Cf. infràj Appendice tableau H
!è. Bulaeus, Itisloriéê Unire7\nMtis parisiensis^ t. IV, p. 977 ; Cf Denifle, ChartuL Uuiv, Pa7\. II, 646, n. 3 ; abbé Féi-et, La f acuité iie êheoêogiêy 111, 296.
Après Poitiers, en effet, l'Université, dont les prétentions politiques avaient toujours été grandes aux époques troublées, qui se souvenait certainement d'avoir donné une sorte de consultation politique à ravènementde Philippe le Long, par exemple, prit immédiatement dans le mouvement général un rôle considérable, dont Timportancea été il y a quelques années, mise particulièrement en lumière (i). Elle allait apporter dans Texamen des questions politiques à la fois ses méthodes syllogistiques de raisonnement, et aussi, il faut le dire, Tamour des discussions brillantes et stériles qui caractérisaient son enseignement. Elle avait pourtant aussi sur quelques points de la science politique et financière des idées qui lui étaient propres ; et par Oresme, par Buridan, nous savons que sur la question monétaire elle avait, sous les " auspices d'Ârislote, conçu un plan particulier de réformation, dont le Traité, pour nous, doit être considéré comme la fidèle expression, et dont un premier essai. Tannée précédente, n'avait échoué que par la mauvaise volonté du gouvernement royal.
L'occasion s'offrait de reprendre cette tentative. Les Etats de Langue d'Oïl, convoqués par le dauphin, s'étaient réunis à nouveauté 17 octobre (2). Ils avaient, reprenant plus hardiment encore les pï*étentions des Etats de Tannée précédente, élu quatre-vingt d'entre eux,
1. Jourdain, U Université de Paris au temps d'Etienne Marcel (dans Revue des Questions historiques, XXIV, 556). Sur la façon dont les contemporains appréciaient cette intrusion de TUniversîlé dans la politique, v. Le Religieux de Saint-DeniSy I. XXXIV,
2. Delachenal, Journal des Elat^ géné)^aux réunis à Paris en octobre 1356 (dans Nouvelle Revue historique du droit, 1900, p. i32, et dans Isambert, IV, 771).
sorte de commission pour préparer le travail (i), et ils avaient projeté de former auprès du dauphin un « grant et secret conseil » qui devait intervenir dans toute l'administration du royaume. Portant la main sur tous les abus, ils avaient dénoncé avec une vigueur particulière les dernières opérations monétaires du roi Jean (2) ; ils avaient résolu de s'occuper immédiatement d'y porter remède, et avaient arrêté la frappe des dernières espèces, émises en violation des promesses faites aux Etals de i355.
Toutefois la question monétaire se présentait, après Poitiers, sous un jour nouveau. Devait-on, en présence des événements, maintenir le principe posé Tannée précédente, rétablir la forte et durable monnaie, en cherchant une taxe de remplacement dans une « ayde moult grande et moult profitable, qui se ferait de volonté du peuple et du consentement commun, selon Dieu et la conscience» — ou bien, « vu les très grants nécessites et besoins qui estoient de présent », — et « pour avoir les plus très grans et bonnes finances dont il estoit plus
1. Journal des Étals, A. 40. — Un rôle contenant Tacle d'accusation contre Robert Le Coq, conservé à la Bibl. Nat., contient in fine une liste incomplèle de 54 personnes, qui paraissent avoir précisément appartenu à cette commission d'octobre i356. Nous n'y trouvons point le nom d'Oresme ; parmi les députés des bonnes villes figure cependant c pour Rouen el toute Normandie », un certain t Grimer, maistre en théologie », qu'il serait probablement intéressant de pouvoir identifier (Ms. Lat. gioS, n° 39).