‹ Névroses et idées fixesChapitre 88 sur 116 · Automatisme psychologique · texte numérisé non relu

Automatisme psychologique

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Plusieurs personnes s indignent contre cette notion de la désagrégation psychologique, elles j voient une atteinte à l'unité de notre personnalité, une division de notre âme. (. est là une interprétation singulière de nos études. Dans ces recherches, il m aucunement de l'âme humaine, du principe métaphysique de notre être. Il s'agit uniquement îles faits que présente réellement notre pensée et de la façon dont ils se groupent en apparence. Quelles que soient nos opinions sur la nature de l'esprit, nous ne pouvons nier que l'homme n'ait des rêves et que bien souvent il ne garde aucun souvenir de ees rêves. L'expression de la c< désagrégation mentale » est simplement la description, le résumé de ees faits incontestables ; cette expression constate seulement que les pens humaines, quelle qu'en soit l'origine profonde, peuvent se séparer les unes des autres de manière a former des groupes plus ou moins cohérents et plus ou moins distincts.

Ce dédoublement de l'esprit devient dans certains cas patho-

I. Pierre Janet, Les actes inconscients et la mémoire pendant le somnambulisme. Revue philosophique, mars 1888, p. 2 19.

logiques si réel, si manifeste qu'il est remarqué par le malade luimême. Le médium est tout étonné <l<- ces discours qu'il voit écrits par sa main ou même de ces paroles qu'il entend sa propre bouche prononcer malgré lui. Il ne peul faire autrement que de les

attribuer à une personne étrangère qui emprunte sa main ou sa bouche pour s'exprimer. Le rêve lui-même, reflet des pensées du médium et des Idées courantes, va confirmer ces suppositions naturelles et l'écriture automatique va être signée d'un nom illustre. Dans les cercles spirites ce sera l'Esprit de Socrate ou de Gutenberg, ou l'âme de quelque arrière-grand-père qui prendra la paternité de ces messages. Dans l'antiquité sur le trépied sacré de Delphes c'était Apollon qui inspirait les paroles automatiques delà Pythie. Au moyen âge, ce sera le diable qui se déclarera l'auteur de ces rêveries involontaires.

Nous sommes tout naturellement revenus à l'interprétation du délire de possession. L'étude des phénomènes automatiques, du développement que les rêveries involontaires et subconscientes peuvent prendre dans l'esprit normal et à plus forte raison dans l'esprit malade, nous permet de comprendre les phénomènes en apparence singuliers que présentait notre malade, Achille. On peut maintenant revenir a ce pauvre homme, qui est resté paisiblement endormi sur son fauteuil. Il sera maintenant plus facile d'interpréter ses récits et de travailler a sa guérison.

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