‹ Nice et ses environsChapitre 1 sur 12 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

dans ee pays admirable, parce qu'elle n'y est pas née, que rien ne s'y est banalisé à ses yeux, quelle a vie chaque chose avec du recul dès la première heure, que chaque objet dans ses contours a pris sa proportion en son esprit tel qu'il lui est apparu pour la premièrefois superbement.

Lorsqu'elle s'est dit : n ceei est très beau a, c'est parce que tout à coup elle en a été frappée, que tous les aspects de la vision lui sont apparus en mêmetemps et qu'elle a pu en rendre l'impression avec toute la puissance ressentie.

Faire une analyse de ce livre serait lui enlever la vie qui court captivante à travers ses pages. Dans a Nice h la ville belle entre les belles est chantée^ décrite et dépeinte comme il doit lui plaire de l'être. Saluons avec Renée Tony d'Ulmès son étendue quisv déploie en superbs éventail, ses montagnes qui.se baissent un peu pour laisser voir te sommet étincelant des Alpes neigeuses ; mesurons du regard la promenade sans limite qui contourne son golfe du vieux port au Var; montons au château, socle merveilleux d'un monument que semble s'être élevé la ville de Nice; pour pouvoir se contempler dans toute son élégatic« ; que nos yeux parcourant les triples rangs deses villas, pertes rares montées en collier sans rival; aimorts la ville où fleurit l'oranger, où mûrissent tous les fruits d'or, oit se balancent les palmiers africains parmilliers, qu'enveloppe l'infini bleu du ciel, et que baignent les eaux chantantes de la mer azurée.

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Elle semble née spontaoément. Les villas se posent au sommet des collines, le long des rives, comme de lourds oiseaux blancs aux ailes éployées. Hier, vous passiez dans un bois d'oliviers désert ; aujourd'hui , les colonnes d'une viletta se dressent, frêles et gracieuses.

A première vue, la ville semble trop neuve, provocante et tapageuse, ville affolée et affolante qui rit, danse et soupe tout le long de l'hiver, secouant sa chevelure de palmiers, jetant aux passants ses fleurs et ses baisers. Sans monuments anciens, telle un décor violemment peint où se dressent des palais d'opéra et d'opéra-comique, elle parait d'abord sans passé. Mais lorsqu'on a vécu à Nice, erré longtemps dans ses campagnes graves et silencieuses, on sent l'&me de la cité qui, au lieu de s'être glacée dans les pierres noircies des demeures, palpite dans les cyprès, murmure dans les vergers de citronniers, chante parmi les orangers, s'exhale en fleurs aux arômes suaves.

L'origine grecque de Nice De se décèle pas par un temple, mais les pins du mont Boron évo-

queot la vision des bois sacrés de la Qrëce. Nous imaginons les ombres des Tanagra, glissant sous les rayons qui se déplacent entre les arbres. Certains couchers de soleil baignent la chaîne de l'Esterel des mauves et des roses de l'Hymette.

Et la cité a une histoire pleine d'intérêt. On la voit, disputée par des peuples qui s'en emparent tour & tour, l'assouplissant sous des dominations étrangères, la préparant à son rôle futur de ville cosmopolite.

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