‹ Nicolas Le Roy et ses descendants [microforme]Chapitre 56 sur 84 · PRESSE · texte numérisé non relu

PRESSE

En 1876, M. Chauveau fut élu membre, puis président de la Commission du Hâvre de Québec, et l'année suivante le gouvernement de cette province le nommait shérif de Montréal, lors de la mort de M, Leblanc, En 1878, l'Université Laval lui donnait la chaire de professeur en

droit romain 4 sa succursale de Montréal,

Pendant sa longue carrière si bien remplie, M. Chauveau a reçu de nombreux honneurs, Il fut docteur en droit et és lettres de l'Université-Laval, Les universités McGill et Bishop lui conférérent le même titre. Il a été président de la Société Royale du Canada, membre de l'Académie de Muses Santonnes, membre correspondant de l'Athénée Louisianais, commandeur de l'ordre de Pie IX, chevalier de l'ordre de Saint-Grégoire et officier de l'Instruction

Publique de France.

La réputation littéraire de M. Chauveau remonte aux premières années de sa jeunesse. Ses discours, surtout ceux qu'il prononça à l'inauguration du monument des braves de Sainte-Foye, et lors du dévoilement du monument élevé à l'historien Garneau, resteront comme des chefs d'œuvre d'éloquence. C'était bien là le véritable orateur académique, à la phrase châtiée, au débit harmonieux et correct. Et quelle dignité cet homme savait mettre dans ces solennelles circonstances ! M. Chauveau a beaucoup écrit. Onretrouve des études sorties de sa plume féconde dans tous les journaux littéraires du temps : l'Oprnion Publique, Va Revue ae Montréal, Va Revue européenne. J'ai

déjà parlé de son roman de Charles Guérin, M, Chau-

t de veau à encore fait plublier : Z'/nstruction publique au Cuante nada, 1870 ; Souventrs et légendes, 1877 ; François-Xavier l de . Garneau, sa vie, ses œuvres, 1883; lovage du prince de 878, Galles en Amérique, 1861. Que dire de ses nombreuses ren poésies si souvent citées dans toutes nos anthologies cana-

diennes ? Qui ne connait pas ces vers désormais fameux 2

eau it et Stadaconé dormir sur son fier promontoire ; Il et Ormes et pins, forêt silencieuse et noire, Protégeais son sorimeil, t de ’ Le roi Donnacona, dans son palais d'écorce, de Attendait, méditant sur sa gloire et sa force, énée Le retour du soleil, alier tion M. Chauveau avait épousé, le 22 septembre 1840, Marie- Louise-Flore Masse qui mourut le 24 mai 1875. De cette aux x x À : FR union naquirent huit enfants, six filles et deux garçons, rtout + £ : « !

Le fils aîné, Pierre Chauveau, employé pendant quelque des , \ k temps au département de l'instruction publique, demeure onu- , x : de it maintenant à Montréal où il occupe une charge au bureau chefs Lie à !

du shérif. [a publié un ouvrage remarqué sur Ozanam. ateur 1x et Le fils cadet, l'honorable Alexandre Chauveau, admis dans au barreau en 1869, a été député du comté de Rimouski coup | et a eu les portefeuilles de solliciteur-géntral et de secréonde taire de la province dans le ministère Joly. Il est mainte- TION nant magistrat de police à Québec, et de son mariage avec | J'ai l’une des filles du juge Tessier, de la Cour d'Appel, il a haus deux enfants,

ee

RE CE CN PR RE EE rs

Des six filles nées du mariage Chauveau-Masse, l’une mourut toute jeune ; une autre, Marie-Caroline-Olympe mourut de phtisie, le g octobre 1833, à l'âge de 11 ans et 8 mois ; une troisième, Henriette, mariée en octobre 1870, au lieutenant William Scott Glendonwin, de Parton, Ecosse, 69M€ régiment, mourut aux Bermudes, le 17 décembre de la même année. Flore, la fille aînée, mourut Île 24 mars 1871. Le 30 décembre 1875, Elise, qui était religieuse de la Congrégation de Notre-Dame, mourait à Montréal. Elle s'appelait en religion Sœur Sainte-Florine. La fille cadette, Honorine, a épousé le docteur Vallée, de Québec, un des plus savants professeurs de l’Université Laval à Québec. C'est elle qui habite la maison paternelle, dans la vieille capitale, à l'encoignure des rues Sainte- Anne et du Trésor. L'antique résidence de l’aïeul Joseph Roy ne pouvait avoir des hôtes plus charmants et plus

éclairés.

M. Chauveau a fait ériger dans la chapelle des Ursulines de Québec deux monuments à la mémoire de sa

femme et de trois de ses filles qui y sont enterrées.

L'un est l'œuvre de Marshal Wood et représente la Foi, l'Espérance et la Charité; l'autre, dû au ciseau de Van Looper, contient un bas relief de Carlo Dolec, où est représentée une Water Dolorosa avec la légende : Quis est homo

qui non fleret ?

L'honorable P.-J.-0. Chauveau a été l’une des figures les

plus caractéristiques du Canada français. Il a possédé le

‘une mpe et 8 370, [on, déit le

-eli-

génie de sa race et sa mémoire vivra tant qu'il y aura un

esprit délicat et patriotique dans la province de Québec.

M. Chauveau, qui aimait beaucoup la jeunesse, a encouragé mes premiers essais littéraires. Avec quelle délicatesse, il se plaisait à me rappeler que nous étions de même sang,

Lors de la publication de mon étude sur l'Ordre de

Malle en Amérique, 1 m'écrivait le 3 mars 1885 : “ Mon cher cousin,

J'ai reçu avec beaucoup de plaisir votre belle brochure. Elle fait honneur à la famille ou plutôt à la gens car nous sommes plutôt gentes. Dans tous les cas, votre brochure,

elle, est très gentille.

" Songez un peu que c'est moi qui ai donné l'alarme du feu du Château Saint-Louis, le 22 ou 24 janvier 1834. Je l'ai rappelé au général Doyle, qui alors était aide-de-camp de lord Aylmer, un jour que je dînais avec lui, à Spencer

Wood. Mon grand père Roy avait vu sortir de la boucane

par une écoufille de la couverture et m'avait envoyé avertir

l'officier de garde.

1 J'étais à faire un dessin au messofinto, alors à la mode que j'ai conservé y ayant inscrit l'événement en question.

Je ne sais ce qu'il est devenu. «

Une autre fois, il m'écrivait pour me dire combien il avait gardé bon souvenir de mon grand père, ce brave Fer-

réol, ainsi qu'il l'appelait,

N'est-ce pas que cette marque d'attention était charmante de la part d’un homme qui avait occupé dans son pays les plus hautes positions et qui s’adressait à un pauvre petit cousin de campagne, bien ignoré et pauvre diable ?

On peut citer de M. Chauveau mille traits de ce genre.

Page 1