‹ Nicolas FoucquetChapitre 29 sur 183 · SECONDES NOCES DE FOUCQUET · texte numérisé non relu

SECONDES NOCES DE FOUCQUET

Le 4 février, on signa solennellement le contrat. Du côté de la future y assistaient, outre ses père et mère, Henry de Castille, son oncle, seigneur des Murs, intendant des maisons, domaines et finances de Monseigneur le duc d'Orléans ; haut et puissant seigneur, messire Nicolas de Neufville, chevalier des Ordres royaux, marquis de Villeroy, gouverneur du Roi, maréchal de France, cousin maternel; messire Jean de Castille, chevalier; messire Nicolas Jeannin de Castille, trésorier de l'Épargne, cousins paternels. Ce dernier était le beau-frère de Chalais.

Quant à la famille Foucquet, elle était au complet : Marie de Maupeou; François Foucquet, évéque et comte d'Agde; messire Basile Foucquet, conseiller, aumônier du Roi, baron de Dannemarye; Yves Foucquet, conseiller au Parlement; Louis Foucquet, seigneur de Nanterre; Gilles Foucquet*, frères du futur; Christophe Foucquet, président au Parlement de Rennes; MM. de Maupeou, conseiller au Parlement, et de Bugnon, conseiller au Grand Conseil, cousins paternels, etc., etc.

Qu'on était loin du contrat de mariage de Guyon Foucquet avec Jeanne de Charnacé en 1490, des 900 livres de dot, des moulins et des rentes donnés en garantie et contre garantie*! On parlait par centaines de mille livres, avec mention de terres, de châteaux. Un véritable contrat de millionnaire. On était plus loin encore de la tranquillité de cette alliance seigneuriale et champêtre.

La veille du jour où Ton publiait les bans du futur mariage, le duc d'Orléans s'était définitivement prononcé pour le rappel des princes. Le lendemain^ Foucquet, Bignon , Talon rapportaient une déclaration de la Reine rédigée en termes habiles, trop habiles même, et qui fut

' M. Jnl a mal lu l'acte déposé cliez M. Hatin, notaire À Paris. Au lieu de Pierre, il F:iut lire Vvex^ et au lieu de Fleurant, il faut lire Louis, * V. plus haut, p. 4.

mal reçue. Mazarin comprenait qu*il avait été joué par tout le monde et perdait la tête.

On sait très exactement ce qui se passa le 4 février 1651 , de six heures du matin à six heures du soir. Le matin à six heures, le Parlement était réuni, délibérait sur un arrêt d'expulsion de Mazarin et recevait assez impertinemment un message de la Reine. De midi à cinq heures, nouvelle réunion, décision définitive prise contre « le Mazarin ' » .

A six heures du soir, on délibérait encore. Enfin, on chargea les gens du Roi, Talon, Bignon et Foucquet, de porter à Anne d'Autriche les vœux du Parlement.

Voilà la soirée de contrat.

Voici celle des noces.

Le mariage fut célébré le dimanche 5 février en Téglise Saint-Nicolas des Champs, paroisse de la famille de Castille.

A six heures du soir, Foucquet dut se rendre en toute bâte chez le garde des sceaux pour conférer sur les réclamations des conseillers frondeurs.

Le jour où le procureur général se mariait, le Parlement de Paris, prenant inconsidérément parti pour les princes, divorçait avec la royauté.

> Talo», Mémoires, p. 408, 409.

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