‹ Nicolas Le Roy et ses descendants [microforme]Chapitre 26 sur 84 · HT · texte numérisé non relu

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Arrivé à cette date de 1704, on peut dire que les familles souches qui doivent composer la paroisse de Beaumont y

sont difinitivement fixées.

(1) M. Gaulin fut aussi missionnaire à Pentagoët. En 1700, il se rendit à la Louisiane. Revenu en 1702, il fit naufrage sur les côtes du Maine et travailla à la mission des Abénaquis pendant plusieurs années.

— IOI —

J'ai fait le relevé, depuis l'ouverture des registres en 1692, des noms nouveaux que l'on signale chaque année. J'en donne un tableau succinct.

1692. Roy dit Portelance. (Il a pour femme Anne For-

gues, enterrée sous le nom de Mourangeau en 1712).

1693. Couillard, Couture dit Bellerive, Couture dit Lafrenaye, Turgeon, Cassée,

1694. Blanchon, Belleperche, Guenet, Bourget, Labrecque, Moëleur, Coulombe, Maliouit.

1695. Nadot, Moleur. (Le nom primitif de Moëlher se

transforme en Moïleur, Moleur et Molleur dit Lallemand), 1696. Adam, Lavallée. (Pâquet dit Lavallée).

1697. Guillemet, Bechet.

1698. Foreau, Forgues, Gonthier, Le Roy, Jean. 1699. Charet, Du Bois, Poirié dit L'Angevin, 1700-1701. Vallière, Choinar, Girard, 1702. Maupas, Boilard, L’Arrivée, 1703. Lisse, Courtaut, Garand.

1704 Vien, Lefebvre, Grand-Maison, Jouën, Le Blond.

Sur la carte du gouvernement de Québec, levée depuis l'année 1683 jusqu’en 1709, par les ordres du comte de Pontchartrain, par M. Catalogne, lieutenant des troupes,

on trouve l’état exact de la seigneurie de Beaumont avec

la distribution des terres. A partir du domaine de Vin-

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cennes en se dirigeant vers Saint-Michel, voici les noms des propriétaires le long du fleuve: Trepanier, Guay, Cormier, Couillard de Beaumont, Bellerive, Adam, Boiselle, Levasseur, Mouleure, Lavigne, Turgeon, Leveillé, Le Roy, Turgeon, Mouleure, Le Roy, Turcotte, Louisa, Blanchon, Daluire, le Curé, Nadeau, Viens, Dubois, Pâquet, Turgeon, Adam, Garand, Fournier, Vachon, Feuilleteau. Dans la concession Ville-Marie sont déjà établis : Forgues, Bissonnet, Guennes, Gauthier, Vallière,

Gauthier, Demers, Portelance, Forgues, Nolet.

Ces colons occupent quarante-quatre terres et forment le noyau de la population qui doit se perpétuer dans Beau-

mont.

Saluons, en passant, ces braves paysans qui sont pour la plupart nos parents ou des alliés des nôtres, ou qui le

deviendront bientôt.

En 1704, le 7 septembre, M. Charles Plante, prêtre, né sur l'île d'Orléans et ordonné en 1703, vint desservir Beaumont et Saint-Michel. Il y exerça les fonctions curiales jusqu'au 3 septembre 1711. Il y eut alors vacance dans la cure, et Beaumont eut une seconde fois pour missionnaire le P. Pierre Le Poyvre, du 19 septembre 1711 au

19 octobre 1713 (1)}. M. Louis Mercier vint le remplacer

(1) Le 16 février et le 31 août 1712, M. Philippe Boucher, curé de pointe de Lévy, tient la plume au registre, Le 24 octobre 1712, M,

le 4 novembre de cette année. Ce dernier desservit la paroisse jusqu'à sa mort, arrivée le 7 mai 1715. Il périt victime de son zèle pendant une épidémie qui régnait dans la paroisse. Il n'était Agé que de 29 ans. M. Mercier fut inhumé dans l'église de Beaumont, le même jour que le seigneur du lieu, Charles-Couillard de Beaumont, mort à l'âge de 72 ans. M. Pierre le Picart, qui fut depuis curé de Saint-Antoine de Tilly et de Saint-Nicolas, était le

prêtre officiant.

En mai et juin 1715, la paroisse fut desservie par le récollet Chérubin Deniau, mort à Montréal en 1732. Du 22 juin au 2 septembre, M. François Tilorier (mort en 1738) tient la plume. M. Pierre Girard de Vorlay, origi-

naire de Bordeaux, chanoine du chapitre, le remplace jus-

qu'au mois d'octobre où M. Maintenon de la Rue, curé de

la pointe de Lévy, tient la plume. Le 24 novembre 1715, M. Charles Plante reprenait possession de son ancienne

cure jusqu’au 12 novembre 1718 (1).

M. Plante devint ensuite curé de Québec, chanoine du

Charles Hazeur Desormeaux, curé de Berthier, signe un acte, Il en signe un aussi le 28 octobre 1714, Le 13 novembre 1708, Yves le Riche, curé du cap Saint-Ignace, bénit un mariage. En février 1709, Jean Menage, missionnaire de Saint-Jean sur l'île d'Orléans, signe un acte. Le 20 juillet 1709, M. Hazeur Desormeaux tient encore la plume. Le 27 mars 1713, le P. récollet Pierre Lepoyvre, missionnaire des paroisses de Beaumont et de la Durantaye, se plaint que les habitants de ces paroisses refusent de porter les dîmes qu'ils doivent au presbytère de la paroisse de Beaumont, ce qui est contre l'usage qui se pratique en ce pays. L'intendant Begon ordonne que les habitants porteront leur dîime au presbytère de Beaumont, lieu de résidence du missionnaire, sous peine d'amende, (Æd4, et Ord, vol.

IT, p. 434).

(1) Le 20 juin 1717, M. Jean-Baptiste Armand, ordonné le 22 mai, tient la plume,

chapitre et vicaire-général du diocèse. Il mourut à l'Hôtel- Dieu de Québec en 1744, à l'âge de 64 ans et fut inhumé

dans la cathédrale,

M. Plante conserva de son ancienne paroisse de Beaumont un excellent souvenir. Le 6 novembre 1710 il fondait une messe basse à perpétuité qui devait être dite chaque année le jour de la fête de la présentation de Notre-Dame, le 21 novembre, dans une chapelle de la Vierge qui était alors dans Beaumont, à l'est de l'église, du côté de Saint- Michel. Cette messe était fondée à l'intention de la paroisse et particulièrement des filles. M, Plante conseillait au curé de faire ce jour là une exhortation à ses paroissiens. Si la chapelle venait à se détruire, la messe devait être dite dans l’église. Une somme de quarante livres fut

attribuée à cette fondation (1).

En 1729, M. Plante, sur les représentations qu'on lui fit

que le jour de la fête de la Présentation tombait dans la

mauvaise saison de l'automne, consentit à changer la date

qu'il fixa pour l'avenir au 24 septembre, jour de Notre-

Dame de la Merci.

C'est M. Joseph Chasle qui succéda à M. Plante le 6 novembre 1718. Ce prêtre devait garder la cure de Beaumont pendant trente-six ans. Je raconterai son histoire

plus tard.

(1) Greffe Dubreuil,

J'ai dit comment le premier seigneur de Beaumont, Charles Couillard, avait été enterré le 7 mai 1715, le même jour que le curé Mercier, mort victime de son zèle pendant une épidémie qui régnait alors dans la paroisse. Charles Couillard était Âgé de 72 ans à sa mort. Il était le fils de Guillaume Couillard et de Guillemette Hébert et appartenait aux deux plus anciennes familles de la colonie. Il avait épousé en premier mariage Marie Pacquier de Franclieu qui mourut à Québec en 1685 et fut enterrée dans l’église des récollets, En 1686, il contracta une deuxième union avec Louise Couture, fille de Guillaume Couture, premier colon de la pointe de Lévy, et devint ainsi l'oncle de Pierre-Bernard Roy, trisaïeul de mon père. Louise Couture mourut à Beaumont le 22 décembre 1751,à l’âge patriarchale de 86 ans. De Charles Couillard et de Louise Couture naquirent plusieurs enfants. Sept vivaient encore à la mort du seigneur. Le 10 avril 1713, Charles Couillard, sieur de Beaumont, fils aîné Cu seigneur, représentait aux autorités de la colonie que son père avait non seulement établi la seigneurie de Beaumont contenant une lieue et demie de front sur une lieue et demie de profondeur, et dont il était en possession depuis plus de quarante ans, mais qu'il s'était étendu dans la profondeur à une lieue et

demie au-delà de sa concession. Il croyait alors que cette

profondeur lui appartenait et il y avait fait beaucoup de

dépenses et concédé un grand nombre de terres. Il ne s'était aperçu de son erreur que depuis une couple d'années en examinant ses titres. Il demandait en conséquence qu'on lui donnât la propriété de ces terrains. Le gouverneur de Vaudreuil et l'intendant Bégon accordèrent cette requête et Charles Couillard de Beaumont, fils aîné, devint seigneur de tout l'arrière de Beaumont sur une lieue et demie de profondeur. Il y devait concéder des terres à simple titre de redevances de vingt sols et un chapon par chaque arpent de front sur quarante de profondeur avec

de plus six deniers de cens.

C'est ce fils aîné du seigneur Couillard qui en 1723 rendait foi et hommage au nom de ses co-héritiers pour la seigneurie de Beaumont L’aveu et dénombrement qui fut fait alors nous a été conservé. Il est intéressant à consulter parce que l’on y trouve les noms ds tous les censitaires de la seigneurie avec la quantité de terre qu'ils

possèdaient et les redevances qu'ils avaient à payer (1).

En partant de la seigneurie de la Durantaye en suivant

la rive du fleuve jusqu’à Vincennes on trouvait alors :

Michel Maillou, 2 arpents.

Labry, 3 se Pierre Garand, 3 w

Ignace Adam, A

(1) Voir aux archives du département des Terres de la province, le vol, 2 des Aveux et dénombrements, p. 52 verso. A la page 31 du même volume, le 16 février 1723, on trouve l'acte de foi et hommage, Charles Couillard, fils aîné, est propriétaire de la seigneurie pour moitié, Ses frères et sœurs : Joseph, 26 ans, Charles, 23 ans, Pierre, 18 ans, Marie, 23 ans, Louis, 21 ans, Marie-Anne, 20 ans, Marguerite, 17 ans, ont chacun un septième de l'autre moitié,

terr

ne Jassemin, 114 apents.

Les La veuve Labbé, 5 se ice La veuve Drapeau, 3 "+ SE Charles Lavallée, 3 “ Etienne Lavallée, fils 3 1, tte F “is k . Pierre Vincent, 3 se int RE Denis Nadeau, 3 ‘ et Joseph La Casse 4 “ S À Antoine La Casse, 2 Fe Jar Charles La Casse, 2 FA rec Veuve Alère, 3 F Jacques Fournier, 3 Le Pierre Feuilleteau, 3 L n- Jacques Turgeon, 6 se la Guillaume le Roy, père, 3 à qui Pierre Lallemand, père, 3 :

7. Charles Lecours, 3 se Guillaume le Roy, fils, 3 ‘6 nil Charles Turgeon, 3 ts 11S .

Zacharie Turgeon, 6 “ Mathurin Labrecque, 3 Fe Michel Lallemand “ nt allés 3 Joachim Lallemand, 3 LA Pierre Boissel, 3 “e Jean Nadeau, 3 1 Jean Nadeau, 3 M:

(Jean Nadeau devait laisser construire l'église paroissiale sur sa terre, et le curé avait le droit d'y prendre son bois de chauffage). ' Le Veuve et héritiers Joseph Riverin, 5 arpents, du : 4:

re, Joseph Nadeau, 5 ss ur Eustache Couture dit Bellerive, 3 #5 re, Le domaine, 4 ét A e- , Veuve Charles Lafrenaye, 3 6

Sur le domaine il y avait une maison pièce sur pièce de 40 pieds de longueur, une grange de 40 pieds, une étable de 30 pieds, clos de pieux, 50 arpents de terre labourable, 8 arpents de prairie.

Sur la terre de Guillaume le Roy, le père, notre ancêtre,

se trouvaient une maison, une grange, une étable, Au second rang on trouvait en gagnant de l’est à l’ouest :

Jacques Turgeon qui possédait un arrière fief de 20 arpents sur 40,

Guillaume Couture, 4 arpents.

Jean Couture, 3 ‘ Jean Labrecque, fils, 3 ‘4 Joseph Labrecque, son frère, 3 ‘6

Augustin Couture, Jean Nadeau, fils, Olivier Bellerive,

Hébert Couillard, Charles Couillard,

Pierre Couillard,

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Jean Bellerive, 3 e Jean Guay, 3 de Michel Lallemand 3 2 Jean-Baptiste Lallemand, 3 L Saint-Pierre, 4 si

Les propriétaires du troisième rang étaient :

Antoine Vallière, fils, héritiers veuve Guenet, Antoine Nadeau, Pierre Penin, Thomas Guenet, Denis Gontier, René Vallière, Jean- Baptiste Gontier, Paul Gontier, Louis ie Roy, Joseph d'Alère, Jean

le Roy, Jean Gosselin, Louis Turgeon, Jean Turgeon, Louis Béchard,

Jacques Mourjeaux, Charles Guenet,

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Au bout de la lieue et demie qui formait la profondeur de la seigneurie primitive de Beaumont se trouvait un fief appartenant à un nommé Comparant, mais aucune concession n'avait été faite encore dans cette région. Le seigneur s'y réservait un domaine de six arpents de front sur quarante arpents de profondeur.

Tels étaient les censitaires de Beaumont en 1723, mais cet aveu et dénombrement ne contenait pas les noms de tous les paroissiens. En effet, d’après le règlement des paroisses fait en 1721, Beaumont comprenait deux lieues, savoir : une lieue et demie de front, depuis le fief de la Durantaye, en remontant le long du fleuve, jusqu’au fief de Montapeine (ou Vincennes), et demi lieue ou environ du fief Montapeine, depuis le fief de Beaumont en remontant le long du fleuve jusqu'à l'habitation de Jean Boilard, icelle incluse (r).

Le 30 octobre 1728 eut lieu le partage de la seigneurie de Beaumont entre les héritiers de Charles Couillard.

Je conserve précieusement dans mes papiers une copie de cet acte de partage qui fut faite le 5 août 1774 par le greffier Boisseau.

J'en donne ici le texte :

Pardevant René Gachet nottaire de la seigneurie de Beaumont, et autres lieux, furent présents Charles Couillard, écuier, seigneur de Beaumont, dame Marie Françoise Couture, son épouse de lui bien et düment autorisée, pour l'effet des présentes, et le S, Joseph Hebert

de Beaumont, Charles Alexandre Morel écuier, seigneur de la

(1) Voir Reg. ord. int. 14 avril 1722, vol. 8, p. 32: Ordonnance portant rétablissement du chemin de la terre de la veuve Lafrenaye, de la paroisse de Beaumont.

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