‹ Nicole OresmeChapitre 219 sur 321 · Traictie, c. 7, p. XXIV = iat. CIL · texte numérisé non relu

Traictie, c. 7, p. XXIV = iat. CIL

vait d'en (ailler 63 pièces au marc de fin, de façon à leur donner à chacune la valeur ronde d'une livre. Le marc monnayé se trouvait ainsi valoir 63 livres. Or, à cette date, on donnait aux monnaies, du marc d'or fin à 24 carats, 60 livres seulement (i); la différence ressortait donc, à 3 livres par marc, soit environ i/3o. C'était à peu près ce qu'admettait Oresme (2), c'était ce que saint Louis avait prélevé lui-même. Les frais d'affinage de For étaient, comme on sait, fort élevés alors, avec l'imperfection des procédés monétaires, et cette différence de 3 livres, qui peut sembler aujourd'hui forte, ne devait pas en réalité dépasser de beaucoup les frais loyaux de la fabrication.

Quant au royal d'or, que le même mandement de décembre avait conservé dans la circulation, et dont la taille était de 69 au marc, il eût dû valoir, suivant le même calcul, environ 18 s. 4 d. (3). Il fut abaissé pour-

1. Ordonn, 26 fémier 1300-1 301 (lll 459). Le Ms. Fr. 4553 dit de même : « Du 12*^ jour de janvier i36o jusques au 17e jour de aoust i563.... donnoit on du marc d'or fin 60 Ib. t. » (de Saulcy, op. cit.^ p. 40* H ^^^ étrange que le texte de la troisième Ordonnance du 5 décembre i36o dise : « Et sera donné à tous changeurs et marchans, de chascun marc d*or fin 63 d'iceulx francs, etc. )> (Ord. III, 442)* H y a là vraisemblablement une erreur de copie : il faut lire 60, ainsi que le porte d'ailleurs l'ordonnance subséquente du 26 février [Ord, III, ^5g)'

2. C'était tout de même un peu plus. Oresme présente comme normal dans la version française, un monnayage de c six sols, ou autre tel gratieulx taux » par marc d'or (Traictie, c. 24, p. LXXIX). Le texte latin ne s'explique pas sur le prix du monnayage de l'or.

3. Ord. du 5 décembre 1300 (Ord IlI, 439). H n'est pas sans intérêt de remarquer que le cours de 16 s. 8 d. t. = i3 s. 4 d. par. est celui même qui avait été promis aux Etats de i355, et qu'on devait établir dès que la guerre serait terminée. Cf. swprà^ p. 477> texte et note i.

tant à i6 s. 8 d.. On voulait par là évidemment le faire rentrer aux monnaies. L'hôtel des monnaies en donnait 60 livres au marc, ce qui en établissait la valeur à peu près à 17 s. 4 d. 1/2 ; on avait intérêt par conséquent à renvoyer à la fonte. Aussi disparut-il rapidement ; il existait encore au 16 janvier (i), mais dès le 10 avril il n'en est plus question.

Pour l'argent, la fixation du cours paraît avoir été plus difficile, et les ordonnances témoignent d'une certaine hésitation. Au 5 décembre, on avait frappé d'abord sur le pied 24® ." on taillait au marc (allayé à 4 d. 12 gr.) 4 sous 6 deniers, soit 54blancs à la fleur de lis, valant 10 deniers chacun, ce qui mettait en somme le marc de fin monnayé juste à 6 livres. Or, à la même date, on ne le payait aux hôtels que 5 1. 8 s. (2). La différence était donc de 12 sous par marc de fin, soit, pour les blancs qui étaient allayés à 4 d. 12 gr., de 4 sous 6 d. par marc monnayé. Pour les petits parisis et petits tournois, la différence était un peu moindre, puisque, si on ne donnait du marc, allayé à 2 d. et au-dessous, que 4 1» 18 s. aux hôtels, la différence de I 1. 2 s. par marc de fin ne ressortait pas pourtant à plus de 3 s. 8 d. pour marc allayé traité (.3). Et comme les

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