‹ Nicolas GogolChapitre 27 sur 30 · DISCOURS DE M. LOUIS LEGER · texte numérisé non relu

DISCOURS DE M. LOUIS LEGER

Grande mortalis sévi spatiuml Je veux parler du monument de Pouchkine. En ce temps-là la littérature russe n'était pas aussi populaire à l'étranger qu'elle l'est aujourd'hui et je me trouvais ici délégué non seulement du gouvernement français, mais aussi de toute l'Europe intellectuelle. Mes cheveux ont blanchi, mais mon cœur est resté jeune et jq n'oublierai jamais le chaleureux accueil que j'ai reçu de l'auguste président de cette fête, de la municipalité de Moscou, de mes excellents confrères du monde littéraire et de l'Université. Pourquoi faut-il, hélas? que tant d'entre eux nous manquent aujourd'hui ! Que de noms illustres et chers évoque ma mémoire émue ! Ivan Tourguenev, mon voisin de Paris redevenu pour quelques jours mon voisin moscovite, Ostrovsky, Grigorovitch, Polonsky, Dostoïevsky, Pisemsky, Grot, Tikhonravov, Storojenko, Ouvarov, Nicolas Grigorovitch Rubinstein ! J'adresse ici à leur souvenir l'hommage de mon affection, de mon respect et de ma reconnaissance !

Vous avez fait une bonne œuvre, chers confrères, en dressant ici la statue de Gogol non loin de celle de Pouchkine qui fut tout ensemble son ami, son conseiller, l'inspirateur de son génie, qui lui donna l'idée première des Ames mortes et du Revlsor. Ces deux monuments attestent tout ensemble la piété que vous professez pour vos ancêtres etl'immorta-

lité de leur œuvre. Le voisinage du grand Katsap et du grand Khokhol (1) affirme Tindestructible unité du monde russe, l'union affectueuse et fraternelle de Moscou et de Kiev, de la Grande et de la Petite Russie. Gloire à Gogol et à Pouchkine et puissiezvous voir chez les générations à venir de dignes héritiers de leur génie I

(1) Épithètes familières par lesquelles se désignent mutuellement les Grands et les Petits-Russiens.

Les éditions des œuvres complètes de Gogol ou de ses œuvres isolées sont fort nombreuses. Je me suis servi de préférence de l'édition donnée par Kirpitchnikov, 3 vol. in-8® (Moscou, librairie Sytine, in-8^, 3 vol., 1902). Cette édition est précédée d'un essai de canevas chronologique de la biographie de Gogol. Ce canevas est fort précieux. Un recueil non moins précieux est l'édition de la Correspondance de Gogol, publiée par Schenrok (4 vol. in-8o, Pétersbourg).

Les publications relatives à l'écrivain ne sont pas moins nombreuses que les éditions.

Parmi celles que j'ai mises à contribution, je citerai seulement : les Mémoires (Zapiski) sur la vie de Gogol, 2 vol., Saint-Pétersbourg, 1856; l'important ouvrage de l'académicien Nestor Kotliarevsky, Gogol de 1829 à 18^2 (Saint-Pétersbourg, 1903); Les Journées de Gogol à Moscou en 1909^ ouvrage publié par la Société des Amis de la Littérature russe (Moscou, 1909); diverses études

de M. Alexis Veselovsky, notamment dans le volume intitulé : Etudes et Caractéristiques (Moscou, 1907).

Le lecteur désireux de compléter cette bibliographie devra se reporter au Répertoire de Mejov, aux tables de la Revue d'Europe^ de la Revue du Ministère de r Instruction publique, des Mémoires de l'Académie des Sciences de Saint-Pétersbourg (section de langue et de littérature russe, etc.).

A signaler encore le récent ouvrage de M. Warneke, Histoire du Théâtre russe (en russe), 2 vol., Kazan, 1908-1910.

Les principales traductions en langue française sont les suivantes :

Nouvelles russes, par Viardot (Paris, Hachette, 1845-1853) *.

Taras Boulba, traduit par Viardot, Paris, 1853.

Les Veillées de V Ukraine, traduction Halpérine Kaminsky, Paris, Marpon et Flammarion.

Le Manteau, traduit par Marmier, dans le volume intitulé : Au bord de la Neva, contes russes (librairie Galmann-Lévy).

Les Ames mortes, trad. Eugène Moreau (Paris, 1858).

Les Ames mortes, trad. par Ernest Gharrière

1 Voir sur cette traduction un article d'A. Arnoult. Revue de rinstruction publique, 7 juillet 1859.

(Paris, Hachette, 1859). Cette traduction est précédée d'une préface qui n'est pas à dédaigner. Malheureusement, Charrière paraphrase son texte plutôt qu'il ne l'interprète. Les cent cinquante dernières pages du deuxième volume ne reproduisent pas le texte de Gogol, qui n'existe plus, mais une continuation des Ames mortes, imaginée par un de ses compatriotes de la Petite -Russie, Vastchenko Zakhartchenko, et publiée à Kiev en 1857. J'ignore qui est ce Vastchenko, qui n'a guère laissé de traces dans la littérature. Quanta Charrière ce n'était pas le premier venu. C'était un publiciste et un historien distingué.

Le Revisor a été traduit, pour la première fois, par Mérimée, dans le volume publié en 1853, sous le titre : Les Deux Héritages^ suivi de V Inspecteur général et des Débuts d'un Aventurier. Cette traduction, fort médiocre d'ailleurs, est toujours réimprimée dans, ce volume, l'un des moins bons de Mérimée.

Une traduction, par Challande, a été publiée vers 1868, par la librairie Sandoz et Fichbacher. Elle est, je crois, épuisée.

Principaux travaux sur Gogol, en français

Mérimée, Nicolas Gogol, Revue des Deux-Mondes, 15 avril 1851. Voir sur cette étude, ce que j'en ai dit plus haut, chapitre XL

J'ai déjà dit le solide intérêt des études qui ouvrent les deux volumes de la mauvaise traduction de M. Gharrière.

Tout le monde a lu le chapitre consacré par Melchior de Vogué à Gogol, dans son beau volume sur le Roman russe. Le langage de Vogué est plutôt d'un poète que d'un critique.

L'étude de M. Ernest Dupuy dans Les grands Maîtres de la Littérature russe au dix-neuvième siècle (librairie Lecène et Oudin, 1885), est un essai fort attachant, dont certains détails demandent de légères rectifications. J'ai discuté plus haut une hypothèse de M. Dupuy à propos de Taras Boulba (v. p. 98).

Le chapitre consacré à Gogol par M. Osip Lourié, dans sa Psychologie des grands Romanciers russes, est un résumé solide et substantiel.

Gogol n'a été l'objet, en France, que d'une seule monographie qui est un simple travail d'écolier.

Nicolas Gogol, écrivain et moraliste. Thèse de Doctorat, présentée à la soutenance devant la Faculté des Lettres de l'Université de Lyon (Aix, imprimerie et librairie Makaire, 1901). L'auteur était une étudiante bulgare M"® Tyrneva. Cet ouvrage n'a été tiré qu'à un petit nombre d'exemplaires. Je suis loin de partager sur. cet essai d'écolier l'opinion exprimée plus haut par feu Melchior de Vogué (v. p. 250).

J. Patouillet, le Théâtre de Mœurs russes des origines à Ostrovsky (Paris, librairie Honoré Champion, 1912), renferme quelques pages sur Gogol.

Du même, Ostros^sky et son Théâtre de Mœurs russes (Pion et Nourrit, 1912, intéressant au point des rapprochements et des contrastes).

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