‹ Newman [microforme]Chapitre 3 sur 5 · Am I only five days from England? Amlin Europe · texte numérisé non relu

Am I only five days from England? Amlin Europe

Is it possible that what seems so unlike home should be so near home? How is the North cut off from the South! What colouring ! A pale 8&reenish-red which no words can describe, but such as I have seen in Pictures of Indian landscapes — an extremely clean and clear colour ! »— Zetters and Correspondence. To his sister Jemima, 13 déc. 1832, vol. I, p. 257.

2. Un Amateur d'âmes, par M. Barkès, illustrations de L. Dunki, Paris. E. Fasquelle, édit, 1899,

de le voir qui peut me le faire détester davantage ; mais je me sens attaché plus que jamais au système catholique, et j'aime beaucoup les petits séminaristes de Rome : ils ont l'air si fins et si purs, les chers enfants ! Mes compagnons et moi nous nous sommes laissé prendre, à un degré ou à un autre, au charme d'un bon nombre de prêtres irlandais et anglais. Et je regrette vraiment que nous n’ayons pu faire connaissance plus intime avec eux !, »

Et le 11 avril, après le départ de ses amis Froude pour l'Angleterre, et quand il se sent tout à coup bien isolé en ce pays inconnu, il écrit de Naples à sa sœur Jemima :

« Comment pourrais-je peindre la tristesse qui m'a envahi quand je dus dire adieu aux tombeaux des Apôtres ? Rome, non pas comme ville, mais comme théâtre d'histoire sacrée, est partie de moi-même ; et en la quittant il m'a semblé que mon cœur se fendait en deux morceaux ?, »

1. «As to the Roman catholic system, I have ever detested it so much that [I cannot detest it more by seeing it ; but to the catholic system I am more attached than ever, and quite love the little monks (seminarists) of Rome ; they look so innocent and bright, poor boys! and we have fallen in, more or less, with a number of interesting Irish and English priests. I regret that we could form no intimate acquaintance with them. » Letters and Corresp., vol, I, P. 332-333. To his mother,

2. « How shall I describe the sadness with which I left the tombs of the apostles ? Rome, not as a city, but as the scene of

N'est-ce pas que ces paroles re étrange ? Newman se trouv Ses Compagnons s’en retourner e est resté parce qu'il voul terre de Sicile :

ndent un son assez e donc seul. Ila laissé

n Angleterre. Lui ait revoir et visiter à fond la Caprice de poète et d'artiste. Or, c'est en Sicile que va se passer l'épisods. le plus suggestif de tout son Voyage, un phénomène intérieur auquel il attribuera toujours un caractère mystérieux. [la déjà commencé son pèlerinage romanesque à travers cette île qu'embellit la merveille de son Printemps, il est tout à ses impressions de nature et d'art, quand une fièvre Pernicieuse le force à s'arrêter sur la route de Catane : la maladie prend tout de suite une tournure très gr:

angine de poitrine 1. New

sacred history, has a Part of my heart,

and in going away from itlamasif tearing it in twain, » — Letters and Corresp., vol, I, P. 336.

1. Pour tout cet épisode, Correspondence, tome premier, l'édition de 1911.

Georges GRAPPE, dans son Newman, au ch. IL, p. 34, écrit

ceci: «...De sa maladie, (Newman) reviendra tout changé et gardera, sa vie entière, l'obsession de ce moment où trembla sa destinée. Il la considèrera toujours avec un respect mêlé d’une sorte de terreur... Ses souvenirs sur cette Souffrance, qu’il écrira à des instants variés de sa Carrière, resteront, comme dit M. Mozkey, drec: 5" and uncertain, des songes inconsistants. Même dans sa lettre A F. Rogers, ia plus explicita, il passera comme des frissons d’un mysticisme tout Pascalien, »

consulter d'abord : Letters and de la page 355 à la page 378 de

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Mal soigné, mal logé, absolument seul avec des étrangers dans une auberge de campagne, en proie à une détresse morale absolue, sans espoir, il a cependant l'énergie de régler les détails suprêmes et dit à son domestique comment s'y prendre pour annoncer à sa famille la nouvelle de son trépas et que faire de sa dépouille. Une nuit, au plus fort d’une crise, quand son mal achève en quelque sorte de l'étreindre, il s’assied tout à coup sur sa couche, et l'esprit parfaitement lucide, comme s’il eût répondu à une vision surnaturelle, il s'écrie au milieu de sanglots qui le suffoquent : « Et pourtant, non, je ne mourrai pas ! car une œuvre m'attend dans mon pays. Die. m'y réserve un travail à faire... je ne vais pas mourir, car je n’ai pas péché contre la lumière ! Z ska// not die for 1 have not sinned against light ! »

Voir aussi Vewman, par William Barry, au ch. II, Zes Tractariens, p. 53. Et Paul Thureau-Dangin, dans Renaiss. cath. en Anglet. 1° v., c. 1, p. G9 et seq. Et Wilfrid War», au ch. I, p. 54, de sa Life of Cardinal Newman, dit : « For three weeks in Sicily :shither he returned from Rome, he had a dangerous fever. He gave his servant instructions as to What he should do in the event of his death, but added that he did not think he should die, fo: he believed that God had a work for him to do. This illness he ever regarded as a crisis in his life. He has left a memorandum of his feelings at the time, in which we find also a searching self-examination. He seems to have felt taat he was in some sense chosen by God and might be called to a great work ; vei he trembles lest he should there-

tore regard himself as a great man... »

Scène mystérieuse. Paroles prophétiques !. Le souvenir de cette heure restera toujours profondément gravé dans la mémoire de notre héros. Il le consacrera dans des pages immortelles, bien avant d'en avoir compris la portée lointaine ; et quand l'évolution de sa destinée lui en aura fait voir tout le sens caché, il lui sera impossible de ne pas croire que son âme n'eût été effleurée alors par le souffle divin. Oui, une œuvre allait lui être donnée à faire, qui n'était pas celle qu'il entrevoyait à ce moment. Lorsque de retour dans son pays, en juillet 1833, il

1. Comment ne pas rappeler ici la maladie qui frappa Lamennais, à la Chênaie, dans l'été de 1837, et au cours de laquelle il lui arriva aussi de prononcer des paroles mystérieuses ? Voici en effet ce que Gerbet raconte, dans une iettre datée du 8 septembre 1827 : « Je suis arrivé à la Chénaie la veille du jour où il est tombé malade. La fièvre l'a pris le dimanche 15 juillet, vers dix heures de l'après-midi. C'était d'abord une fièvre tierce bilieuse. mais elle s'est trouvée compliquée avec une fièvre nerveuse qui a été la principale maladie. Je ne puis vous dire combien il a souffert de ces affreux Spasmes, ni avec quelle patience. Mais combien n’ai-je pas souffert moimême, surtout lorsqu’à deux reprises, il s’est évanoui presque dans mes bras ; je le croyais mort! Au milieu de toutes mes angoisses, il m’adressait, de temps en temps, quelques paroles qui me déchiraient et me soutenaient tout ensemble. « De quoi « serviraient les honneurs, les richesses, la réputation quand on “enest là!» Je lui répondais qu'aussi bien il n’en avait jamais fait grand cas : « Mon ami, m'a-t-il dit, j'ai envie de m'en aller, « j'ai bien assez de laterre!» Il avait demandé de bonne heure les derniers sacrements. Le jour où il a reçu le saint viatique a été bien beau par sa vive foi, et par la sérénité de son front,

se remettra avec zèle et vigueur au travail pastoral, il sera loin de se douter du dénouement qui l’attendait au bout de cette seconde étape de sa carrière. Mais il était confiant dans l'avenir, car «il n'avait pas péché contre la lumière ». La lumière ! quand le navire qui le ramenait vers les rives natales s'était immobilisé dans les bouches du détroit de Bonifacio, ne l’avait-il pas, une nuit, invoquée en accents inspirés ? n'avait-il pas exhalé vers elle cette prière d'un lyrisme si pur qu'ont si souvent redite depuis tant d'âmes en marche vers l'idéal :

« Conduis-moi, bienfaisante lumière. Au milieu des ombres qui m'environnent, oh ! conduis-moi. La nuit est noire, et je suis loin de mon foyer. Conduis-

malgré l'empreinte de la douleur. C’est son frère qui la administré. Lorsque ce pauvre frère est arrivé, il lui dit, après s'être entretenu quelques instants avec lui: « Je te lègue la plus belle «“ chose du monde, la vérité À défendre. » Je me rappelle aussi une nuit où il se trouvait mieux ; je lui disais, pour le distraire, qu'il faisait un superbe clair de lune. Ii essaya de se soulever, pour entrevoir, à travers sa fenêtre, cette belle nuit, et me dit en retombant : « Pour ma Paix, S'il plaisait à Dieu, ce serait la « dernière !n ...

Ces dernières paroles n'étaient-elles pas l'effet d’une sorte de pressentiment? Lamennais prévoit confusément l'avenir de tristesse qui l'attend, et c'est pour cela qu'il préférerait mourir. Tandis que Newman veut :'vre pour jouir de la pleine lumière que Dieu lui réserve.

Cf. Corresp, inéd. de Lamennais avec la baronne Cottu, publiée par le c* d'Haussonville, Paris, Perrin, 1910, page 187.

moi. Garde mes pas. Je ne demande pas à voir la

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