SOMNAMBULISME PROVOQUÉ
Fanesthésie proprement dite. Supprimer le souvenir de la douleur n'était-ce pas cependant, suivant la remarque de M Ch. Kichet, diminuer singulièrement la douleur elle-même? Mais toutes ces opérations étaient en somme très courtes et de peu d'importance et je désirais constater cette anesthésie dans une circonstance plus grave.
Au mois de février de cette année, entrait dans le service de M. Segond, chirurgien de la Salpêtrière, une jeune femme de il\ ans, nommée Qe, présentant une métrite grave, avec antéversion de l'utérus. Il fut décidé que Ion pratiquerait la dilatation du col et le curettage de l'utérus. Cette malade avait fait l'année précédente un séjour de quelques mois dans le service de M. le Pr Raymond, où j'avais eu l'occasion de l'étudier. C'était une hystérique présentant des attaques assez fortes, suivies de délires qui persistaient quelquefois un ou deuxjours.
Les stigmates de l'hystérie existaient nettement sans être très accusés, diminution de la sensibilité du côté gauche, plutôt qu'anesthésie véritable et rétrécissement variable du champ visuel surtout marqué pendant l'effort d'attention, comme j'ai eu l'occasion de le montrer1. Je n'insiste pas sur tous les troubles psychologiques de la volonté, de l'attention qu'il est inutile d'étudier ici. Il suffît de savoir que cette malade était très facilement hypnotisable et extrêmement suggestible : ce fut même par un traitement psychologique que j'étais parvenu l'année précédente à faire disparaître les idées fixes qui déterminaient les attaques et les délires. La malade avait quitté l'hôpital depuis six mois sans présenter de nouveaux accidents hystériques et revenait dans un service de chirurgie pour faire traiter une métrite ancienne, fortement aggravée depuis quelque temps. Avec le consentement de ■M. Segond, que je remercie de son obligeance, j'ai voulu constater si l'anesthésie déterminée par suggestion pouvait suffire dans une opération assez grave pour être faite ordinairement pendant le sommeil chloroformique.
Il fut très facile d'hypnotiser la malade de nouveau et de la décider à se laisser opérer pendant le sommeil hypnotique, en lui promettant, bien entendu, pour la rassurer, de recourir à l'éther dès qu'elle souffrirait.
Pendant trois séances de somnambulisme provoqué je cherchai
lé Stigmates mentaux des hystériques, 1893, p. 75.
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nambulisme elle manifestait la plus \i\«- frayeui l'ai peur,
disait-elle, iana oesse, je luii iûre que je 1 beauco
on s'il me fai re mal . »
I opération commença cependant sans que la malade 1 en api cùi, elle continua pendant quelquei minutes h parlai d< 1a peur pour I avenir. Je pais souffrir 1 mais ne se préoc< upait pas de louffranoe actuelle. Pendanl lea dix dernières minutes, j'avais réussi à la rasMirri' «-t elle parlait d'autre chose ' en attendant l'opération qui certainement lui fera il bien du mal
L'opération qui s'accomplissait comprenait plusieurs temps p ticulièrement douloureux, eu particulier la dilatation extemporanée du col. Le col assez, étroit n'admettait que la bougie d 'i. la dilatation lui poussée jusqu'au n° 54, et ce ne lut qu'au dernier moment, au moment de l'extraction de la dernière bougie qu'il \ eut un petit tressaillement des jambes. M. Segond, dont je suis heureux d'apporter ici l'opinion, croit ce premier temps, dilatation rapide, particulièrement douloureux, et ne pense pas qu'une femme en état normal put la supporter sans crier. I es autres temps, le curettage, le lavage au chlorure de zinc, le tamponnement, ne déterminèrent aucune réaction. Toute l'opération
dura vin lit minutes, o
La malade transportée sur son lit fut immédiatement réveillée: elle eut un moment d'angoisse, car elle était convaincue que je n'avais pas pu l'endormir et qu'on allait commencer l'opération. Elle eut beaucoup de peine à croire que tout était fini, et quand elle fut rassurée, déjeuna de fort bon appétit, comme si rien ne s'était passé.
Les suites furent des plus simples, quoique malheureusement la métrite ne fût pas entièrement guérie mais seulement atténuée par cette opération. Il est certain que l'absence complète de souvenirs et de souffrances! l'absence des nausées que laisse après
m SOMNAMBULISME PROVOQUÉ
lui le chloroforme, le calme et le bien-être de la malade montrent la supériorité surprenante de ce mode d'anesthésie. Un peu plus de précaution m'aurait permis, en hypnotisant la malade la veille de l'opération, de supprimer complètement ces craintes qui seules ont été manifestées avant et pendant l'opération. Il est certain que l'on peut obtenir par des procédés de ce genre l'état mental le plus désirable pour une opération. Malheureusement on ne peut jusqu'à présent essayer avec quelque chance de succès une pareille expérience que sur un petit nombre de sujets et nous sommes encore loin de l'époque où l'on pourra pratiquement appliquer à tous les cas ce mode d'anesthésie chirurgicale.
TABLE WU.VIïnl E DES M \ I II l: i -
A toi i m li équani b de V ■■--. a ; oriplion, i . 5 ; début, 55 ; d< ,1 adaptation aui circonstances < ai is blés, I76; absence de décision, ^69; efforts pour donner aus set - un carai - 1ère émotionnant, 168 ; arrêl de lin -traction et ilu déreloppemerit de la personm kal de la sensibilité
dans un cas <l . \ > . de \i m. moire, des émotions, ot>. «le l'habitude, i'j; mouvements automatiques dans V — , g ; -u__. stion dans P— , 10, tics et impulsions dans P— , g; rapport de V — e! des îd< O7, i83. jt'u) : troubles de nutrition dans 1' — . 55, 190; rapports de P — avec le- délire du contact, 6, la fatigue, 54* les paralvsics hysléri [ues, 8, les 1 itats de Bommeil incomplets, 53 ; traitement de V — , 57, 64, 19 «•
Accommodation. Spasmes de 1' — , 288.
.EsTHESIOGÉNlE, 24O.
Akinesia algeka. Forme «le la paralysie hystérique, 3 18.
Ali.ochikie. la cas d' — , 200 ; — simple, 2.44; — complète, 246; — avec corrections, 248; les divers degrés de la localisation dans Y — , 248; les réflexes dans 1' — , 25 1 ; retard des temps de réaction dans 1 — , 2^7 ; conservation des mouvements automatiques dans i' — , 201 ; interprétation anatomique, jîSq; interprétation par des troubles
du mouvemi nt, 1 58, psi ibtes
de I tioi
le réti 1 | du 1 li.mip .1
consi ten
\ mm su systématique, ri" ttique
ches les obsédés, 1 s ', ; — localisée, 16, 109; — localisée après le délire, i'h ; — localisée après le somnambulisme, 1 s I ; rétrograde, 117; — continue, 109, 1 13; 1 as de M I >. . 1 1 v perte compli otinuelle du
renir de t ius li - év< nen ents,
1 1 g ; - dans la période qui > deux somnambulismes, »33; cara de P- continue, 110, 12G; con<^ lion de l'intellig 1 quise, 121;
forme particulière de Y — continu.'. 162, iô'j ; représentation schématique des — , 122, 12 \ ; représentation par la méthode des coordonnées, Il4i 148; conservation des souvenirs dans ces — , 127, 1 33 ; réapparition des souvenirs dans les somnambule 127, dans les actes subconscients, l34 ; rapports de P — avec la distraction, i36, avec les émotions, ii5. 116, 1 i3, i'u. 149, 473, avec le*, idées fixes. 1 \>. i85; ordre de 1 parition tles souvenirs après Y — continue, 1 I9.
Amour. Le sentiment de Y — , 456.
Anagi-ypiifs. Expériences sur la vision binoculaire et sur l'attention, ~\.
iHG
TABLE W ILYTIQUE DES M \TM SRES
Vnesthésib hystérique, ses caractères, a8of a8i ; boii rapport avec des troubles «lu mouvement, :>\i, 3o8; — viscérale et troubles viscéraux, a36, 3ao; rapports <le 1' — avec les temps de réaction, 102, io3, avec l'attention, i)'i, avec la distraction, 58, avec les idées fixes, i85 ; — chirurgicale, 48 1.
Anorexie et vomissements hystériques,
Aprosexie, 47? — chez les obsédés, 1 83.
Assimilation des souvenirs, 137.
Association dans les localisations, 25(), 260 ; — dans les idées fixes et les rêves, 53, i4i, 169, 171 ; — par contraste, 3a, 260.
Asthénopie, trouble de l'attention visuelle, 186, 272.
Attaque hystérique, son rapport avec l'idée fixe, i5(), 1G7; — modifie l'idée fixe, 61 ; la conscience pendant 1' — , 160; transformation de 1' — en somnambulisme, 160.
Attention. Son rôle, 67 ; sa complexité, 69 ; la mesure de 1' — par 1 étude des troubles de la perception, 70, par l'étude du travail mental, 72, par l'examen de lavision binoculaire, 73, par l'étude du champ visuel, 74, 75, 187; rapport de F — avec l'anesthésie, 9'), avec les temps de réaction, 77, 78 ; mesure de 1' — par l'équation personnelle, 79, par la courbe des temps de réaction, 79, 84 ; critique de ces mesures, 106 ; la synthèse dans 1' — , 107.
Auditive. Troubles delà perception — ,
Automatique. Actes volontaires et actes — , 11, 12, 390, 396; réaction — , 94; écriture — chez un possédé, 387.
Besoin d'imitation et d'obéissance, 479*, — du sommeil hypnotique, 209, 428, 467 ; l'exagération de ce besoin détermine les accidents de la passion somnambulique, 427, 432 ; — dedirection, 208, 210, "366, 458.
Gérébkal. Engourdissement et épuisement — dans l'aboulie, 55, 68, dans
I amnésie continue, i34> dans le rétrécissement du champ de la conscience, a56, dans les troubles de la synthèse mentale. i38; difficulté de la localisation — dans un cas d'hémianopsic interne hystérique, 283.
Champ vib\ i i . Rétrécissement du — , sa signification psychologique, 71; rapports de ce rétrécissement avec l'attention, 75, 187, avec les idées fixes, 38 '1 ;
— simultané, 76.
Gœnestiiésie, 43.
Conscience pendant l'attaque hystérique, 1G0; rétrécissement du champ de — , 255, 25G ; la — des obsessions, 2i5.
Constipation dans les contractures des muscles du tronc, 320.
Contracture systématique, 170, 177; transformation des — systématiques en
— générales, 178; — de la convergence, 273; — des muscles du tronc, 292, 296, 3oo, 3o6; — isolées de certains muscles du tronc, 3o2 ; — des muscles du thorax, 3o2, de l'abdomen, 3oi, 3o4 ; diagnostic de ces — , 3o8 ;
— viscérales, 236, 320 ; rôle des — dans les troubles viscéraux des hystériques, 291, dans les vomissements, 319, dans la constipation, 320, dans les troubles de la miction, 319, dans le dysménorrhée, 319; troubles de la respiration dans les — des muscles du thorax, 323, de l'abdomen, 324; rapports de ces — avec les traumatismes, 34 1, les émotions persistantes, 343.
Convergence. Contracture de la — ,
Coxalgie hystérique intermittente, 309.
Crystal-msion ou crystal-gazing, 419.
Dégénérescence héréditaire d'une famille, 2o4.
Délire supprime le sommeil hypnotique, i5o; réapparition d'un souvenir dan* le — , i5o.
Désagrégation mentale, i45; — de la j3crsonnalitéchez un possédé, 395, 396.
Diaphragme. Paralysie hystérique du — ,
I \|.l I \\ \M MmI | l.i \| \ Ml CI
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