Albert., in libr. Polit., I, 7, lilt. f
3. « Haecenim... de facili poterant portari ad remotum locum, quia modicum de ipsis propler eoruni raritalem valebat multum de aliis rébus, sicut etiam nunc homines qui debent longum lier peragere, pro 8uis expensis loco denariorum aereorum, portant argenteos, vel aureos, propter prœdictam necessitatem commutationis ad loca remota. » (D. Thomas, in libr. Polit., I, lect. 7, litt. f.)
.] . D. Thomas, in libr. Ethic, V, lecl 9, litt. g.
<( non semper polesl equale » par « id est non semperest ejusdcm valoris » (i), ce sont là évidemment des explications utiles, qui éclairent la pensée d'Arislote ; mais on ne peut pas dire qu'il y ait apport personnel ; la glose n'ajoute rien à l'idée contenue au texte.
Quelquefois pourtant, il y a vraiment accroissement de ridée. Aristote par exemple, avait indiqué, assez clairement pour qu'on ne pût s'y méprendre, mais pourtant sommairement, le caractère conventionnel de la monnaie, l'origine artificielle de sa valeur, qui n'existe, comme il dit, que « ex suppositione ». Les commentateurs ont poussé à fond cette idée. Eustrate déjà développait : « Ex constilutione positioneque nostra sicut mensura accipitur, quia ex sanctione et nomo, id est lege nostra fuit introductus » (2). Mais il n'appliquait le caractère artificiel, comme le Maître, qu'à la fonction de mesure de la monnaie. Pour les commentateurs du xiii^ siècle, comme la fonction de mesure estle tout de la ' monnaie, cela revient à dire que la monnaie n'existe que par convention, qu'il n'y a rien en elle qui ne soit artificiels), qu'elle n'est véritablement, comme dit Albert, qu'un nomen, ainsi que l'indique son nom latin de numisma (4). C'est aller beaucoup plus loin certainement que n'avait voulu Ari&tote.
Par suite, car tout s'enchaîne ici, ils ont également accentué la prétendue inutilité foncière de la monnaie, au cas de renversement de la convention qui l'a créée.
i . Idem, ibideni.