OBSERVATION VIII
(Communiquée par le P' Pierret).
Homme, 55 à 56 ans, vieux avant l’âge.
Mère morte de maladie nerveuse. Lui, bonne santé antérieure. À uriné au lit très tard, même au régiment deux ou trois fois.
Pas d'enfant, nie la syphilis.
Intelligent, travailleur, mais assez nerveux. Balancierajusteur.
Il ya dix à onze mois, s’est réveillé la nuit avec une sensation terrible de battements de cœur et de sueurs profuses, sans paralysie d'aucune sorte. Angoisse, peur de mourir.
Le médecin vient le matin et dit que c'était une maladie nerveuse et l’envoie à la campagne.
Il y alla après avoir fini sa besogne, mais alors il avait des douleurs de tête intolérables à la nuque et en diadème.
Revenu un peu plus calme, fut repris de ses maux de tête, mais avec un phénomène nouveau : impulsions irrésistibles à sortir. Il ne voudrait pas, mais il faut qu’il sorte. Alors
mAt ES
il pleure, gémit, s'irrite, mais finit par sortir. I va tout droit devant lui, s'éreintant, mais toujours avec son mal de tête.
Il rentre chez lui, mange bien, mais le mal de tête revient encore plus fort après le repas: alors, il faut de nouveau sortir.
Le soir, il mange encore, puis se met au lit, mais il ne peut dormir sans chloral. Il en prend, se réveille toutes les heures pour en reprendre. Le matin,il se lève écrasé, la gorge serrée et donne à peine à sa femme le temps de lui faire à manger. Le voilà parti.
Appétit conservé, langue bonne. Peut-être un peu de clapotement stomacal. Foie, rien d'appréciable. Cœur sain.
Pas de strabisme, ni de troubles pupillaires. Pas de tremblement. Artères sans induration sensible.
Ouïe et vue normales. Pourtant le bruit l'agace horriblement.
Raisonnement conservé.
Réflexes rotuliens un peu exagérés, aucun signe de tabes; pas de signe de Romberg.
À essayé de bien des médicaments : l'iodure, le bromure de potassium, le valérianate de quinine, une seule fois la belladone à doses très faibles.
OBSERVATIONS IX et X
(Pierre Janet. Revue de Neurologie, 30 décembre 1909).
Une femme de 30 ans, jusque-là simplement émotive,
mais sans aucun accident caractéristique, se trouve séparée de son mari parti, croyait-elle, en voyage.
Elle est très surprise par la signification d’une demande en divorce que son mari à lancée contre elle. Surviennent d'abord des crises d’obsessions et d'angoisse, puis des cauchemars nocturnes, puis des sortes de délire, la nuit, à forme de somnambulismes, dont on ne peut la réveiller et qui durent assez longtemps.
Un mois après commencent, la nuit, de véritables accès
épileptiques.
Avant la signature donnée par l'évolution, dans quelle classe de névroses ranger ces accès de somnambulisme ? Et dans les observations suivantes ?
Deux jeunes gens, l’un de 14, l’autre de 25 ans, présentaient la nuit, depuis bien des années, des crises de somnambulismes typiques: ils se levaient la nuit, pendant leur sommeil, et dérangeaient tout dans leur chambre; lun d'eux avait même la fâcheuse habitude de sortir dans lescalier et souvent il lui arriva d’effraver beaucoup ses voisins. Après un certain temps, quelquefois assez long, ils rentraient se coucher et se réveillaient le matin sans aucun souvenir de leur équipée. Des amis, les surprenant dans cet état, ont cru bien faire en leur jetant, à l’un et à l'autre, un pot d’eau sur la figure afin de bien les réveiller.
Le résultat a été le même dans les deux cas : ils sont tombés brusquement en convulsions. Le fait le plus curieux, c’est que depuis ce moment ils n’ont plus jamais eu
de somnambulismes nocturnes, mais que, à la place, la nuit d'abord, puis même le jour, ils ont eu de véritables
accès épileptiques.
OBSERVATION XI (Personnelle).
C. B..., 36 ans. Père alcoolique, violent, intelligent, instable. Mère commune, travailleuse, bien portante. Aliénés dans les collatéraux. Un oncle et une tante occupent de très belles situations. Deux frères et une sœur en bonne santé. Une autre sœur très névropathe.
Pas de convulsions dans l'enfance. Maladies habituelles.
Réglée à 12 ans, sans trouble spécial. Rhumatisme articulaire aigu à 14 ans, laissant au cœur un souffle au premier temps. Petite, courte, laide et congestive.
Se marie, pas d'enfants, pas de fausse couche.
Pas de migraine, de névralgie, pas d’anesthésie, aucun des stigmates dits hystériforme. Intelligente et spirituelle, a toujours été faible de volonté, en ce sens qu'elle est la proie de ses émotions et de ses sentiments affectifs.
Chez elle, la partie affective domine absolument tout ; d'une impressionnabilité exagérée ; a vite la larme à l'œil : a pris deux crises nerveuses après émotion. À la syncope facile, Fait sa décharge du côté 1ésé, qui fait point d'appel.
Cliniquement supporte #dmirablement sa lésion, jamais d'œdéme où d'essoufflement, mais à chaque émotion ou
contrariété, palpitations violentes avec accès de suffoca-
tion. Un antispasmodique, la cessation de la cause ou la suggestion simple suffisent à les faire cesser.
Greffe des idées d'inquiétude et d’anxiété sur ces accès. La présence du médecin suffit souvent à calmer tout cela. Bien réglée, sans douleur, assez abondamment. Grande constipée.
OBSERVATION XII (Personnelle).
J. L..…., 23 ans. Mère épileptique (à crises rares), père nerveux, instable, intelligent, très arthritique, à réactions sensitives et motrices exagérées, bizarre et violent.
Pas de convulsions dans l'enfance. Bronchite. Lithiase rénale. Poussée d’ictère. Migraines très fréquentes. Névralgies du trijumeau. Force musculaire et résistance à la fatigue considérable.
Physionomie ouverte et intelligente, œil noir, vif et audacieux. Très séduisant. Rien de spécial à la puberté. N'a jamais eu de crise à forme définie ; à 10 ans cependant, la nuit, a mouillé son oreiller. Pas de morsure de la langue, ni perte d'urine. Très intelligent, a fait de brillantes études ; n’a jamais eu de volonté fixe et soutenue, un peu féminin comme goûts ; passion violente et rageuse ; caractère inégal, emperté, explosions fréquentes pour tout et pour rien ; travail jamais continu, par crises ; fait tout de cette façon ; très changeant ; à désirs soudains, cessant brusquement par simple dérivation. Pas d'onanisme à aucun moment. Peu pratique, rêveur et dans le vide, avec
rs EN ve
la manie d'inventer, de chercher ; mais laissant une idée belle souvent, aussi vite qu'il a cherché.
Donne l'impression trouble de quelqu'un qui aurait pu faire quelque chose, mais ne fera rien, à moins de subir la volonté d'un autre et de s'y conformer, ce qui se “ait contraire à son caractère éergucilleux, et irrascible. Sug-
gestionnable à l'excès.
OBSERVATION XII (Personnelle).
A. M..., 50 ans, aucun antécédent ; a toujours été névropathe.
Pas de tare physique. Excellente santé, robuste, vigoureux, n'a jamais été malade. .
De tempérament colérique, il explose à la moindre contrariété et devient violent ; a plusieurs fois frappé ses proches. Migraineux et névralgique. Très sensible à l'action de l'alcool, il lui suffit d'une dose minime pour le mettre en élat de grande excitation ; dans ces moments, il devient d’une violence dangereuse et ses crises de colère ont toutes une caractéristique nelle el immuable, l'amnésie complète. Il ne se rappelle jamais ce qu'il a fait dans ces momentslà et est le premier à le déplorer.
Il essaye de ne pas boire, mais à certains jours les envies deviennent pour lui irrésistibles. Quand, hors de la boisson, il essaye de dominer ses violences, il n'y arrive pas loujours. S'il y arrive el commande à sa décharge, il s'ensuit pour lui des migraines qui durent plusieurs
jours.
PSN te pres
Est intelligent, entreprenant, honnête, manquüe de ténacité et de suite dans les idées. Technicien excellent, a une bonne conduite hors de ces accès. N'a jamais eu de crise franche épileptiforme.