds carrés pour l’homme et à 6 ou 8 pour la femme. L’épaisseur, moins considérable chez la femme et l’enfant que chez l’homme et le vieillard, présente des différences notables sur la même personne, suivant les points où on l’examine. Ainsi la peau est fine, lâche et mobile aux paupières, à la verge et au scrotum ; elle est au. contraire épaisse, ferme et adhérente, au crâne, à la nuque, au dos, à la paume des mains et à la plante des pieds, plus épaisse dans le sens de l’abduction et de l’extension des membres, que dans l’adduction et la flexion. Aux endroits où s’exercent habituellement des pressions ou des frottements, elle est calleuse et presque cornée.

La couleur de la peau diffère suivant les races d’hommes. Blanche ou rosée dans la race caucasique, elle est jaune dans la race mongole, rouge ou cuivrée chez les Indiens, noire chez les nègres, etc. Dans la même race, elle offre des variations d’autant plus tranchées que sa nuance est plus claire. Ainsi, pour la race blanche, on la trouve moins foncée sous les latitudes nord que sous les latitudes du midi, moins foncée chez la femme que chez l’homme, chez l’enfant que chez l’adulte; dans la vieillesse, elle devient sèche, aride et un peu jaunâtre. Sur le même individu, quel que soit son sexe, elle est toujours plus ou moins brunâtre aux parties génitales externes et autour des mamelons, basanée aux endroits continuellement exposés à l’air. Enfin, on peut dire que sa coloration dépend encore des tempéraments ; généralement blanche chez ceux d’un tempérament lymphatique, elle est d’un rose plus ou moins foncé, surtout à la face, chez les individus sanguins.

Nous étudierons dans la peau; 1° sa sur/ace extérieure, 2“ sa surfaee intérieure ou adhérente, 3» sa structvo-e.

1' SOBFACB EXTÉRIEURE Oü LIBRE.

La surface libre de la peau présente les particularités suivantes :

1° Des plis etdes sillons qu’on peut classer en deux espèces: les plis de locomotion et les plis séniles.

Les plis de locomotion sont normaux et dépendent soit de l’action musculaire, soit d’une disposition particulière du tissu cellulaire sous-cutané ; on les divise en grands et en petits. Les premiers s’observent au niveau des articulations et des muscles, auxquels ils sont presque toujours perpendiculaires. Les seconds forment, en s’entrecroisant les uns avec les autres, une multitude de losanges qui permettent à la peau de se prêter à tous les mouvements ; on les voit en grand nombre sur la face dorsale du poignet et de la main, c’est-à-dire du côté de l’extension.

Les plis séniles ou rides sont produits par l’amaigrissement des vieillards, chez lesquels la peau

ORGANES DU TACT OU DU TOUCHER'

ayant perdu de son élasticité et ne pouvant pas revenir sur elle-même, est trop large pour les parties qu’elle recouvre.

On peut rattacher à cette dernière espèce les plis qui se forment sur le ventre à la suite de l’accouchement ou de la ponction d’une ascite.

2“ Un grand nombre de petites éminences désignées sous le nom de papilles. Celles-ci occupent principalement la paume des mains et la plante des pieds, où elles sont rangées régulièrement suivant des lignes diversement contournées, mais en général parallèles aux plis de locomotion. A la pulpe des doigts et des orteils, ces lignes décrivent des courbes concentriques ; ailleurs les papilles sont disséminées.

.'l” Une infinité A’orifices ou pores apparaissent à la surface de la peau : les uns, imperceptibles à l’œil nu, appartiennent aux canaux sudoripares; les autres, généralement appréciables à l’œil nu, sont les orifices extérieurs des follicules sébacés; ils apparaissent en grande quantité sur le nez, où ils forment, chez certaines, personnes, un pointillé noir.

4° On trouve encore des fentes curvilignes pour le passage des ongles et des ouvertures arrondies pour les poils. Ceux-ci sont loin d’exister à toutes les époques de la vie et varient sous le rapport de la quantité, de la longueur et de la coloration. Leurs follicules, ainsi que les follicules sébacés, font souvent saillie à la surface de la peau, à laquelle ils communiquent une certaine rudesse marquée surtout dans le phénomène appelé chair de poule.

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