Les stigmates mentaux des hystériques, 1890, i
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en rapport avec l'ensemble des circonstances, mais qui aujourd hui ne sont plus adaptés à la situation présente. I U sont li< événement présent qui en est comme le signal, mail île ne sont en accord avec tous lea autres, car ils se produisent sani que nom les axons combiné! ni adoptes. En outre de tels acte! ne sont pas complètement rattachés à notre personnalité, souvent mêmeil produisent en dehors d'elle. Quoiqu'ils ne soient peut-être p is complètement inconscients, car ils manifestent Bouvenl une certaine sensibilité et une certaine intelligence, ils sont dépourvus de cette conscience personnelle grâce à laquelle nous nous rendons compte (1rs phénomènes psychologiques, nous le» rattachons à notre personne. En un mot les actes automatiques sont involontaires, non combiné! pour la situation présente et plus ou moins subconscients.
On sait que des phénomènes présentant les caractères pi dents sont très nombreux chez tous les hommes même le! plus sains d'esprit. Les actes proprement volontaires sont rues et beaucoup de nos actions sont en partie sinon complètement automatiques. On a trop souvent décrit les mouvements involontaii les bâillements, les démangeaisons, les mouvements rythmés par la musique pour que j'aie maintenant à insister sur ces faits. Beaucoup d'auteurs ont également attiré l'attention sur ces mouvements subconscients, plus ou moins en rapport avec nos peuet qui permettent île les deviner malgré nous dans les expériences du pendule enregistreur et du « Willing game1». On sait aussi
1. Ch. Richet, Les mouvements inconscient?, dans l'hommage à Chevreul, 1886. — fierre Janet, Les acles inconscients et Le dédoublement delà personnalité. Revue philosophique, 186Ù, il, 077, et Y Automatisme psychologique, 1889, 867.
combien l'étal <le distraction qui est fréquent chez tous les hommes favorise la production de tels phénomènes, nous pouvons marcher dans les rues agitées d'une grande ville en levant à quelque problème ; nos jambes ont marché, ont évité les obstacles, nos yeux et nos oreilles ont pressenti les dangers et nous ont guidé sans que nous en ayons eu la moindre conscience. Qui n'a entendu pailer de ces personnages qui lorsqu'ils versent de l'eau en versent indéfiniment jusqu'à inonder les convives ou continuent à mettre du sucre dans leur tasse jusqu'à la remplir ? Xavier de Maistre, dans son Voyage autour de sa chambre, a décrit d'une façon charmante ces sottises que « la bête » fait en nous pendant que «l'âme» ne la surveille pas suffisamment, et beaucoup de psychologues ont insisté aujourd'hui sur l'importance de l'étude de la distraction pour comprendre le mécanisme de notre esprit.
Aussi n'est-ce pas sur cet automatisme en quelque sorte élémentaire que je désire insister particulièrement. Il me semble que ces pensées qui se développent en nous, sans nous, ces actes à demi ébauchés, ces paroles intérieures qui se forment sans notre volonté et sans notre conscience peuvent se compliquer d'une façon considérable. Il ne s'agit pas d'un seul phénomène automatique isolé qui se produit comme un accident rare dans notre vie,* comme un bâillement ou un geste volontaire. Il s'agit d'une longue chaîne de pensées et de paroles intérieures qui se déve- ;oppe en nous presque à notre insu, qui remplissent une partie considérable de notre vie et qui jouent un grand rôle dans toute notre conduite.
Pour faire comprendre ces phénomènes qui me paraissent importants quoique souvent trop méconnus, je rappellerai d'abord un exemple dans lequel ils se montrent d'une façon curieuse. Tous ceux qui ont observé des petits enfants ont remarqué un petit fait amusant. Quand plusieurs petits enfants couchent ensemble dans une même chambre, il arrive souvent qu'avant de s'endormir, ils se racontent des histoires. Ce sont de bien longues et bien jolies histoires avec des aventures, avec des « et puis... et alors... » à n'en plus finir. Le sommeil alourdit les petites têtes, l'orateur dort déjà qu'il raconte encore et il continue en rêve la belle histoire. Le lendemain, à la même heure, les enfants reprendront leur histoire à un chapitre plus avancé, ils ont de la peine à s'entendre au début, car avant continué le récit dans leurs rêves ils n'en sont plus tous au même point. Et ainsi pendant des jours
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Souvent même noua sommes ennuyés, quand lei n< - de
la vie nous forcent •• faire attention a quelque chose de réel, •■ écouter un Interlocuteur, ;i lire une lettre, et nous nous hâtons de révenir à cette histoire quise déroule en nous sans efforts, d'une manièi e si facile el bj agréable.
Il \ aurait, je crois, toute une étude psychologique des plus curieuses à faire sur cette rêverie intérieure et continuelle qui joue chez beaucoup d'hommes un rôle considérable. On pourrait étudier le contenu de ces rêveries; on j verrait quelquefois de curieux travaux psychologiques qui s'effectuent en nous à notre insu. C'est grâce à ce travail subconscient que nous trouvons tout résolus deB problèmes que peu de temps auparavant nous ne comprenions pas. C'est ainsi bien souvent que nous préparons un livre ou une leçon qui un beau jour nous apparaissent tout faits sans que nous comprenions ce miracle. On pourrait aussi suivant la nature de cette rêverie humble ou ambitieuse, triste ou satisfaite découvrir bien des lois du caractère et bien des prédispositions cachées.
Mais il serait surtout intéressant d'étudier la forme ou plutôt les lois générales qui règlent le développement de cette rêverie. Le plus souvent, elle est monotone, elle reste pendant longtemps toujours la même, sans être modifiée par les circonstances extérieures. L'un rêve qu'il gagne des millions, l'autre qu'il dirige une armée et conquiert un pays barbare, celui-ci colonise une il.déserte à la façon de Robinson, on joue le plus beau rôle dans un roman d'amour. Mais chacun garde son histoire, toujours la même et se la récite incessamment. Si l'histoire se modifie c'est le plu-
souvent avec une lenteur étonnante et j'ai Doté des observations dan* lesquelles de petits incidents nouveaux, qui muaient dû être toul de suite ajoutés au roman, ne survenaient en réalité dans la rêverie qu'au bout de plusieurs mois, (les modifications d'ailleurs ne dépendent guère de notre caprice et se font lentement, suivant les lois (Tune logique singulière qui préside à nos rêveries, comme elle préside aux délires des aliénés. On pourrait noter aussi que ces rêveries sont peu conscientes, nous savons vaguement que nous les avons en nous-mêmes, mais nous ne pouvons pas toujours les décrire exactement, car nous n'en conservons qu'un souvenir très confus. Souvent il nous arrive d'être surpris en éeoutant notre histoire, comme si elle s'était développée et modifiée en nous à notre insu. Ce sont bien là les caractères des phénomènes automatiques : on peut donc considérer ces rêveries comme le développement considérable des petits faits de distraction qui ont été étudiés les premiers et on peut croire qu'elles sont à peu près soumises aux mêmes lois.
Ces phénomènes qui existent souvent même chez l'homme normal prennent une importance extraordinaire chez le malade. Dès que, pour une cause quelconque, accidentelle ou permanente, l'esprit s'affaiblit un peu, on voit ces rêveries automatiques grandir démesurément et prendre des caractères beaucoup plus nets. Elles deviennent tout à fait involontaires et l'homme est obligé de les subir sans pouvoir ni les arrêter ni les modifier; elles deviennent plus nettement subconscientes et laissent des souvenirs bien plus incomplets ou même ne s'accompagnent d'aucune conscience personnelle ni d'aucun souvenir.
Le cas le plus net de ces phénomènes automatiques, complètement séparés de la conscience du sujet a donné lieu à l'une des superstitions les plus curieuses de notre époque, la croyance au spiritisme. Sans doute, il y a dans les séanees spirites bien des supercheries et bien des mystifications, cela est certain, mais, comme j'ai travaillé autrefois à le démontrer1, certains laits sont incontestables : l'écriture du médium, l'ignorance où il prétend être de ce qu'il écrit, sa surprise ou sa colère en lisant ce que sa main a écrit à son insu, ce sont là des faits réels très intéressants pour le psychologue car ils ne sont que l'exagération des phénomènes normaux. Le médium est un individu qui rêve tout