‹ Nicolas FoucquetChapitre 20 sur 183 · FOUCQUET MAITRE DES REQUÊTES. T · texte numérisé non relu

FOUCQUET MAITRE DES REQUÊTES. T

Arrivé ù la cinquantaine, il sentit le besoin du repos. Comme tous les hommes que leurs occupations retiennent à la ville, il voulut avoir sa maison des champs. Ce goût des Parisiens pour les propriétés rurales, très prononcé vers le milieu du seizième siècle, arrêté un moment par les guerres de religion, avait reparu plus vif que jamais avec le retour delà paix etTavènement des Bourbons. Les environs de Paris étaient envahis, et les gens modestes devaient déjà dépasser la banlieue. François Foucquet acheta un petit domaine appelé Vaux, dépendant de la paroisse de Maincy. Ce qui l'attira fut sans doute le voisinage de Melun, où il possédait des droits de vicomte. Il parait avoir gardé Vaux comme il le trouva, sans vouloir planter, pas même bâtir.

Il restait simple, songeant à sa nombreuse famille. Le dernier garçon, Gilles, né en 1635, âgé de cinq ans à peine, était de vingt-cinq ans plus jeune que son frère aîné. Il est vrai que des six filles, trois avaient déjà quitté la maison paternelle pour entrer au couvent de la Visitation ', et cela sans aucune pression. Un soufHe religieux traversait la maison. L'aîné des garçons, François Foucquet, devant qui s'ouvraient toutes les carrières mondaines, successivement conseiller au Grand Conseil (1" septembre 1632), puis au Parlement de Paris, était entré dans les Ordres. En 1637, à peineâgé de vingt-six ans, il fut nommé par le Roi évéque de Bayonne. Si l'expédition de ses bulles en Cour de Rome se fit attendre longtemps, l'unique cause en doit être attribuée à la mésintelligence qui existait alors entre le Pape et Richelieu. Le jeune prêtre lui-même refusait cet honneur, et ne se laissa vaincre qu'à de vives sollicitations '.

' 8 juillet 1635^ profession de Madeleine Foucquet, morte le 27 janvier 1676. Arch. uat., LL, 1718. — 27 avril 1636, ÉlisaLelh-Augustine Foucquet, morte le 8 avril 1694, à soixante-quinze ans. Ibid,

*Ms. de Veillet, chanoine de la caibédrale de Bayonne au dix-huitième siècle, Ribl. munie, de Bayonne. Ce ren8ei{][nement m*a été communiqué par M. Tabbé Lasserre, secrétaire de Mgr Duceilier, évoque de Bayonne, à qui je suis heureux d'adresser publiquement mes remerciements.

Enfin, le 25 murs 1G39, il fut sacré dans Tëglise du Grand- Jésus de la rue Saint-Antoine, par Claude de Bueil, évéque d'Angers, assisté de J. de Sponde, évéque de Pamiers, et d'Adhémar de Monteil de Grignan, évéque de Saint-Paul- Trois-Châteaux. Un grand nombre d'autres prélats se rendirent à cette cérémonie, point culminant de la fortune de François Foucquet père.

L'année suivante, toutefois, ce bonhomme éprouva encore une satisfaction bien vive. Son second fils, Nicolas, devenu en quelque sorte Tainé, se maria. Cette alliance se fit grâce aux excellentes relations que les Foucquet de Paris conservaient avec leurs parents de Bretagne. Nicolas avait négocié l'acquisition pour son cousin Chalain de la charge de procureur général au Parlement de Metz ' . En retour, un autre Chalain, président au Parlement de Rennes, lui fit épouser Louise, « fille mineure et unique héritière de feu messire Mathieu Fourché, sieur de Quéhillac, en son vivant conseiller à la même Cour, et de dame Bourriau » • Très belle parenté : un conseiller du Roi, maître des comptes, un grand archidiacre, chanoine et officiai de Nantes. Très grande fortune : la future recevait en dot 160,000 livres. De leur côté, les Foucquet faisaient don au marié « de TofGce de maître des requêtes, estimé 150,000 livres, et de 4,000 livres de rente au denier dix-huit » . Cet ensemble d'apports et de dons nuptiaux constituait une fortune représentant environ deux millions d'aujourd'hui.

Le mariage fut célébré à Nantes dans les premiers mois de Tannée 1640. Ni le père ni la mère de Nicolas n'y assistèrent. Presque à l'heure où son fils se mariait, François Foucquet, malade à Paris, écrivait son testament (20 février 1640). S'il vit sa bru, ce ne fut que pour peu de temps, puisqu'il mourut le 22 avril suivant *.

1 Convention entre Nicolas de Paris et Nicolas Foucquet, 23 avril 1638. Bibl. nat., Cabinet des titres, dossier Foucquet, n^* 31.

* Contrat reçu par Haultdcscns, notaire à Nantes, le 5 janvier 1640, ratifié

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