‹ Nicole OresmeChapitre 165 sur 321 · D. Thomas, in, îibr. Polit, ^ 1, 7, litt. g · texte numérisé non relu

D. Thomas, in, îibr. Polit, ^ 1, 7, litt. g

la monnaie-sîg-ne ; mais, avec la meilleure foi du monde, on pouvait trouver chez lui des arguments pour toutes les conceptions opposées :^monnaie-mesure des féodaux, monnaie-marchandise des modernes. Les commentateurs s'en sont parfaitement aperçus, et comme l'incertitude de la doctrine du Maître leur laissait ici plus de liberté, ils se sont efforcés d'orienter la doctrine dans un sens unique, mais naturellement, chacun d'eux Ta fait dans le sens conforme à ses idées particulières.

Albert a cru qu'il pouvait ranimer par Aristote la conception mourante de la monnaie-mesure. Il tire — la chose n'est pas très difficile, — du texte d*Aristote toute une démonstration en faveur de la théorie de la monnaie-instrument. La fonction de mesure, affirme-t-il, est la fonction essentielle du numéraire, qui doit exclure toute autre fonction (i). La monnaie est mesure, et n'est que mesure ; elle est Tinstrument mis par l'autorité publique à la disposition des particuliers, pour qu'ils s'en servent à mesurer les valeurs, comme les poids ou les mesures de capacité. Sur les Ethiques^ il développe à grandes lignes ce dernier rapprochement, qu'il veut mener jusqu'à l'identification complète : « Numisma enim non a natura auri vel argenti, vel alterius metalli dicitur, sed a nomos greco quod est mensura per numerum... Mensura autem posita est a nobis, sicut ulna ponitur esse mesura panni, et cadus olei, et modus tritici, cum tamen nihil horum aliquid eorum sit, quœ mensurahtur per ipsum )> {2). En réalité, c'est toute la

1. « Est mensura valoris omnium . . . inventa est ut sit mensura valoris rerum ad vivere pertinenlium. . . utilis mensura rerum commutabilium. . . mensura valoris commutandorum » (D. Thomas, in libr. Polit,, 1, 7, litt. b. c. f. e.).

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