‹ Névroses et idées fixesChapitre 67 sur 116 · Accidents mentaux des hystériques, 1893, p. i · texte numérisé non relu

Accidents mentaux des hystériques, 1893, p. i

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n'intervient p.is, esl des plus singuliers au poinl de vue p^\<li<> logique. Lo malade, totalemenl insensible .< toutes l< excil il extérieures, n'est p.i^ absolument sans conscience elle i d< rêvos très complexes donl elle perd absolument le souvenir quand elle revient ;i létal normal, m. us donl elle retrouve ls mémoire d.iiis l'état de somnambulisme provoqué. Ces rêvei variés sont surtout caractérisés par un sentiment <!<• bien-être, de béatitude la malade ne sent plus aucune attache terrestre, elle ne sent plus sou corps et croit voler en I air, <•!<•. .le remarque en ce moment le même sentiment de béatitude pendant l'attaque 'lune autre malade qui a également perdu ;i ce moment toute possibilité <!«• se mouvoir et tout sentiment de l'existence de ses membre On peut s»' demander s'il oy a pas quelque rapport entre i deux phénomènes. Mais p* n insiste pas sur ce point de l'obseï vation.

11 n'était pas bon de laisser se prolonger e<>t état, car la malade pouvait rester endormie plusieurs jours et se réveillait d'ordinaire avec les deux jambes contracturéés. Il fallait clone après chaque attaque défaire les contractures de Célestine, ce qui n'était pas un petit travail, surtout si l'on songe que cette opération fatigante devait être recommencée deux ou trois fois par semaine. Quelquefois toutes les contractures n'étaient pas bien défaites quand on réveillait la malade, et celles qui subsistaient devenaient permanentes et tenaces. Elle garda ainsi pendant une semaine une contracture isolée du grand pectoral gauche : l'épaule gauche était tirée en avant et le bras appliqué contre le corps. Détail très particulier, quoique la peau fût absolument insensible sur tout le reste du corps des deux côtés, la sensibilité était réapparue normale sans hypoesthésie ni hyperesthésie dans la région du muscle contracture. Les impressions cutanées parfaitement distinguées en cet endroit ne déterminaient pas de souffrances exagérées, mais au contraire la pression profonde portant sur le muscle lui-même ou les mouvements que Ton essayait de communiquer à l'épaule provoquaient les cris de la malade.

304 MUSCU - l'i TRONC CHEZ LES HYSTÉRIQUES

Cette réapparition de la sensibilité sur la peau qui recouvre le grand pectoral me paraît pouvoir s'expliquer par l'attention plus giande que la malade donnait à cette région contracturée ; mais ce n'est là qu'une supposition sur laquelle je ne puis insister ici. Je rappelle seulement que le même fait se produit quand on attire l'attention d'une hystérique sur un point déterminé de la }x;iii anesthésiée, ce point devient sensible, tandis que les parties avoisinantes restent insensibles. Les mêmes détails ont été notés chez la même malade un autre jour : une région bien délimitée, grande comme la paume de la main, était restée sensible sur la poitrine sous le sein droit : la pression profonde entre les côtes était extrêmement douloureuse et la respiration était gênée ; je pense qu'une contracture localisée des muscles intercostaux persistait en cet endroit. D'ailleurs je suis disposé à croire que souvent, chez les hystériques, les douleurs qui siègent sur le thorax et que l'on désigne d'une manière trop générale sous le nom de névralgies intercostales doivent être déterminées par des contractures de ce genre.

Observation VIII. — L'observation de Qy. nous présente une contracture des muscles abdominaux dont l'origine est particulièrement intéressante. Cette jeune fille, âgée de 19 ans, est entrée au mois d'août 1895 dans le service de M. le Pr Raymond; elle est fille d'un père alcoolique qui a quitté sa famille et d'une mère morte tuberculeuse. Abandonnée dès son enfance, Qy. a été recueillie et élevée par une vieille tante qui vient de mourir, il y a un an. A ce moment, cette jeune fille, d'un caractère très doux et très timide, s'effraye de sa solitude et de sa misère et passe ses journées à pleurer la mort de sa tante ; elle mange mal, dort peu, devient de plus en plus inquiète et nerveuse. Ce n'est pas encore une hystérique, mais c'est un terrain tout préparé pour les troubles de la personnalité et les idées fixes qui vont constituer la névrose. Un soir, le concierge de la maison entre dans la mansarde de Qy. et veut abuser d'elle. Une lutte s'engage et cet individu parvient seulement à mettre la main sous les jupes de la jeune fille et à lui toucher le ventre du côté droit. A partir de cet incident, la santé de Qy. est tout à fait altérée; celle-ci se plaint de ne plus pouvoir rien digérer, à cause d'une constipation invincible, elle a sans cesse des étouffements, des rougeurs au visage et des maux de tète ; elle éprouve même de la difficulté pour uriner : la miction est lente et pénible et la malade qui

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redoute cette louffranci n urini |>l > ou une foii pat joui I nfin,

duni l'atelier ille travaille, < [3 épi ou\ < un joui d<

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Cette jeune fille semble très effi elle répond mal « 1 •« beau

00 un de | km ne .1 Bortii de sa rêverie et à prêter quelque attention •i ce qu'on lui demande. Je note une diminution considérable dt l.i sensibilité sur les membres «lu côté droit et un rétrét Issement du champ visuel de I œil droit s 5o ; «lu côté gauche la sensibilité n'est |>;is altérée et l<' champ visuel n'est pas rt Lèvent

.m contraire, est extrêmement hyperesthésié surtout du côté di et la malade ne tolère pus le moindre attouchement sans pous des cris. Si on insiste, si on appuie sur la paroi abdominale «lu côté droit, Qy. se débat un instant, puis s endort profondément. Je reviendrai sur la signification de ce fait qui Bemble nous montrer sur la paroi abdominale un point hystérogène et hypnogène. Je remarque maintenant que toute la paroi du ventre est rigide aussi bien sur les côtés qu'au milieu, quoique moins fortement du côté gauche. 11 n'y a pas actuellement tic météorisme, quoique l;i malade m'ait dit qu'il v a eu dans les premiers jours un gonflement du ventre; actuellement on ne constate que l'immobiKté <-t la dureté du ventre. La respiration semble se (aire uniquement par les côtes supérieures, la malade ne peut ni pousser des soupirs ni respirer profondément; en un mot, à l'hyperesthésie de la paroi s'ajoute une contracture des muscles droits et des muscles obliques, surtout du côté droit. A mon avis, la constipation, les troubles digestifs et même les troubles de la miction dépendent en partie de l'immobilité de la paroi abdominale, immobilité qui est due à la lois à la contracture et à l'hyperesthésie, caria malade a peur de faire le moindre mouvement de l'abdomen, soit dans la défécation, soit dans la miction.

Observation IX. — Je rapproche de l'observation précédente le cas dune autre malade, Ma. que je décrirai brièvement, car il est presque identique à celui de Qy. Ma., âgée de 32 ans, est entrée à la Salpètrière au printemps de 1890, parce quelle avait

des attaquée de sommeil à propos de la moindre (''motion. Chez cette malade comme chez beaucoup d'autres que j'ai déjà décrites, on peut constater pendant le sommeil hypnotique le souvenir des rêves cpii remplissent et qui, à mon avis, jouent un grand rôle pour reproduire perpétuellement cette attaque de sommeil déterminée, la première fois, par une émotion violente. La malade avait été guérie facilement de ses sommeils et avait quitté l'hôpital ; le mois dernier elle est revenue se plaindre d'un nouvel accident. A la suite d'une chute dans l'escalier, chute dans laquelle elle s'est contusionné le côté droit, elle a de nouveau ses attaques de sommeil presque tous les jours et, en plus, elle a une déviation permanente de la colonne vertébrale.

Le tronc est légèrement fléchi du côté droit, l'épaule droite est inclinée, la colonne lombaire est légèrement déviée, l'hypocondre droit ne forme pas un creux, mais la paroi abdominale est rigide, on sent comme une corde qui relie les fausses côtes à l'épine iliaque antérieure, la respiration est gênée, la constipation est complète depuis 6 jours. Ici, encore, nous avons affaire a une contracture des muscles lombaires fléchisseurs latéraux et du muscle grand oblique de l'abdomen. L'hyperesthésie cutanée qui existe aussi du côté droit est bien moindre que dans l'observation précédente.

Observation X. — Je terminerai cette énumération en signalant une malade M... chez laquelle la contracture des muscles du tronc est générale comme dans l'observation V, mais bien plus considérable que dans le cas de Co. Il s'agit d'une malade que j'observe depuis plus de sept ans en dehors de l'hôpital et qui a présenté tous les accidents les plus curieux de l'hystérie viscérale1. Cette jeune femme de 29 ans présente depuis dix ans des vomissements incoercibles qui surviennent soit immédiatement, soit peu de temps après qu'elle a absorbé les aliments ; elle ne parvient à s'alimenter que grâce à mille précautions. Ces vomissements alimentaires sont quelquefois accompagnés de sa,ng; ils sont en rapport avec des spasmes de l'œsophage, du diaphragme, de l'estomac ; enfin la malade a présenté à diverses reprises des contractures des mâchoires et de la langue, des contractures de l'urètre et même du rectum ; ajoutons que, depuis des années, la malade est anesthésique sur tout le corps, qu'elle n'a aucune sen-

1. Voir le chapitre vi de cet ouvrage, Un cas d'allochirie, p. 235,

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I l'une façon presque lubite et en spparenci m. us, en réalité, h la suite 'I une notion, M i raidit,

se contracture complètement Cette contrai turc n envahi! iam

i l.i un i.ni curieux, l«,s> muscles des brai ou dei jambi elle porte sur tous lei muscles du tronc el sur les musclei viscères. Je suis disposé î croire que l<- spasme, chei elle, porte aussi mii le diaphragme, mais I examen des contractures du diaphragme chei les hystériques me semble important et mérite une étude distincte, je □ étudie en ce moment que les contractures des muscles du tronc.

La malade s une respiration courte, essouffli [uente, qui

semble se produire uniquement par les côtes supérieures en< un | > * * ii mobiles, la poitrine Bemble serrée, contractée, en expiration plutôt que en inspiration comme chez Leq. Les bras, >;m-. être complètement accolés au thorax comme chez Co., s'écartent difficilement et ne peuvent être élevés au-dessus <!<• la tête. Le ventre est quelquefois gonflé souvent quand il y a spasme <lu diaphragme); le plus souvent il est rétracté el dur, quand le spasme porte uniquement sur les muscles abdominaux. Comme la malade est très maigre. <>n distingue au toucher et même a la vue les muscles contractures, les segments des muselés droits, la limite des muselés obliques qui forme un relief, une corde tendue entre les dernières côtes et l'épine iliaque. Dans le dos, on distingue deux lignes obliques formant un angle dirigé en bas vers la première vertèbre lombaire et qui me semblent former la limite intérieure du muscle trapèze.

La malade, absolument vaide, marche tout d'une pièce sans même pouvoir baisser ou tourner la tète, elle ne peut aucunement modifier sa petite respiration, elle n'a plus de rire, de hoquets, ni de sanglots et se plaint de pleurer « tout silencieusement ».

La digestion est très difficile, la miction ne peut se faire que par la sonde, la défécation très rare (une fois par quinze jours est extrêmement difficile. Différents médecins qui ont eu l'occasion d'ausculter la malade pendant ces périodes de contractures et qui ne connaissaient pas la nature exacte des troubles respira-

308 MUSCLES DU TRONC CHEZ LES HYSïvniui ES

toiics de cotte malade ont entendu des râles de bronchite, je les ai bien rarement entendus et je les crois tout à fait accidentels, En réalité, malgré ces modifications considérables de la respiration, on ne perçoit guère de signes stéthoscopiques appréciables, si ce n'est la fréquence des respirations et la brièveté de l'inspiration.

Si j'ai réuni en assez grand nombre les observations de contractures des muscles du thorax et de l'abdomen, c'est pour montrer que ces contractures sont fréquentes, beaucoup plus fréquentes qu'on ne le croit généralement. En dehors des observations précédentes qui présentent des cas typiques du phénomène, on observe des contractures incomplètes de ces muscles, des contractures moins généralisées chez un très grand nombre d'hystériques et elles jouent un rôle important dans leurs malaises, leurs douleurs et même comme on le verra dans leurs troubles viscéraux.

Quand ces malades se plaignent d'étouffer, « d'avoir la poitrine dans un étau », quand elles toussent, quand elles ont delà peine à digérer, quand elles souffrent d'une constipation intense, il faut songer à la contracture possible soit de tous les muscles, soit de l'un des muscles du thorax et de l'abdomen.

Aussi le diagnostic de ces accidents est-il important et doit-il être fait avec précision. Les descriptions précédentes permettent de résumer brièvement les signes qui peuvent faire supposer et reconnaître l'existence d'une de ces contractures.

Souvent elles accompagnent d'autres contractures des membres ou de la face, celles de l'abdomen par exemple sont presque toujours surajoutées à la coxalgie hystérique ; plus souvent encore elles accompagnent d'autres spasmes viscéraux et il est facile de les soupçonner dans ces cas ; mais il faut savoir quelles peuvent exister seules sans que le sujet qui se plaint de malaises en sache la nature précise et il faut rechercher ces contractures pour les découvrir.

Souvent ces contractures sont accompagnées par une anesthésie de la région, plus souvent par une hyperesthésie qui permet de les reconnaître plus facilement. Mais elles peuvent siéger sur un côté déjà complètement anesthésique auparavant comme dans les observations I, III, VIII et ne pas se distinguer par des caractères superficiels ; quelquefois elles peuvent être accompagnées par une sensibilité normale des téguments comme dans les observations I et V. On les reconnaîtra en priant le sujet d'exécuter divers mouve-

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indolores même si on les presse el il faut surtout déterminer le diagnostic par la palpation el par l'examen des mouvements

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