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Dès le seuil, un monument d’assez grande dimension captive les regards : :sur le tombeau est couchée la statue d une femme jeune et belle, ses mains sont jointes, ses pieds reposent sur un agneau. En bas-relief divers épisodes armoiries, au sommet des brûle-parfums, au milieu de la défunte Jane Westhcook.
A droite de la porte : une chapelle, au frontispice des armoiries, au sommet des brûle-parfums, au milieu de la chapelle sur un socle de marbre rouge ; une pyramide de marbre blanc surmontée d’une croix et enguirlandée de fleurs. On lit en lettres d’or : Ci-gît Marie-Thérèse d'Harcourt comtesse d’Aspremont-Caravadossi , baronne de Thoët, decedec en 1864, mère, du comte d’Aspremont-Caravadossi.
La chapelle suivante appartient à la famille Laurenti
Roubaudi, là repose le comte Charles-J Murenti Roubaudi. Celte personnalité, si intelligente et si sympathique enlevée prématurément et subitement, à l’affection de ses nombreux amis et à la reconnaissance des malheureux, dont b soulagea sans cesse les infortunes. Dévoué à sa Patrie, il avait servi vaillamment l’Italie — ? Officier supérieur de l’armée, puis député au Parlement.
Suivent les chapelles-sépultures des comtes d’Oresiis, des nouvelles générations des marquis de Constantin, des comtes de Robion, des comtes Garin de Coconato. Une grande chapelle à droite est le tombeau des d 'Auvare, plus loin les caveaux des Malausséna, des comtes Milon, des comtes de Pierrelas, des d’Estienne d’Orves, des barons Héraud, d’Hongran de Saint-Sauveur, de Beauretour, de Saint-Cyr. Dans cette première partie du cimetière, au fond : la tombe de Gérard de Coiignac, celles du comte de Châteauvieux, de la comtesse Miollis, de Marie Paul Gabriel du Pac Marquis de Badens, ancien page de S. M. le roi Louis XVI, décédé seulement en 1869. Non loin la chapelle des Doria. — Dans l’intérieur est un beau buste en marbre, portrait d’une jeune femme : Mary Roosevelt , épouse de Henry Butterfield, décédée en 1867. — Etait-elle alliée aux Doria ?
En approchant davantage du couvent des moines on rencontre les noms de : Louise S força, de la baronne Pastol de Keramelin, veuve du général Pastol , de la comtesse Seyssel d’Artemar, de Anne de Casanova, de Joachim Orsini comte d’Orbossan et de Rivalta, seigneur de Irana, etc., de Joséphine Tallien, comtesse de Narbonne-Pelet, née à Paris en 1795, décédée à Nice en 1862 ; Lubonis, de Mme Lejeune, femme du peintre en renom — sur sa tombe une tête de Christ peinte sur terre cuite. Je dois en omettre beaucoup et ne m’arrêter qu’aux deux monuments principaux, du moins au point de vue artistique; d’abord le tombeau de Wanda Tyszkieveiezow, belle jeune femme représentée grandeur nature, agenouillée au pied de la croix, la tête appuyée, les mains jointes dans l’attitude, dans l’expression de la douleur. Son beau profil est encore en médaillon sur un côté du tombeau. Mais le monument vraiment
admirable, le seul même, est celui du peintre T racket; sa sœur prie avec ferveur sur son tombeau. Le sculpteur a nonseulement rendu dans la perfection la taille svelte, souple et abandonnée de la jeune femme; mais l’expression du visage est idéale; tout est beau de simplicité, les mains sont des chefs-d’œuvre, et la guipure de la mantille, les plis de la robe, les lignes pures du corps, qui se laissent deviner sous les vêtements, sont rendus avec cette science exacte du détail qui est le privilège des sculpteurs italiens contemporains. Celui-ci se nomme A. Rivalta de Florence. Il est regrettable que ce monument soit on ne peut plus mal placé — collé au dos du couvent et dans un endroit du cimetière rétréci et borné.
Ah ! que cette statue prie bien.
Mélancoliquement je quitte toutes ces nécropoles. Songeant aux anciens grecs qui ne comptaient la durée de leur vie que d’après les jours heureux, aussi leurs tombeaux portaient cette inscription « Ci-git X... qui exista pendant tant d’années et vécut tant ». Hélas parmi tous ces chers « imisibles » combien ont beaucoup vécu ?...
NOTES ET SOUVENIRS