‹ Nicolas Bataille, tapissier parisien du xive siècleChapitre 2 sur 5 · Archives nationales, KK · texte numérisé non relu

Archives nationales, KK

2. C'est une Bible historiée faisant partie du Musée Westreenen

sinon son principal titre de gloire, était connue desérudits depuis longtemps. M. Jubinal, puis M. Léon de Laborde avaient publié plusieurs extraits relatant le nom du tapissier parisien sous ses diverses formes, tantôt Colin, tantôt Nicolas Bataille; aucun d'eux toutefois n'avait soupçonné l'importance du personnage.

Depuis notre première découverte et l'article inséré à ce sujet dans les Mémoires de la Société des Antiquaires de France*, de nouveaux détails sur Nicolas Bataille, sa famille, son œuvre, sont venus se joindre à ceux que nous avons fait connaître jadis et peuvent fournir les éléments d'un commencement de biographie. Tel est l'objet du présent travail.

Notre prétention ne va pas jusqu'à vouloir déterminer, même approximativement, la date de la naissance du maître tapissier. C'est un point qui probablement restera toujours dans l'ombre. Il semble pourtant vraisemblable qu'au moment où il paraît pour la première fois, c'est-à-dire en 1 3y3, Bataille devait occuper déjà une position élevée dans l'industrie parisienne, car, peu après, nous le voyons employé par les plus grands seigneurs de la cour. Il est donc à supposer qu'en 1373 il approchait de l'âge mûr; sa naissance remonterait ainsi à la période comprise entre i33oet 13402. Mais, nous le répétons, c'est pure hypothèse.

M. l'abbé Dehaisnes a signalé le premier l'article portant la date de i3y3. Il est tiré d'un compte de 1374-5, et relate la vente faite par Nicolas Bataille, le 23 septembre 1373, au prix de « vingt frans, » de « six tapis d'œuvre d'Arras, armoiés des armes de

légué, en i856, à la bibliothèque royale de La Haye. La miniature représente un des valets de chambre de Charles V, Jean de Vaudetar, un genou en terre devant le roi, lui présentant un livre, probablement la Bible en question. Le roi est assis, portant un petit bonnet qui couvre les oreilles. Le nom de l'artiste est conservé par une légende en grandes lettres d'or, tracée sur une feuille de vélin en regard du portrait. Voici le texte de cette précieuse inscription : « Anno domini millesimo tre-

CENTESIMO SEPTUAGESIMO PRIMO ISTUD OPUS PICTUM FUIT AD PRECEPTUM AC HONO- REM ILLUSTRIS PRINCIPIS KaROLI REGIS FRANCIE ET ATI S SUE TRECESIMO QU1NTO ET REGNI SUI OCTAVO ET JoHANES DE BrUGIS PICTOR REGIS PREDICTI FECIT HANC P1C-

turam propria sua manu. » Pour plus de détails sur ce manuscrit et sa décoration, voyez l'article de M. L. Gonse sur la bibliothèque de La Haye dans la Chronique des Arts et de la Curiosité, année 1877, p. 320-2.

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