‹ Nicolas FoucquetChapitre 4 sur 183 · ORIGINES DE LA FAMILLE FODCQUET · texte numérisé non relu

ORIGINES DE LA FAMILLE FODCQUET

Les fortunes politiques du dix-septième siècle se présentent rarement avec ce caractère de générations spontanées trop commun de nos jours. Foucquet dut sa grande situation partie à son mérite, partie aux efforts persévérants de ses ancêtres. Au temps de sa puissance, il se réclama surtout de son père, que, dans sa piété filiale, il qualifiait de grand homme, et de ses parents maternels, les Maupeou, de beaucoup plus illustres; mais il ne négligea pas de rechercher les racines de son arbre généalogique, et sans doute il eût voulu le trouver, suivant le goût du jour, au plus profond de Tempire des morts ^

On sait qu'un peu plus tard Colbert trouva, dans une église obscure, l'épitaphe du chevalier Kolbert et des titres de deux cents ans plus moisis qu'il ne fallait. Nicolas Foucquet possédait aussi à Saint-Mandé « une pierre à inscriptions n de famille, et des amis trop zélés lui apportèrent de soi-disant vieux parchemins. L'habile et consciencieux généalogiste d'Hozier sut prémunir son patron contre ce ridicule. « On a voulu, lui dit-il, intéresser ceux de vostre maison, qui n*a pas besoin de ce faux esclat, et que vous condamneriez vous-mesme pour peu que vous y fissiez de réflexions. Enfin, Monseigneur, je ne vous conseille pas d'en faire ny mise ny recepte, et de ne considérer tout ce

I Estai de la France, 1658, p. 500; Estât, etc., 1661, t. II, p. 574.

fatras, qui est destruit et dcmenty par l'Histoire, que comme une denrée de contrebande et une monoye de Faux aloy... Il vaut bien mieux s*en tenir à la vérité et avoir une livre de pur or que d'en avoir deux de métal corrompu; vous en avez assez d'ailleurs sans emprunter celuy-là, qui est estranger, et je ne voudrois pour rien du monde Tavoir seulement mis en avants »

Doué d'un goût délicat, le surintendant se rangea à Tavis de d'Hozier et se contenta d'ancêtres authentiques.

A l'origine parait Jean Foucquet, chevalier angevin selon les uns, normand selon les autres, brave homme de l'aveu de tous, ayant vigoureusement combattu les Anglais, entre les années 1424 et 1431. Moins riche que brave, il habitait, au levant d'Angers, sur les bords verdoyants du Loir, un petit domaine, moitié manoir, moitié moulin, et qui par le fait s'appelait : les Moulins-Neufs*. Il y vécut fort honoré, souvent appelé soit au conseil, soit à la guerre par le maréchal de Boussac, commandant les armées du Roi\

Les temps devinrent plus paisibles. Jousselin Foucquet, fils de Jean, épousa une fille de Mallet, sieur de Pincé, écuyer. Soixante ans plus tard (7 mars 1490), Guyon, fils de Jousselin, entrait dans la famille de Gharnacé. Belle alliance, modeste contrat. EUye de Gharnacé, écuyer, donnait en dot h sa fille Jeanne huit cents livres tournois, dont deux cents livres seulement étaient payées comptant. A la garantie du surplus, il engageait ses moulins de Boussart. Par contre, Guyon Foucquet, la somme une fois reçue, devait transporter à son beau-père, à titre de gage, une rente de vingt-cinq livres. En effet, au cas où l'épousée

* D*Hozier à N. Foucquet, 29 février 1660. Ribl. nat., Cabinet des titres, dossiers bleus, 7282, p. 279. Autour.

* Les Moulins-Neufs, hameau de la commune de Lessigné, canton de Seiches, arrondissement de Beaugé, Maine-et-Loire.

^ Bibl. nat.. Cabinet des titres, dossiers bleus, 7282^ p. 13.

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