Les Politiques, I, 1, f i
5. « Par aventure, la lettre est corrompue, et y doibt "avoir reginarum » (Les Politiques, V, 10, f® LXXVll).
dit (i). Avec les commentateurs, il en prend tout à fait son aise ; il malmène souvent et assez cavalièrement le commentaire d'Albert (2) ; il dit cruement de ï « autre expositeur » — c'est saint Thomas comme nous savoas, — que « celte exposicion na sens » ou que « telle chose n'est point à dire, senséement ». C'est dire, que, en procédant du maître, sa doctrine doit savoir rester originale. C'est ce que nous voudrions maintenant montrer.
La part d'emprunt certainement est grande.
Oresme ne s'en est point caché. Sa doctrine, il nous le dit expressément, est une contruction « selon philosophie et principalement selon les raisons d'Aristote » (3), elle n'est que l'exposition « sans assertion ne affirmation » de ce qu'ont pensé avant lui « les sages et prudens hommes, les plus grans et plus expers de lui en ceste science » (4). Incontestablement donc il a profité sans hésitation de tout le travail accumulé avant lui ; partout où il a pu, il a pris de toutes mains, non seulement à Aristote, mais aux commentateurs d'Aristote, à ceux des anciens qu'il a pu connaître, à Pline l'Ancien, à Cassiodore, à Isidore, il n'a pas ignoré peut-être certains déve-
i . (c Aucuns textes ont modicam terram^ mais il doit y avoir non modicam » (Les Polit., V, 25, i^ CCIV).
2. 11 rencontre par ex. au texte le mot sacrum hélium, c Albert dit que cest a dire forte guerre, et que sacrum est fort. Mais je ne trouve point cette signification es auteurs de grammaire. Mais par aventure que ceste guerre fust appelée saincte et sacrée, parce que Iheritage pourquoy la dissension fust mue appartenoit aux temples des dieux t (Les Politiq., V, 6, (^ CLXXIl, r^).