‹ Nicolas Le Roy et ses descendants [microforme]Chapitre 71 sur 84 · PAUVRES DE SAINT-GERVAIS · texte numérisé non relu

PAUVRES DE SAINT-GERVAIS

" Les mendiants qui prennent le nom de Pauvres de Saint-Gervais, devraient plutôt prendre le titre de Puresseux de Saint-Gervais. Ces mendiants sont robustes, capables de travailler, paresseux, etc., etc, Pour n'avoir pas la peine de travailler à la terre, ils se logent sur quelques emplacements. Ceux d'entre eux qui ont des terres les vendent et en prennent dans des endroits reculés : ils ont le soin de se mettre tous sur la même concession pour être ensemble, et s'éloigner de ceux qui vivent honnôtement de leur travail, et qui pourraient leur faire des reproches. Ils partent tous ensemble et vont mendier dans les campagnes et dans les villes, ils font des levées considérables de blé, de farine, dont ils font des dépôts

qu'ils vendent ; ils ont aussi de l'argent, Ils n'ont point

de billets de leur curé, ou ils lui en imposent pour en ob-

tenir ; ceux qui en obtiennent les prêtent ou les louent aux autres. Le pays est empesté de cette espèce de gens, qui arrachent les secours qui devraient être réservés aux vrais pauvres ; les habitants des campagnes ne peuvent abandonner leurs maisons, pour aller aux champs, de crainte qu'il ne vienne quelqu'un de ces paresseux, dont ils dou-

tent de l'honnêteté.

n Ces gueux en imposent sur les honnêtes gens ; ils les menacent de maux, de sorts, etc. Ils ont acquis par ce moyen un tel crédit chez les habitants qu'on les craint et qu'on n'ose leur refuser. Les paresseux des autres paroisses quêtent sous ce nom de Pauvres de Saint-Gervais, pour n'être point refusés. [ls n'osent point mendier dans leurs propres paroisses parce qu'ils y sont connus pour paresseux. [ls reviennent presque tous chez eux pendant le temps des récoltes, mais ce n’est point pour travailler ; c'est crainte qu’on ne leur demande à travailler. De retour chez eux, ils font des repas et des divertissements entre eux dans leur concession. Ils passent la journée À fumer à l'ombre avec de longues pipes pendant les récoltes. Si on leur demande à travailler, ils disent qu'ils gagnent plus à quêter. Ils ont donné une mauvaise réputation à leur paroisse, mais elle ne le mérite pas, car elle est, d’ailleurs, composée d'habitants honnêtes et industrieux, qui méprisent et désavouent la conduite de ces mêmes mendiants. Les terres y sont aussi fertiles qu'ailleurs, et il y a autant de moyens d'y gagner sa vie par le travail. Une

des mauvaises suites de la pratique de ces paresseux, c’est

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