‹ Névroses et idées fixesChapitre 27 sur 116 · II. MU Ml M M I \ ION M I \ MM \MI · texte numérisé non relu

II. MU Ml M M I \ ION M I \ MM \MI

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confirmation de la l<»i <!<■ Ribot, de la loi de r< | ordre

dans la réapparition des souvenirs se marque fort bien dan figure ao qui représente l'évolution de la mémoire de M l> pendant 'i ans. Cette figure, qui me Bemble intéressant! . représente i-siv bien toutes les modifications singulières qui surviennent dans la construction de la personnalité, considérée uniquement dans celle étude au point de vue de la mémoire. Si on admet comme tou jours que le triangle inférieur qui est strié transversalement rep sente la personnalité en voie <l accroissement, on voit bien ici les régressions, les temps <1 arrêt complet, les | --nuis rapides ou

lentes qui ont eu lieu pendant cette longue période de quatre annéi Mais j'insiste surtout en ce moment sur la réapparition des souvenirs et sur l'ordre de cette réapparition- Dans cette figure, en effet, on voit, entre les points A et B qui correspondent au mois île mai is|i ■', diminuer rapidement la bande noire qui représente L'amnésie et cette diminution commence par la partie inférieure qui correspond aux souvenirs les plus anciens.

Cette restauration des souvenirs anciens ne fut pas immédiatement définitive. Ils étaient exprimés d'abord avec une hésitation et un doute bien caractéristiques: ici encore on voit, comme dans l'observation précédente de Marcelle le rapport entre le doute et l'amnésie. En outre, à la plus légère émotion, la malade sent une vive souffrance, comme un coup dans la tète, comme si des éléments se désunissaient de nouveau, pourrait-on dire si Ton ne voulait éviter les hypothèses, et une nouvelle amnésie est manifeste. Cette amnésie commence toujours par enlever le souvenir des événements les plus récents, comme on le voit par les bandes noires C D E qui

i. Ribot, Lés maladies de la mémoire, i883, p. Qi-ijô. Paiif, F. A

150 ' L'AMNESIE CONTIN1 E

descendent plus on moins bas el enlèvent plus ou inoins des.souvenirs nouvellement acquis. Ce rôle de l'émotion qui désorganise les synthèses mentales est ici encore bien caractéristique.

Chez M,nc D... on voit que les émotions les plus violentes, celles qui désorganisent la mémoire acquise et ramènent le plus gravement l'amnésie, se reproduisent périodiquement au mois d'août de chaque année. Il est facile de comprendre de quoi il s'agit, l'anniversaire néfaste du 28 août ramenait les idées fixes et les émotions systématiques que j'avais eu tant de peine à diminuer. Au mois d'août i8g3, en particulier, sans que j'en sache la raison, cet anniversaire détermina pendant six semaines un bouleversement terrible de l'esprit et du corps. La malade continuellement obsédée devint complètement délirante, elle bavardait d'une manière incohérente, et cherchait sans cesse à se frapper et a se tuer elle-même. Pendant les courts instants où on pouvait l'interroger, on remarquait que l'amnésie avait remonté jusqu'en décembre 1892, peu de temps après son entrée a la Salpètrière.

Pendant cette période de délire, l'amnésie était-elle absolue ? Il était plus difficile de le dire car pendant cette période il fut impossible de provoquer le sommeil hypnotique, ni l'écriture automatique. Ce fait s'accorde avec une remarque que j'ai souvent faite, c'est que les symptômes hystériques exigent pour se manifester un certain équilibre au milieu du désordre de la pensée et disparaissent dans les délires graves. Mais cependant on pouvait remarquer dans la conduite de la malade certains actes irréfléchis qui prouvaient la permanence de ces souvenirs en apparence disparus. Ainsi elle détournait la tête et pleurait en passant près du lit où une jeune malade venait de mourir quinze jours auparavant. Un de ces faits particulièrement curieux fut le suivant : deux mois auparavant, dans une période de santé morale bien meilleure, au moment où elle avait une mémoire bien plus étendue, M",e D... avait perdu une bague à laquelle elle tenait beaucoup. Il fut impossible, soit pendant la veille, soit même pendant le somnambulisme provoqué, de lui faire retrouver l'endroit où elle avait déposé cette bague, et il ne fut plus question de cet incident. Au milieu de son délire, deux mois plus tard, elle se mit tout d'un coup, sans aucune raison apparente, à parler de cette bague et déclara qu'elle l'avait retirée pour se laver les mains et déposée dans tel endroit : la bague s'y trouvait effectivement. Il est inutile de parler de lucidité, il s'agit d'un souvenir persistant qui n'avait pu être évoqué

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I i délire n eu naturellement a< iuse du trouble d< une conséquence grave |»« m i la mémoire ultérieure: il détermim une .un n es n- localisée pei \'\ tante, correspondant a la période qu il avait occupée] août [8q3, ligne I <• de la I de même que

la orise «lu début avait déterminé l'amnésie localisée III

Vprès ces fâcheuses périodes, et sous l'influence du même traitement, la mémoire continua ses proi i et n ip< ivenirs d'événements de plus en plus récents. Mais comme l'amni continue, avec une restriction que l'on verra tout à l'heure, continuait à supprimer la mémoire des faits actuels, il en résultait un fait bizarre: c'est que la mémoire tout <mi avançant ne parvenait jamais a être absolument complète. Il y avait toujours, quand on interrogeait la malade, une lacune portant sur 1rs jourm les semaines immédiatement précédentes, tandis qu'elle se souvenait très bien de ce qui s'était passe un ou deux mois auparavant. A un certain moment, de février à avril is<)'i. en JK figj :><> . cette lacune, ce retard de la mémoire était très petit, il ne dépassait pas trois semaines : le 3o avril la malade se souvenait fort bien de faits survenus le \ et le 8 avril, mais ignorait tout à fait ce qu'elle avait bien pu faire ou voir le i5 ou le 20. Il est vrai que le 20 mai elle racontait très bien ces faits tlu i5 et du 20 avril mais en ayant oublié ceux du 3o avril ; en un mot, à quelque moment qu'on l'observât (en dehors du sommeil et du somnambulisme bien entendu) elle avait une mémoire complète sauf pour les trois dernières semaines. C'est encore là une amnésie singulière dont la figure 20 rend bien compte, mais qu'il est difficile de décrire et de désigner. Elle diffère en effet de l'amnésie continue telle que nous la décrivions au début. En effet, celle-ci efface définitivement tous les souvenirs récents et, c'est là son grand caractère psychologique, ne permet pas à la mémoire et par conséquent à la personnalité de s'accroître, on le voit bien dans la figure de L à A. La nouvelle forme d'amnésie enlève bien les souvenirs récents au fur et à mesure ■de leur production, mais ne les enlève pas définitivement, puis-

qu'elle les laisse réapparaître trois semaines ou mi mois après»

clic permet îi la mémoire et à la personnalité de se développer ei définitive considérablement, comme on le voit de B à M. C'est là une variété bien particulière de l'amnésie continue que nous désignerons faute de mieux par une longue périphrase, amnésie continué avec limite progressive, mémoire retardante , ou même, si on veut bien en se reportant à la figure comprendre le sens de cette expression, personnalité retardante.

On pouvait espérer que, cette lacune diminuant, la mémoire finirait par être complète. Mais la malade quitta l'hôpital en avril i8q4 et, n'étant plus soumise chez elle à la même surveillance pour contenir ses émotions systématiques persistantes, elle eut de nouveau une amnésie plus considérable comme on le voit de K h N. Au printemps de 1896, le retard était de six mois. Mais ce retard, ainsi qu'on me l'a annoncé récemment, a diminué lentement et il n'est plus maintenant que de quelques semaines, comme il avait été au printemps de i8p,4- Peut-être finira-t-il par disparaître.

Cette forme d'amnésie continue peut-elle s'expliquer de la même manière que la première ? Elle est évidemment beaucoup plus complexe. Les mêmes faits qui subsistent toujours (existence des souvenirs dans le somnambulisme, dans l'écriture automatique, etc.) nous montrent encore qu'il ne s'agit pas d'une destruction des images, mais d'un défaut de synthèse personnelle. Mais comment, comprendre cette restauration perpétuelle des souvenirs qui se fait toujours en commençant par les plus anciens ? Il faut admettre que cette assimilation personnelle des souvenirs n'est plus totalement absente comme précédemment, elle est simplement faible et impuissante. Aussi ne peut-elle s'exercer que lorsque le travail est facile et disparaît-elle dans tous les cas où la synthèse est difficile. L'anesthésie hystérique nous présente des phénomènes du même genre, à côté des sujets totalement anesthésiques qui ne perçoivent rien, il y a les sujets moins malades qui sont anesthésiques pour la plupart des excitations, mais qui prennent conscience de certaines excitations que leur force, leur netteté, leur intérêt, leur caractère habituel rendent plus faciles a assimiler à la personnalité. C'est ce qui se passe dans beaucoup d'anesthésies ou d'esthésies systématisées. Pour que cette explication s'applique à notre cas, il iaut simplement admettre que les souvenirs d'hier sont plus difficiles à rattacher à la conscience personnelle que ceux du mois précédent. C'est ce que beaucoup d'auteurs et en particulier M. Ribot avaient

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la malade, où ils semblent être disparus. \* même fait se pa d'ailleurs toutes l»*s fois que, après une amnésie rétrograde, il i .» restauration des souvenirs en commençant par les plus anciens. Cette remarque s'ajoute ù toutes les précédentes pour montrer que dans des cas de ce genre l amnésie n'est absolue qu'en apparence, que les souvenirs existent encore et subissent même <-n deh< de la conscience personnelle un certain travail d'organisation Quelle que soit L'interprétation de ces faits, constatons simplement cette loi intéressante: [>!us les facultés de synthèse personnelle sont affaiblies chez Mm* D — plus les souvenirs dont elle peut prendre conscience sont lointains, plus sa puissance de syntl personnelle est développée, plus les souvenirs conscients sont récents.

Telles sont les remarques que nous suggère la restauration des souvenirs anciens chez cette curieuse malade, mais il nous faut étudier, comme je l'ai annoncé, la modification qui s'est opérée parallèlement dans l'acquisition immédiate des souvenirs de la journée. On sait qu'au début les souvenirs n'existaient aucunement : toute perception disparaissait aussitôt qu'elle était termin Dès le mois de mai iSçp, dès que le sujet moins émotionné pai

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