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Politic, I, 5, I

2. Politic, I, 3, I 16. « Et numismate dives multoties indigebit necessario cibo, quamvis inconveniens taies esse divitias, quibus abundans famé périt; quemadmodum et Midam illum fabulose dicunt, propter insatiabilitalem desiderii, omnibus sibi exhibitis aureis » (Antiq, tr., I, lect. 7, litt. k.).

3. Polilic, I, 3, § 16. « In nobis est ipsum transmutare et facere inutile » {Antiq. ir., I, lecr. •:, litt. k.).

4. Polilic, I, 3, § 16. « *0:j oî7T«>ty ).;5po; stvat Joxst to vôut^/xa, xai si; vouo; ravràna^^t... » luAiiliq. transt. rend, en forçant un peu le

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ses naturelles^ et voilà pourquoi dans l'usage courant on ^ peut la confondre avec elles. Mais ce rapport du signe à la chose signifiée n'est en raison qu'un lien artificiel. Pure création de notre volonté, une convention Ta formé, une convention inverse peut Tanéantir. Et c'est bien à cette conclusion, si exorbitante paraisse.-t-elle, qu*Aristote est en définitive conduit (t).

Ainsi, après une analyse théorique des plus remarquables en somme, Aristote n'arrive pas à un autre résultat que la théorie féodale; avec une compréhension très nette de l'utilité sociale du numéraire et des droits de la communauté, il aboutit à quoi ? à la mon* naie nigne^k la théorie même du despotisme et à la jus-tification de l'arbitraire monétaire (3).

Faut-il s'en étonner autrement? Nous ne le croyons pas : en réalité, Aristote est arrivé à la seule solution où le menait nécessairement sa conception étroite du rôle de la monnaie, mesure et instrument seulement. Monnaie-mesure, monnaie-signe, ce sont là en réalité deux notions qui se tiennent, et qui s'enchaînent presque fatalement» Une fois entré dans cette voie, et quijlque pressentiment qu'il eût des dangers de la route, Arislote devait y aller jusqu'au bout.

sens : « alterum autem deliramentum esse videtur nomisma, et lex omnino, natura autem nihil » {Antiq. tr.^ l, lect. 7, litt. k.).

1. Politic, 1, 3, I 16. < Numisma est lex omnino, natura autem nihil, quoniara transpositis utentibus nullo dîgnum neque utile ad aliquid necessariorum {Aniiq. tr,^ 1, lect. 7, litt. k.).

2. « L*anliquité était incapable de concevoir un doute sur Tomnipotence de l'Etat. Elle devait donc être persuadée que toute monnaie peut circuler, pourvu qu'elle soit marquée du coin officiel. Les exemples de Sparte se contentant de ses lingots de fer, et les rondelles de cuir de la riche Carthage étaient du reste pour confirmer une semblable notion » (A. Souchon, Théories économiques de la Grèce antique, p. 108).

La conséquence extrême et pourtant strictement logique du système se présentait à propos des conditions à exiger de la matière monnayable. Cette matière doit-elle être par elle-même une chose utile, ayant une valeur propre? Ou bien la valeur légale peut»elle indifféremment être attachée à un objet quelconque, sans utilité intrinsèque"^

Âristote a hésité certainement. Dans le passage sou-* vent cité des Politiques^ il remarque que l'on a choisi pour monnaie une marchandise utile, par elle-même (t(ov ;)^pTri«Tt[jL(i>v a'jTO ov) (i), ce qui impliquerait pour la monnaie une valeur intrinsèque. Mais quelques lignes plus bas à peine^ l'argent n'est plus à ses yeux qu'une chose absolument vaine, il ne tire sa valeur que de la loi, et comm^ il le dit en termes exprès « un changement de convention parmi ceux qui en font usage peut le déprécier complètement, et le rendre impropre à satisfaire nos besoins ». *

Manifestement ces deux idées présentent une contradicti(xn (2) que la meilleure volonté ne peut nier. Mais, de ces deux passages, lequel nous donne la vraie pensée d'Arislote? On lui a généralement et généreusement attribué la paternité de ce que Ton a jugé dans Técole la plus

I. La lecture du texte est-elle bien sûre? De bons critiques en ont douté. Coraï avait corrigé en aùro oO, ce qui signifie tout le contraire ; mais le dernier éditeur, M. Susemihl, a rétabli. aut6 ov. Quoi qu'il soit, le vieux Iradacteur n'avait pas hésité; il traduit utilium per se ens, c.-à-d. qu'il s'engage franchement dans la contradiction.

a. M. Janet a relevé avec beaucoup de raison la contradiction des II 14 et 16. « On n'a pas jusqu'ici assez fait d'attention, ajoute-t-il, à cette erreur capitale de la Politique dans la théorie de la monnaie » (Cl. Janet, Le capital, la spéculation et la finance auXIX^s. Paris, 1892, in-8^, P- 7^j-

saine théorie; et on lui fait dire communément que la monnaie doit être a une chose ayant de la valeur ». Evidemment il paraît bien s*ètre exprimé ainsi aux Politiques. Pourtant malgré Femploi de termes qui semblent assez précis, nous ne pouvons nous empêcher de douter. Car nous avons aussi le texte des Ethiques. Là, la contradiction ne se retrouve plus ; mais c'est que justement Aristote s'y exprime plus nettement encore, s'il est possible, sur la valeur purement conventionnelle de la monnnaie : « La monnaie, dit-il, n'existe pas dans la nature, elle n'existe que par la loi (vojxco), et il dépend de nous de la changer et de la rendre inutile si nous voulons » (i). Ainsi, au fond, c'est toujours la même idée : la monnaie créée par la convention et n'existant que par la convention, et telle est bien la vraie [Censée d'Aristote. Seulement, il n'a pu nier qu'en fait la substance monétaire ne fût une chose ayant quelque utilité propre, avant d'avoir été choisie : et alors, sans chercher à concilier le fait avec sa doctrine trop absolue, il s'en est tiré par une contradiction (2). /

Telle était la doctrine monétaire d'Aristote ; et sans que ce soit ici le lieu de la juger en elle-même, il paratt bien, en ce qui nous occupe particulièrement, que les hommes du moyen âge ne pouvaient guère y trouver ce qu'ils cherchaient. Car d'abord elle est courte : elle laisse de côté des questions considérables, comme l'établissement du rapport de valeur des métaux, la question

1. Ethic, V, 5, I II. Le vieux traducteur a encore aggravé Taffiriuation d'Aristote. Aristote dit que la monnaie n'existe que par la loi, vôaw ; le traducteur n'a-til pas compris le mot? Il traduit en tout cas que la monnaie n'est qu'un mot, c non natura> sed nometi est » (Antiq. tr., V, lect. g, litt. c).

2 En ce sens, Souchon, 0/?. a^, p. 110.

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du billon ; elle ne touche pas un instant à la pratique, aux questions capitales alors du droit du prince, des mutations. Ce ne sont pas quelques mots assez obscurs aux Ethiques sur les variations de valeur du métal luimême qui pouvaient aider beaucoup à une construction du problème.

Une chose pourtant était nouvelle, et de grand intérêt : cette idée, directement opposée au droit domanial, que la monnaie est le produit d'une convention populaire. Car à la conception de la monnaie chose du prince elle substituait celle d'une monnaie chose, par son origine, de la communauté; à la monnaie imposée par l'autorité, la monnaie acceptée par le consentement de tous. Et cette modification était évidemment d'une portée considérable.

Mais sur d'autres points, elle pouvait bien apparaître plutôt comme un recul. Sur la nature et sur le rôle du numéraire, elle est à la fois insuffisante et flottante. Sa conception étroite de la monnaie-signe n'est pas véritablement de beaucoup supérieure à celle d'une monnaie chose domaniale. Et sur la question capitale des conditions de valeur du numéraire, elle est certainement inférieure, au point de vue de l'application pratique, à la moyenne des idées des canonisles et surtout des romanistes.

Telle quelle pourtant, avec Tautorité du grand nom qui la couvrait, et avec son apport de notions théoriques indéniable, la doctrine monétaire d'Aristote, dans la forme d'ailleurs que les traductions latines lui avaient donnée, était appelée à avoir une grande influence dans la littérature du moyen âge. Mais en réalité, comme nous avons dit déjà, le texte ne s'y présente pas seul ; il faut tenir compte essentiellement des travaux et des commentaires qui l'accompagnent continuellement.

lueB cOTnrpentajres ont apparu de fort bonne heure, presque ^ussjtôl, en somme, que les traductions eurent rendu rœuvrp abordable aux doctes de cette époque. Nous ftvons déjà eu Toccasion de dire avec quelle rapidité les idéps politiques d'Aristole s'étaient répandus, comment les livres de le Morale, plus tard ceux des Politiqiies, fuirent lus, exposés dans les pours publics, étudiés dans les écoles. Un assez grand nombre de ces premiefç travaux ont dû sans doute rester à l'état de leçons orales ou fqrent oubliés par la suite, mais à l'épor que d'Oresrpe, un certain nombre de commentaires s'ét^iept dégagé^ dM nombre, qui étaient couramment étudiéei dans l'Université et qui faisaient comme partie if^tégrante de l'oBuvre-

Sur la Morale, on avait le commentaire d'Pustrate(i), Q^ plutôt les fragments divers qui, soqç |e nqip 4e cet évêque grec du xii^ siècle, avaient été, en même ten)p§ que le tejj^te probablenienj.^ importés en Occident, e!» qui d^ns tout le moyen âge en sont inséparables. Puis, sur la Morale et I4 Politique, deux commentaires perpétuels d'Albert le Qrand et de saint Thomas, tous deux de la fin du xin* siècje (2) ; sur les Ethiques seulement, le commentaire deW. Burleigh, le célèbre docteur d'Oxford mort en ï3p7 (3). Ënfiq, un peu en dehors des commenr

1 . ' Eustratii et aiipiiim insignium peripatelicorum commentaria in libros X Ëthicorum (éd. Venetiis, Aldus, in-4°, i536). — Cf. sur l'ouvrage, Gabriel Naudé, Bibl. polit. y p. 38 ; Jourdain, dans Mém. Ac. ïnsc, XXVllI, i»"© p., p. 451.

2. Yen. D. Albert! Magni Ratisponiensis archipresulis in Ëthicen Aristot. .cooimentarii (éd. Venetiis, 1670, in-f°j. — D.Thora» Aquinatis Expositio in decem libros Ëthicorum ad Nicomadium ; Expositio in VIII libros Politicorum (dans l'éd. des Opéra, Romae, 1670, t. V). — Cf. Maurenbrecher, Thomas von Aquino's Stellung zum wirthschaftslêben seiner Zeit.Lelpzïgy i898(Bibi.Nat.,8® R.,3078).

3. Burlieus, Sup, libros Ëthicorum (ed Venetiis, 1621, in-|o^.

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taires directes, dans une forme plus libre, les divers auteurs qui traitaient du Régime des princes, le pseudu* Thomas, Gilles de Home, avaient développé dans un cadre plus souple la pensée aristotélicienne en y mêlant leurs réflexions personnelles (i;, Buridan enfin, comme nous avons vu, s'il est par ses Questions postérieur au Traité des monnaies, est un peu antérieur aux traductions des Ethiques et des Politiques (2). Le tout forme sur Tœuvre d'Aristote une littérature alors très connue des hommes de science.

La forme générale des premiers de ces travauif mérite de retenir un instant Tattention. Ce n'est point absolu'<' ment la glose^ telle que nous l'avons trouvée couram* ment pratiquée par les canonistes et les romanistes, telle qu'Oresme lui-même Ta adoptée dans ses traductions. Ce n'est point non plus le commentaire libre, tel qu'on Tentend d'ordinaire. C'est quelque chose de sa nature assez peu défini, qui tient à la fois de l'un et de Tautra, C'est une paraphrase, ou plutôt, d'un terme que saint Thomas a adopté, et qui nous semble rendre assez heureusement la chose, c'est une exposition : Expositio /)* Thomae in X libros Ethicorum, etc. Dans cette forme, ledexte et le commentaire sont fondus. Le disciple resta étroitement enchafné au texte ; sauf dans les passages assez courts intitulés digressio, c'est la pensée du m^t*

l . p. Thomae Aquinatfs,0/>ii«c. KX^,de regimineprincipum{dains Ûpêra^ XVII, 170), Le second livre du de regimine de saiot Thomas, où se troMVtt le passage sur h iponngie (lib* U, c. |5. 14) a'p^t assaréineot p^s de ce docteur ; les recherches les plus recettes tendent h l'attribuer à un disciple fort proche, Tholenoeo Fiadini de Lucques(Cossa, H, doctr. econ., p. io3; Contzen,G.rf. Volkwirthêekafts im M, A., p. So).

a. .I{gid. Romanus, De regimim principum (éd. August», 1498,

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tre qu'il développe uniquement, mais celte pensée ellemême est le plus souvent noyée dans les explications verbeuses dont Vexpositeur Ta entourée. Gabriel Naudé, qui est peu tendre pour cette forme de commentaire, dit de ces auteurs qu'ils ont n'ont pas expliqué, mais sali Aristote : « Ethicorum libros explicaverunt, vel potius inquinaverunt ».

Les passages d'Aristole sur la monnaie, qui seuls ici nous occupent, paraissent avoir diflFéremment intéressé ces premiers interprètes. Les traducteurs — ceci est à noter immédiatement — avaient été visiblement frappés par les développements monétaires du Maître: on le voit au soin avec lequel ils ont, quand il s'est agi de répartir Tœuvre en chapitres, réservé des rubriques spéciales pour les deux passages assez courts des Ethiques tl des Politiques où il aborde la question. Après eux, les commentaires ont suivi, chacun d'ailleurs marqué du génie particulier de son auteur.

Les commentaires d'Albert sont longs et diffus. Si le contenu d'une doctrine se mesurait à la longueur des développements, la doctrine d'Albert sur la monnaie serait fort riche : aux Ethiques, aux Politiques, ses explications atteignent presque le double du petit Traité d'Oresme. Mais toute cette phraséologie est creuse ; Textrême facilité de style de Pauteur, qui délaie en pleines pages in-P* quelques lignes des Ethiques, cache mal l'indigence extrême du fond. Ce sont de longues pages d'explications qui n'expliquent rien, d'une rédaction lâche, fastidieusement abondante, pleine de répétitions. En onze colonnes in-P sur le chapitre VII des Politiques nous n'avons pas pu trouver une idée neuve.

Le commentaire, l'exposition plutôt, de saint Thomas apparaît immédiatement plus serré, au moins dans la forme. L'auteur ne se perd point en ces longues explica-

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lions qui n'expliquaient rien ; il suit de très près le texte, et s'il le commente, c'est d'un mot bref, d'une remarque nerveuse, qui dit ce qu'il faut dire, et rien de plus. Mais cette forme même est, on le conçoit, peu propre à l'élaboration d'idées nouvelles. Aux Ethiques, par exemple, saint Thomas n'a rien ajouté à Aristote : sa part personnelle, d'une désolante sécheresse, se résume en quelques mots explicatifs, en quelques renvois brefs, w^ supra, sicut dictum est, en des termes de liaison, de division, avec ça et là quelques explications plus précises, uniformément introduites par la formule id est (i). Aux Politiques, le commentaire a pris un peu plus d'ampleur, et dans une forme malheureusement trop brève, saint Thomas a introduit certainement, comme nous verrons, quelques notions nouvelles dans la doctrine.

Le commentaire deBurleighesl d'une forme bien particulière, scolastique jusqu'à l'excès. Commentant les Ethiques, il a découpé en tranches les textes d'Aristote, il en a numéroté les parties comme les propositions d'un syllogisme, il les a divisés et subdivisés en y*, 2*, 3^ particula. Méthode évidemment profondément fausse, mais qui n'empêche pas l'auteur d'avoir eu par moments des idées personnelles dignes d'être notées.

Une remarque générale qui s'impose, c'est que tous ces commentateurs se connaissent et se copient successivement sans, semble-t-il, la moindre pudeur. Les derniers venus, comme Burleigh, ont profité de tout le travail accumulé : on trouve chez Burleigh des passages de saint Thomas textuellement reproduits. Ils ont travaillé d'ailleurs sur les mêmes textes, mais la lecture

I . c Superhabundanliatu et detfectum, id est in quantum una res superexcedit aliam{Eiïï'ic,y, lect. 7, litt.a). — « Secundura compositionem, id est sectindum çonventionem y> (Ethic. V, lect. 7, litt. b.). Bndrey 24

chez certains est bien supérieure. Saint Thomas à cet égard est fort au-dessus d'Albert : il ne traduit pas, comme lui, /10/7105 par « mesure en grec», il s'inquiète plus souvent de Texactitude de la traduction latine, il rectifie couramment des leçons fautives ou des explications invraisemblables d'Albert.

Les deux auteurs de traités sur le Régime des princes^ le pseudo-Thomas et Gilles de Rome, sont naturellement plus libres dans leur allure. Le premier surtout montre dans son ouvrage une assez grande largeur d*idées, qui séduit G. Naudé. De Buridan enfin, nous avons eu occasion précédemment de caractériser la méthode et la forme, dans ses Questions.

Chez les uns et les autres, simples commentateurs ou disciples plus libres, les idées monétaires d'Aristote ont passé avec des caractères communs. Soit disposition naturelle à ce genre d'études, soit plutôt parce que le problème monétaire se posait devant leurs yeux tous les jours avec une acuité croissante, il est visible que la théorie aristotélicienne les a intéressés particulièrement, et qu'ils 1 ont traitée avec plus de soin. Mais il est visible aussi qu'ils ont été très gênés par la forme de l'exposition.

Leur tâche pouvait être considérable. Nous avons vu ce qu'Aristote apportait. On pouvait, avec ces données, avec sa méthode surtout, tenter de construire quelque chose de fort intéressant, l'exemple d'Oresme est là pour le prouver. Les commentateurs ne Font point fait cependant. Leur travail a été uniquement, si l'on peut dire, une œuvre de soudure et de raccommodage. Ils ont cousu ensemble les fragments épars d'Aristole, ils ont rappro-' ché les notions dispersées aux Ethiques eismxPolitiqueSy ils ont essayé de dégager l'idée maîtresse d'Aristote, et de condenser en un système ses explications mal liées.

En ce sens, ils ont certainement fait œuvre utile, et leur eflFort ne fut pas vain.

Mais il s'est arrêté là ; s'ils ont assez bien compris la doctrine du Maître, ils ne l'ont point dépassée. Soit timidité, soit infécondité personnelle, ayant pris d'Aristote ses idées maîtresses, sur Torigine du numéraire, sur la nécessité de l'échange, sur le rôle de mesure de la monnaie, ils n'y ont en général rien ajouté, ils n'ont point tenté d'en déduire les conséquences pratiques. Ils ont, en un mot, recueilli la doctrine du Maître, ils ne l'ont pas continuée.

Leur apport^ le plus souvent, ne dépasse pas la simple explication verbale. Quand Albert par exemple brode sur le thème de l'échange primitif re arfr^m quelques développements faciles (i), quand il met en lumière plus particulièrement, parmi les raisons qui ont fait adopter le numéraire comme moyen d'échange, l'accroissement de la population, ou les avantages des métaux au point de vue portatif (2), quand saint Thomas, dans sesgloses courtes et incisives en id est, explique les expressions vraiment sibyllines du texte, le « peregrino déficiente auxilio » (3) le « vult manere magis », quand sur le mot « fidejussor », il développe en deux lignes l'idée restée trop serrée d'Aristote ^4)j quand il commente le

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