Ordonn. 16 janvier 1361 (III
464 ROLE POLITIQUE d'oRESME
convient d'apporter quelque modification au système primitif parce que l'expérience a appris qu'on avait donné « trop grant et excessif pris » aux espèces d'argent (i), et que pour cela le rapport choisi « ne pouvait avoir son plein efTect, et longuement tenir en sa vertu ».
Toutes ces considérations, toutes ces préoccupations de détail, indiquent bien une réforme voulue et dirigée d'après des principes doctrinaux, une réforme persévéramment poursuivie comme l'application de notions théoriques, auxquelles on s'efforce à chaque instant de ramener la pratique. Et cette doctrine directrice, c'est celle d'Oresme, celle du Traictie. Quand les principes mêmes de la politique monétaire nouvelle (monnaie droite, monnaie stable, affirmation des droits de la communauté (2), et souci du « poure peuple », condamnation du principe domanial et des prétendus droits du prince « qui ne doit pas être tyran de son peuple, mais bon bergier ») quand tous ces rapprochements ne nous le proclameraient pas déjà, tout le détail intime et tous les incidents delà politique monétaire de vingt-cinq années vont maintenant nous le démontrer jusqu'à l'évidence.