Tract., c. 23, p. 129 ±z fr. LXIX
3. Tract., c. 24, p. i3i =fr. LXXIil. M. Ch.Benoist explique sur ce texte : c Mais la communauté ne peut transmettre un droit qu'elle n*apas, et se dessaisir de la monnaie, qui est la propriété sociale, la propriété sociale ayant ce caractère particulier qu*eHe se prolonge dans le temps et qu'une génération ne peut engager le patrimoine de celle qui la suivra 0 (La politique de Charles F, p. 94). Nous ne voyons pas qu'Oresme ait introduit ici l'idée de l'intérêt des générations futures ; et nous croyons très hasardé de définir précisément la monnaie, comme une propriété sociale sui-
La mutation enfin, ne doit être qu'une mesure transitoire. Sitôt la crise passée, dès que le métal aura reparu, dès que la circulation sera à nouveau suffisamment garnie, on devra revenir, sans tarder, à une monnaie droite de poids et de titre(i). Toute mutation qui se prolongerait trop longtemps en effet, toute mutation qui ne se justifierait plus par une véritable nécessité, qui tendrait à devenir pour la communauté une source régulière de bénéfices, serait plus dangereuse peut-être que celle qui était pratiquée par le prince. Le prince serait d'ailleurs inévitablement tenté de s'en attribuer le bénéfice ; et Ton verrait bientôt renaître, sous une forme nouvelle, tous les dangers que Ton avait voulu écarter (2).
Oresme, comme on voit, a multiplié les précautions contre les surprises du droit de muer, reconnu par lui à la communauté ; il eût été plus sage peut-être de ne pas rouvrir au régime monétaire domanial cette porte par où un des expédients les plus dangereux du système a pénétré dans la doctrine. Mais il eût fallu pour cela avoir une politique financière générale bien arrêtée, et c'est, comme nous le verrons mieux dans notre seconde partie, ce à quoi ni Oresme ni Charles V n'ont jamais pu atteindre.
vant Oresme. Oresme, nous le savons, a toujours évité de s'expliquer nettement sur ce «ju*il enlend par la communauté.
1. « Et si forsan communitas ipsa qualitercumque faceret talem mutationem, tune moneta citius quam potest reducenda est ad statum debitum et perraanentem, et cessare débet captio lucri super istam monetam » (Tr., c. aa, p. ia8 = fr. LXVII).