C.\ CAS lyHÉMIANOPSIE HYSTÉRIQUE
Il est incontestable que les idées fixes, les émotions persistantes, peuvent jouer un rôle dans l'étendue el dans la fixation des limites du champ visuel. On n'a pas encore décrit beaucoup de cas dans lesquels la forme du champ visuel ait été déterminée par les idées des malades, mais c'est peut-être que l'attention des observateurs n'a pas été attachée sur ce point. Permettez moi de vous rappeler un fait qui m'a paru frappant et que je retrouve dans mes notes. Une malade, du..., a la suite de divers incidents (elle a vu le cercueil de son pèreentouré de fleurs rouges), a conçu une horreur invincible pour la couleur rouge. C'est la un fait fréquent chez les hystériques qui ont des associations d'idées extrêmement tenaces et puissantes quoiqu'elles ne s'en rendent pas toujours compte. Si on force
Fjg. 3'|. — Champ visuel de Gu.
Limite du champ visuel pour la couleur blanche.
. ■ Limite du champ visuel pour la couleur rouge.
Gu... à regarder trop longtemps une couleur rouge, elle a une attaque d'hystérie dans laquelle elle voit encore le cercueil, les fleurs rouges, etc. En prenant des précautions, on peut déterminer chez elle le champ visuel conscient pour le blanc et les limites de ce même champ visuel pour le rouge. On constate alors que le champ visuel du blanc est fortement rétréci concentriquement, tandis que le champ visuel du rouge est beaucoup plus grand que celui du blanc, presque normal du côté gauche (fig. 34). Cette persistance du champ visuel rouge en dehors de celui du blanc n'est du évidemment qu'à l'attention particulière attachée par la malade à cette couleur; et le champ visuel est évidemment ici modifié par l'idée fixe par l'émotion systématique.
Nous pouvons arriver à la même notion au moyen des expé-
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diiii par suggestion, celo ne prouve en aucune manu re qu il toujours de nature hystérique : on .1 pu reproduire des v< i< atoircs par suggestion. II Paul démontrei la nature hystérique «I un phé nomène par I analyse même «lu (ail indépendammenl de le r< pro ducttons ou imitations expérimentales. Mais, la nature hystérique du phénomène étanl déterminée, on peut étudier les effets de la suggestion pour comprendre le mécanisme de sa production, pour voir bi les idées peuvent jouer un rôle dans son évolution I bien ainsi, je crois, que procédait Charcot dans ses anal célèbres des cas de monoplégie brachiale hystérique.
Si nous chulioiis doue les effets de la suggestion sur le champ visuel, nous arrivons a un résultai facile à prévoir. Vous savez qu'en réalité là sensibilité rétinienne n'est pas supprimée dans l'hystérie, mais seulemenl troublée d'une manière particulière. Il est donc vraisemblable que suivant la direction de leur attention, suivant les idées qui modifient leurs perceptions conscientes, leur champ visuel peut se modifier de bien des laçons. J'ai déjà montré, comme beaucoup d'auteurs, qu'il peut s'élargir énormément et redevenir momentanément normal, qu'il peut se rétrécir aussi par suggestion, se réduire à un point et même disparaître dans l'amaurose complète. Tout cela est incontestable.
Peut-on maintenant le détonner d'une façon plus irrégulière, en supprimer seulement une partie. Je vous rappellerai seulement à ce sujet une expérience bien connue, celle des anesthésies systématisées. On peut par suggestion faire disparaître telle personne, tel objet même considérable ; n'est-ce pas en réalité supprimer une partie plus ou moins considérable du champ visuel, faire en sorte que le sujet ne voie pas ce qui est à sa droite ou à sa gauche. Si ces expériences sont possibles, il doit être également possible de supprimer par suggestion directe la moitié du champ visuel.
C'est d'ailleurs ce que l'expérience vérifie très facilement. J'ai suggéré à une hystérique qu'elle était devenue à moitié aveugle d'une manière singulière, qu'elle ne voyait plus que la moitié des objets. Le fait s'est parfaitement réalisé, autant du moins que Ton pouvait le constater par son attitude et son langage, car un phé-