‹ Névroses à DéchargeChapitre 12 sur 20 · ENT · texte numérisé non relu

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sortir du cadre de notre sujet et, pour nous résumer, nous pouvons dire qu'il existe une série d'états, appelons-les à décharge, dont le propre est la décharge automatique ; décharge qui se fait en dehors et souvent malgré les centres supérieurs. On ne peut pas plus provoquer par la volonté ou le jugement l’inspiration qu'on ne peut l'arrêter, et les états réflexes que nous avons étudiés, passionnels ou autres, dominent ceux qui les éprouvent beaucoup plus qu'ils ne sont dominés. S'ils le sont, ils deviennent des actes raisonnés et raisonnables et nous n'avons pas à nous en occuper ICI.

Seraient-ce maintenant les seules caractéristiques des états à décharge que la décharge et l’automatisme. L'histoire et les études psychiatriques commencées avec Lélut et Brierre de Boismont nous apprennent qu'avant l'inspiration, il y a chez les gens de génie toute une période préparatoire dont elle n'est que le couronnement et la terminaison. C'est qu’à côté de la décharge, il y a la charge ou mise en tension.

Et cette période est au point de vue psychologique bien plus intéressante encore que la décharge. En en parlant à propos de l’épilepsie, le professeur Pierret's’exprime ainsi :

« Les orages musculaires ainsi déchaînés ne peuvent évidemment se produire que si les éléments accumulateurs cessent de pouvoir contenir la force emmagasinée, et cela, soit parce que celle-ci est

‘ Province médicale. Traitement de certaines formes d’épilepsie par les médicaments convulsivant.

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arrivée à un degré excessif de tension, soit parce que les neurones, en vertu de quelque modification de la matière qui les constitue, sont devenus impropres à retenir ou à diffuser régulièrement des vibrations qui, pourtant ne dépassent pasles tensions normales. Dans le premier cas, la force nerveuse, cette forme inconnue du mouvement, peut-être retenue dans des cellules saines d’ailleurs, en vertu d’une résistance interposée sur les conducteurs neuro-musculaires ou surles prolongements qui, rapprochant les cellules les unes des autres, rendent plus aisée, plus régulière la permanente diffusion de force sans laquelle aucun équilibre nerveux ne pourrait jamais s'établir. Cet équilibre est d’ailleurs parfaitement instable, nécessairement incomplet et peut-être peu désirable. Dans le second cas, les conducteurs restant normaux, c'est la masse même de la cellule qui se charge outre mesure ou se décharge avec trop de facilité, et l’on concoit bien vite que, dans ces deux conditions, il y a lieu de penser que les réserves dynamiques utilisables pour une série d'actes convulsifs sont fortes ou faibles : fortes quand les neurones s'épuisent difficilement et se rechargent sans peine ; faibles siles éléments, bien vite au bout de leurs disponibilités, ne les reconstituent que pour les dépenser immédiatement ».

En somme un système nerveux hypertendu répond de deux facons aux excitations : ou en ayant pour une excitation une réaction instantanée et disproportion née, ou en accumulant du potentiel Jusqu'au moment où la décharge n’est que le résultat d’un excès de

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force ; dans le premier cas, la décharge est nettement pathologique; dans le second elle peut. être une qualité comme pour ces bêtes de race qui, accumulant dans une longue préparation leur influx nerveux s'en vident ou même s’en claquent dans l'énergie farouche de la course. C’est peut-être là la facon des hommes de génie et quand, faisant de la psychologie générale, Richet nous dit : « Nous n'’assitons qu’en partie et même en une très petite partie au travail psychique qui se fait dans le cerveau. Nous ne voyons que des résultats et nous n assistons pas à l’élaboration de ces résultats; une idée peut être modifiée, transformée, amplifiée, diminuée, sans que nous voyons les phases par où elle passe. Mais tout d’un coup elle apparaît à la conscience et alors seulement elle est connue par le moi ». En disant cela, Richet nous fait la psychologie des hommes de génie, qui n'est que celle des autres hommes en plus puissant et plus parfait. Mais en même temps il nous fait toucher du doigt le problème délicat de l'inconscient. C'est, pour être plus complet, cette manière surtout qu'il faudrait étudier dans tous les modes d'activité psychique qui viennent de nous occuper. Ce serait entrer dans des discussions qui nous entraïineraient bien loin, car d’une part personne n'est d'accord, ni sur le terme, ni sur la chose, et d'autre part le problème est de telle importance qu'ayant réuni quelques documents pour l’envisager sérieusement, nous nous réservons de le faire ailleurs en rattachant directement cette étude à l’ébauche que nous venons

essayer d’esquisser.

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