Ord, 2 août 1309 (Ord. V, 2i
conduit selon les principes du Traité. Le gouvernement royal ne l'avait en efiFet effectuée qu^ contraint, pressé par une de ces nécessités économiques dont Oresme avait luimême reconnu l'urgence; il l'avait retardée autant qu'il Pavait pu, ainsi qu'Oresme l'avait conseillé, ne voulant pas qu'on fît une mutation « de Icgier »,si la nécessité n'est pas suffisamment évidente, « se peu ou guêpes estoil mue en pris » (i). Lorsqu'enfin il avait dû s'y résoudre, il l'avait conduite avec une prudence et une modération visibles; il n'avait, conformément aux principes doctrinaux du Traité, touché ni au titre, ni à la valeur légale des espèces, ni au rapport établi entre elles ou avec la monnaie de compte. La mutation avait été franche, loyale, « apercevante »; elle avait été réglée dans la mesure même où la nécessité le commandait; et dans le système remis sur le pied nouveau, le roi n'avait cherché aucun bénéfice nouveau.
Les 64 livres qu'il tirait du marc d'or monnayé laissaient en effet seulement, en avril i365, un excédent de I livre 10 sous au marc pour la fabrication ; c'était le moins qu'on pouvait prendre, si Ton tenait — la prudence le conseillait, et l'expérience toute récente — à laisser quelque latitude pour le mouvement ascensionnel prévu du métal. Sur l'argent, la frappe d'avril i365 laissait, pour les deniers à 4 d- de loy alors frappés, i5 sous au marc de fin, 5 sous seulement par marc de métal traité. C'était un peu plus qu'en i36o, un peu plus que n'autorisait d'abord le Traité. Ce n'était point excessif, si l'on né voulait être obligé de remanier bientôt à nouveau le système, dans le cas où, comme toiit semblait le faire supposer, la hausse du métal continuerait.
La mutation d'avril i365 avait été une opération comme