Lettre à Hitzig, du 20 avril
Kreisler! — Kreisler! — Garde à toi! — Le vois-tu te guetter, le spectre pâle aux yeux rouges étincelauts? Le vois-tu sortir ses griffes de squelette de dessous SCS haillons pour te saisir, en secouant sa couronne de paille sur son crâne chauve et poli? — C'est la démence! — Tiens-toi ferme, Jean! — Comme tu me secoues, spectre irrité!... Comment fuir?... Laissemoi * ! »
D'après tout ce cjui précède, la voie littéraire de Hoffmann était tracée au moment où il commença à écrire. Il ne pouvait guère faire que ce qu'il a fait.
Son oHivre est considérable. Elle forme douze volumes compacts, bien qu'on n'ait point recueilli les nombreux articles de critique musicale qui ne furent pour lui qu'un gagne-pain et qui n'offriraient d'intérêt — s'ils en offraient — cju'aux historiens de la musicjue. Parmi les ouvrages admis dans « l'édition complète », quelques-uns, où l'influence de Jean-Paul Richter est sensible dans le tour d'esprit et dans le style, ont été composés à la louange et en l'honneur de la déesse Ironie, prônée par les Schlegel. « Il aimait sur toutes choses, disait Hoffmann de lui-même, ce badinage qui naît d'une intuition profonde de l'être.... Mais vous êtes des gens sérieux et distingués, et vous n'aimez pas la plaisanterie. » Un ou deux des douze volumes excusent en vérité les « gens sérieux et distingués » d'avoir boudé certaines plaisanteries d'Hoffmann. On