Traictie, c. 21, p. 62 = lat. CXXIV
évidemment les mutations. Pour nous, ces dissertations restées assez vagues n'offrent guère plus d'intérêt, et nous pouvons condenser assez brièvement son argumen* tation.
Les mutations de monnaie, au dire d'Oresme, sont moralement condamnables, comme scandaleuses, comme injustes, comme honteuses.
1° Les mutations sont scandaleuses, et elles le sont au plus haut degré. Elles donnent au peuple le spectacle chez le prince des plus bas sentiments, tantôt d'un sot orgueil (i). tantôt d'un amour cupide du gain. L'amour du gain malfaisant et déshonnéte, voilà en effet, Oresme le dit hardiment, le mobile qu'il faut uniquement à chercher à travers tous les prétextes dont les princes colorent leur mauvaise action '^2), voilà la raison de ces frappes multipliées sans raison, de ces altérations du poids, de ces avilissements du titre, de ces taxations arbitraires qui par soubresauts élèvent et abaissent artificiellement le cours du numéraire.
2^ Les mutations sont honteuses. Honteuses comme le mensonge et la fraude. Le prince a mis sur les espèces son image et son nom en signe même de leur vérité (3). Il ment donc à sa propre majesté, si le signe de vérité se tourne en signe de mensonge et de déception. C'est mensonge et c'est tromperie, de changer subrepticement le poids et le titre des espèces (4), mensonge d'appeler
1. Pour les mutations in figura, par exemple : (Tract., c. 9, p. 104 = fr. XXIX ; c. 19, p. 122 =: fr. LVIII).
a. a Yidetur mihi quod principalis et finalis causa propter quam sibi princeps vult assumere potestatem mutandi monetam, est lucrum sive emolumentum quod potest indehabere » (Tract», c. i5, p. ii4=fr. XLV).