Letters and Coii'espondence, Appendix
— que lorsque l'Eglise les met sur les lèvres d'un vieux prêtre. Il pouvait s'asseoir paisible sous les ombrages de Rednal et songer tendrement aux amis qu'il avait perdus, entre autres à son cher et fidèle Àmbrose Saint-John. « Je n'attends pas que la blessure guérisse », avait-il écrit. Mais de cette blessure même rayonnait une nouvelle espérance : celle de la réunion prochaine. Sans doute il entendait mieux que jamais «les voix intérieures des choses invisibles ». Sans doute, il évoquait aussi les lointains souvenirs. On dit qu'ils se lèvent en foule à l'heure de la vieillesse et que nous nous rappelons alors les visages qui souriaient à nos premiers pas et les vieilles maisons de notre enfance toujours ensoleillées dans notre mémoire. La préface du pieux éditeur des Méditations, suivant le désir de Newman, joint au nom du Cardinal celui de quelques amis dont le dévouement leur avait attiré sa reconnaissance. Ainsi que le laboureur chanté par Homère, il avait le droit de se réjouir au déclin du soleil. Et, dans les grandes ombres qui tombaient des montagnes bornant l'horizon de la vie, il n'avait qu'à murmurer: « Je vous adore, ô mon Dieu, comme la vraie, l'unique Lumière! De l'Éternité à l'Éternité, avant qu'il y eût une créature, quand vous étiez seul,
»ul, mais pas solitaire, car vous avez toujours été 'rois en Un, vous étiez la Lumière infinie... Mane
)biscum, Domine, quoniam advesperascit. Demeuîz avec moi jusqu'au matin et ne vous éloignez pas ilors sans me donner une bénédiction. Demeurez ivec moi jusqu'à la mort dans la sombre vallée, [uand toute obscurité finira. Demeurez, ô Lumière le mon àme, jam advesperascit l. »
La lumière de l'âme se fait de plus en plus éclatante, alors que s'épaississent les grandes >mbres. La dernière année de sa vie, Newman ne sortit guère de sa chambre. Le P. Lockhart le trouva bien affaibli, mais toujours vivant, toujours ;une d'esprit et de cœur. Une de ses récréations îtait la musique que les Pères et les élèves de l'Oratoire venaient lui faire dans un corridor voisin, în les entendant chanter les Années éternelles du '. Faber: « Cela vaut mieux, dit-il, que mon lymne à la Lumière : guide-nous, Lumière bienfaisante, car cela donne ce que l'autre cherche. » "rois semaines environ après avoir présidé àl'inaumration des vacances, il tomba malade : alors, m trois jours, s'acheva la longue vie terrestre du cardinal. Il mourut le 11 août 1890, à l'âge de