FOUCQUET MAITRE DES REQUÊTES
toujours à meilleur marché du Roi que des particuliers, dès le 12 janvier 1636, François faisait pourvoir son fils Nicolas -d'unede ces charges, et le 1" février, Tex-conseiller au Parlement deMetz étaitnommé maître des requêtes ^ Nicolas prêta serment entre les mains du chancelier Séguier, qui, vingtneuf ans plus tard, devait voter sa condamnation à mort.
Foucquet entrait dès lors, comme son père, dans la vie politique; car les fonctions de maître des requêtes n'étaient pas seulement judiciaires. Par sa famille, par son éducation, par nécessité de fortune, il était pour ainsi dire voué au principe d'autorité. Il devait sa charge même à un coup d'autorité. C'est sous ces auspices qu'il se présenta, c'est ainsi qu'il reçut cette marque originellequines'efface jamais.
Richelieu n'aimait pas à se mettre en même temps trop d'affaires sur les bras. Après avoir proclamé que le Parlement ne possédait d'autre pouvoir que celui de rendre la justice, le Cardinal ménagea une paix boiteuse où tous les principes furent réservés.
Nicolas Foucquet avait dû obtenir une seconde fois des dispenses d'âge. 11 entrait à peine dans sa vingt et unième année, et, aux termes de lettres patentes de Henri IV, en date du 5 février 1598, les maîtres des requêtes devaient avoir au moins trente-deux ans. Ce roi soldat considérait ces fonctionnaires comme des magistrats achevai, prêts à passer des charges sédentaires dans un service actif. Cependant, la juridiction qui leur était attribuée comportait un assez grand travail à Paris.
Aux requêtes de l'Hôtel, ils jugeaient de toutes contestations d'offices, par exemple, entre un conseiller ayant vendu sa charge et tel autre qui l'avait achetée. En vertu d'un droit ancien, quatre d'entre eux siégeaient au Parlement et faisaient partie de ce corps privilégié.
' Les lettres de nomination sont datées du 12 janvier 1636; celles de dispense d*âge, du 18 du même mois. Elles furent enregistrées le i^' février suivant
Juges civils pendant trois mois, ils étaient pendant trois autres mois juges administratifs. Les conseils du Roi ne possédaient pas encore une organisation très précise, et les dénominations étaient aussi confuses que les attributions. Membres du conseil privé et d'État, les conseillers ordinaires du Roi tenaient certaines assemblées plus spécialement connues sous le nom de conseil des parties ou de conseil des finances, qu'on peut comparer aux sections du contentieux et des finances dans notre Conseil d*État actuel. Les particuliers demandant décharge d'impôts, ou plaidant avec des traitants et des partisans, s'adressaient au conseil des parties. Là, les maîtres des requêtes, saisis de TafFaire, en délibéraient entre eux et en présentaient le rapport, à titre purement consultatif. Ils agissaient de même en matière de cassation d'arrêts de Parlements, de procès évoqués au Grand Conseil. On leur reconnaissait également les attributions consultatives en matière de finances'. £n somme , ces jeunes gens étaient placés à souhait pour apprendre le droit et se former au maniement des affaires publiques.
Les registres d'audience montrent Nicolas Foucquet très assidu aux séances ^. Des conclusions écrites de sa main prouvent son savoir précoce et son intelligence.
Comme à raison du trop grand nombre des offices, on n'avait pas assez de travail à donner à tous les titulaires, et comme les maîtres des requêtes n'étaient en emploi que six mois de Tannée, François Foucquet associa son fils à ses occupations commerciales et maritimes. Ce digne homme, dit un contemporain, conservait beaucoup d illusions^. Il voulait coloniser en évangélisant.
* Offices de France, p. 676; Estât de la France^ j 648-49; Archives curieuses de l'histoire de France, 2« série, t. II, p. 439; Estât de ta France, 1663, t. II, p. 499.
* Refiistres des audiences des requêtes ordinaii'es du Roi, Arch. nat., V, 1144, 1145, 1146.
» Dd Tertpe, t. I, p. 109