‹ Névroses et idées fixesChapitre 81 sur 116 · Sommeils, somnambulismes déterminés par · texte numérisé non relu

Sommeils, somnambulismes déterminés par

l'idée fixe.

Sans insister sur ces difficultés générales de la thérapeutique des idées fixes, il faut seulement chercher à comprendre cet efiet singulier d'une idée fixe subconsciente déterminant l'insomnie. Ce

n'est pas là le résultat habituel de ces idées fixes, on sait en effet que si elles surviennent pendant la veille elles ont plutôt pour effet de déterminer du sommeil. J'ai déjà signalé bien des cas de ce phénomène ; en voici un de plus, simplement comme exemple. Observation II. — B..., jeune fille de iOans, a été très effrayé* à la campagne par un bœuf qui se précipitait sur elle. Il est intéressant de remarquer que, à l'inverse d'autres malades du même genre déjà étudiées dans cet ouvrage, elle ne s'est pas endormie au moment même de l'accident sous l'influence de l'émotion. Pen-

dant cinq semaines elle reste très préoccupée de cet accident, en parlant sans cesse, disant qu'elle croit voir le bœuf, qu'elle y rêve, etc. C'est la période de l'idée fixe consciente, la période d'incubation, comme on a dit souvent. A la fin de cette période, elle semble oublier ses terreurs et n'en parle plus jamais, mais elle présente un tout autre phénomène, elle s'évanouit au milieu de la journée et reste inerte pendant quelques minutes ou même quelques heures. Je n'insiste pas sur la description de ces attaques a forme de sommeils qui se présentent chez elle de diverses manières, je remarque seulement qu'il est facile par les attitudes de la malade ou par l'interrogation dirigée avec soin de savoir les phénomènes qui occupent l'esprit pendant cette période. C'est évidemment le rêve terrifiant du bœuf qui se précipite sur elle. Toute association d'idées, toute émotion réveille ce rêve et immédiatement après vient le sommeil. Cette torpeur cérébrale est-elle déterminée simplement par l'émotion chez une jeune fille affaiblie, et présentant déjà à un degré faible quelques stigmates hystériques? Ou bien la rêverie emplit-elle assez l'esprit pour supprimer la perception personnelle de tout autre phénomène et déterminer un état de sommeil apparent suivi d'amnésie? Ces deux mécanismes ne sont pas opposés l'un à l'autre, ils jouent tous deux un rôle plus ou moins grand suivant les différents cas. Quoi qu'il en soit nous remarquons ici un résultat particulier de l'idée obsédante, la torpeur cérébrale et le sommeil.

Si ces idées fixes survenant pendant la veille déterminent des attaques de sommeil, quand elles surviennent pendant le sommeil naturel, elles donnent ordinairement naissance à un autre phénomène qui est le somnambulisme. Le fait est si banal qu'il suffit d'en rappeler très rapidement des exemples.

Observation III. — Den..., un homme de 26 ans, a été attaqué la nuit par des rôdeurs et il a été longtemps tourmenté par ce souvenir. Depuis quelque temps il croit l'avoir oublié ; cependant il lui arrive assez fréquemment de se lever la nuit tout endormi. 11 ti les yeux ouverts mais fixes, la figure effrayée, il court autour de sa chambre, il prend son édredon, ses vêtements, s'en enveloppe comme pour se cacher, et ainsi affublé se glisse sous son lit. Au bout d'un temps variable il en sort tout doucement, se recouche et dort jusqu'au matin. Au réveil il ne se souvient d'aucun des incidents de la nuit.

Observation IV. — Le cas de No..., jeune homme de 19 ans, est

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