ORIGINES DE LA FAMILLE FOUCQUET
Jeanne « iroit de vie à trespas sans laisser hoirs de sa chair » , le mari s'obligeait à rendre la dot^ On lui accordait d'ailleurs neuf ans pour se libérer. Prudence et bonté!
On nous dit que Guyon Foucquet porta très haut l'honneur du nom. Son fils, Mathurin, épousa (le 4 septembre 1513) Marguerite 9 fille de Pierre Guissart, ancien exempt des gardes écossaises, nièce de Cupif, autre exempt aux mêmes gardes. Ces étrangers, venus en France vers 1458, pour servir Charles VII, préférant « la doulceur angevine » aux u frimais de TEscosse » , avaient adopté la France comme patrie. La France est bonne. Les deux Ecossais épousèrent deux sœurs de la maison de TEspervière et constituèrent en Anjou deux puissantes familles.
Les Cupif surtout parvinrent vite à une grande situation, avec maison aux champs, hôtel à la ville. Par reconnaissance pour leurs services, on donna leur nom à une porte et à une place d'Angers ^. Un d'entre eux fut nommé échevin.
Les Foucquet, au contraire, à la cinquième génération, période souvent fatale, traversèrent une série d'épreuves et reçurent u divers coups de la fortune » . Les seigneurs de la Jailie, leurs alliés, dont ils tenaient plusieurs fiefs, se trouvèrent engagés dans de mauvaises affaires à la suite de grands excès commis dans le prieuré d'Huille-sur-Loir, voisin de leur domaine. Les Moulins-Neufs furent saisis sur Mathurin Foucquet et vendus (1545). Voilà, après cent vingt ans d'un heureux développement, une famille jetée dans la misère et à la veille de disparaître^!
* BibL nac. Cabinet des litres, pièces originales, dossier Foucquet.
* Bibl. nat., mss., Cabinet des titi-es, dossiers bleus, 7282, r« 212. Extraie! de la généalogie de la famille Cupif. Mékacb, Seconde partie de t histoire de Sabléy p. 147, donne de curieux détails sur la famille Cupif et sur son alliance avec la famille Foucquet. V. enfin Péan de la Tuilerie^ Description de la ville d'Angers, édition donnée et enrichie par M. C. Port, p. 293.
* Dossiers bleus, 7282, P» 13. Cf. Port, Dictionnaire de Maine-et-Loire, art. Les Moulins-Neufs. En 1545, François Leblanc remplace M. Foucquet comme propriétaire*
6 NICOLAS FOUCQDET.
Le second fils de Guyon, Nicolas, « se retira en Angleterre » , dit la généalogie. En bon français, il y alla refaire sa fortune. De retour à Angers, il s'y maria avec une parente, Lézine Cupif, sixième fille de Jean Cupif, marchand à Behuard^ François lui-même s'était établi marchand à Angers, paroisse Saint-Pierre^. Sur la façade en bois de la boutique, les écureuils montaient, ombragés de leur panache de gueules, ongles de sable. L'envie, la jalousie retrouvèrent plus tard ce souvenir roturier pour le jeter à la face des Foucquet, marquis de Belle-Isle^. François Foucquet fit sans doute ce qu'il put et fit bien. Ces marchands n'étaient pas d'ailleurs de si petits personnages. Jean Cupif était seigneur de la Robinaye et suppôt de l'Université. François, son gendre, ne s'endormait pas dans sa nouvelle fortune. Mettant à profit les ressources de la ville, il envoya ses enfants aux écoles, et c'est en somme à ce drapier-chaussetier que la famille dut un très long retour de prospérité. Son fils aine, François, prit à son tour le chemin de l'Angleterre, non plus par nécessité, mais pour apprendre à mieux connaître les hommes et les choses. Le puîné, Christophe, « fiit entretenu aux estudes en Allemagne et en Italie^ » . Ces garçons étudièrent même si bien en droit civil et canon qu'ils parvinrent vite aux charges et aux dignités de la magistrature. On trouve François conseiller au Parlement de Paris, Christophe conseiller au Parlement de Bretagne. Un cadet, Isaac, se fit moine et fut élu trésorier de la grande abbaye de Saint-Martin de Tours. Suivant une tradition très vraisemblable, le maréchal de Gié,
' fiehuard, moulins dans deux îles de la Loire, canton de SainC-Georgessur-Loire. V. Port, Dictionnaire, p. 287, art. Behuard,
* Dossiers bleus, 7282, p. 147. Contrat de mariage. Jbid,^ F» 212. Généalogie de la famille Cupif.
'^ V. les généalogies de Guillard, dans le Cabinet historique, 1859, p. 96. Gaillard place la boutique de drapier-cbaussetier à un angle de la rue Saint- Laud.
* Bibl. nat.. Cabinet des titres, dossiers bleus, 7282, p. 13.