‹ Nicolas Le Roy et ses descendants [microforme]Chapitre 55 sur 84 · ES · texte numérisé non relu

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tionner notre système d'instruction primaire. C'est à lui que nous devons la fondation de nos écoles normales et la création des journaux traitant spécialement de questions d'éducation. Il ne se contenta pas d'attirer à la rédaction de ces journaux tout ce que le Canada français comptait alors de lettrés, mais il y fit largement sa part. Soutenu par Sir George Cartier, M. Chauveau fit adopter par Île parlement des lois très sages qui réformèrent complètement nos méthodes d'enseignement et protégèrent la classe si intéressante des instituteurs qui jusque là n'avait jamais reçu aucune attention de la part des gouvernements. Ceux qui ont peur des innovations et des voies larges du progrès moderne ont beaucoup attaqué M. Chauveau à ce propos. Mais, aujourd'hui, où les temps sont bien changés, comment ne pas admirer et louanger l’homme qui, le premier, bravant les préjugés et la routine, mit courageusement la hache en bois pour essayer de construire un

nouvel édifice à la place de celui qui était tout vermoulu.

C'est pendant que M. Chauveau était surintendant de l'instruction publique que le Canada fut menacé d'une incursion par les Fémiens. Le fin et délicat lettré mit de côté la plume pour prendre l'épée. Les élèves des écoles normales furent organisés en bataillon et M. Chauveau

reçut le titre de lieutenant-colonel.

En 1866, le surintendant fut chargé d'une mission spé-

ciale en Europe. Il parcourut l'Irlande, l’Ecosse, l’'Angle-

terre, la France, la Belgique, l'Allemagne et l'Italie,

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étudiant les systèmes d'éducation de ces différents pays et

visitant les grandes universités.

De retour au Canada, dans l'été de 1807, M, Chauveau fut appelé bientôt après à former la première administration de la province de Québec et à remplacer M. Cauchon qui n'avait pu réussir à la tâche. On l'enlevait à ses livres et à ses études pour le replonger dans les tourmentes de la politique. M. Cauchon, un homme de grande habileté, avait succombé sous le fardeau, M. Chauveau, plus conciliant et plus tempéré, parvint à surmonter tous les obstacles. Il fut le premier ministre de sa province natale jusqu'en 1873, avec le portefeuille de ministre de l'instruction publique et de secrétaire. Ce fut l’âge d'or des hommes de lettres. M. Chauveau, voulant encourager tous les premiers talents qui promettaient de faire leur marque, distribua largement les emplois aux écrivains. C'est ainsi que MM. Lemay, Legendre, Montpetit, Joseph Lenoir, Joseph Marmette, Faucher de Saint-Maurice purent s'occuper d'écrire des livres sans avoir à craindre le es angusta

domi.

En janvier 1873, M. Chauveau résigna comme premier ministre pour accepter la position d'orateur du sénat du Canada. A l'avènement du gouvernement Mackenzie au pouvoir, il fut démis de sa charge et résigna son siège au sénat pour se présenter dans le comté de Charlevoix contre M. P.-A. Tremblay. I] fut défait au poil et rentra

dans la vie privée après trente années de service actif.

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