I. Traictie, c. jg, p 56 = lat. CXXI
Oresme en effet reconnaît expressément que la communauté possède un droit propre de réglementation sur sa chose : communitati spectat de jure ordinare de monetis... sicut de ne suâ (i). Il paraît en conséquence, (on remarquera l'hésitation qui se laisse sentir dans cette formule), il paraît en conséquence qu'elle peut elle-même l'ordonner à sa volonté [videtur quod ipsa communitas possit de ea ad libitum ordinare) (2). La conclusion est forcée en effet, lorsqu'on a posé, comme Oresme a cru devoir le faire, le droit de propriété de la communauté comme absolu et sans restrictions. Mais Thésitation se comprend bien pourtant, car, malgré les précautions dont Oresme entoure aussitôt Texercice de cette faculté, — à laquelle unecommunauté bien sensée ne voudra point, di t-il, recourir, — malgré les explications un peu confuses dont il tente de voiler les difficultés d'application (3) il est bien certain que pratiquement il y a là un véritable danger. Car en fait, comme il Ta bien senti lui-même, c'est leprince qui, couramment, estchargéde lafrappe de la monnaie de la communauté ; et si Ton reconnaît à la communauté le pouvoir de déterminer ainsi arbitrairement les espèces, on n'aura fait en somme que déplacer le danger ; le prince pourra, comme mandataire de la communauté, pratiquer, au nom d'autrui, les mêmes opérations qu'on vient de lui défendre d'exécuter en son propre nom, et les inconvénients qu'on ^vait espéré proscrire, reparaîtront sous une autre forme {Et tune
I. Tract., c, aS, p. 129 = fr. LXIX (Ce passage manqm dans le ptrmier texte latin).
'i. Tract., c. 22, p. ia6 = fr. LXV {Dans toutes les leçons du tejr'e).
5. Tract., c. 24, p. 121 = fr. LXXII {Ce passage manque dans le premier texte latin).
reverterentur omnia inconvenientia prius dicta (i). Oresrne comme on voit, a senti le danger, s*il n'a pas su Técarler.
SECTION II