‹ Nicole OresmeChapitre 119 sur 321 · Tract., c. 21, p. 124= fr. LXIII. 5. Tract., Ibidem · texte numérisé non relu

Tract., c. 21, p. 124= fr. LXIII. 5. Tract., Ibidem

4. Tract., c. i5, p. ii5 = fr. XLVIl. Ce passage tfianque dans là premier texte latin.

260 LA CRITIQUE DE LA CONCEPtiON ^ÉODALE

L'effet est inévitable; sans doute il reste caché, peu sensible d'abord ; le peuple ne s'en aperçoit pas immédiatement, comme il ferait d'un autre impôt. Pourtant il n'est pas de taille, pas de gabelle, pas d'exaction si odieuse soit-elle, qui soit en définitive plus périlleuse et plus dommageable que les mutations (i). Le mal progresse lentement, mais sûrement ; il appauvrit méthodiquement le peuple, et il aboutit nécessairement à l'accaparement de tout le métal précieux par le prince. Accaparement particulièrement grave, particulièrement redoutable, dit Oresme, qui mène droit à l'asservissement d'une nation libre (2). Grave danger économique, et aussi grave danger politique (3), car de même qu'en un corps dont tout le sang afflue à la tète, devenue subitement pesante de cet engorgement malsain, cet afflux subit de toutes les richesses vers la tête de la nation, alourdit et engorge ce « vrai et royal membre » que le corps débilité ne saurait plus porter. « Si comme un corps duquel la teste est si grosse que le résidu dicelui est si faible quil ne la puet soutenir » (4).

1 . « Ita talis exactio, quanto minus percipiuir, tanto periculosius exercetur ; non enim ita cito gravamen ipsius sentiretur a populo, sicut per unam aliaiii collectam. Et tamen nulla fere tallia potest esse gravior, nulla generalior, nulla major... » (Tract., G. 20, p. 125 = fr. LIX).

2. « Et sic tandem princeps potest attrahere aibi totam pecuniara subditorum, et eos in servitutem redigere, quod esset tyrannisare, imo vera et perfecta tyrannis » (Tract., c. i5, p . 1 1 5 = fr . XLVJl. Ce passage manque dans le premier texte latin).

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