‹ Nicole OresmeChapitre 229 sur 321 · Traictie, c. i3, p · texte numérisé non relu

Traictie, c. i3, p

XLin = lat. CXIIl.

XXXV = lat. cvin.

XLl = lat. CXII.

Bridrey

verail point les pareilles jusqu'à Jhérusalem » comme le roi avait dit avec fierté : les pièces d'or à 24 karats, les gros deniers à 12 d. de loy. Malgré les difficultés de la situation, malgré la hausse du prix des métaux, on garda donc, invariablement, en avril i365, les hauts titres établis lors de la réformation ; les deux premières pièces du système continuèrent à être de métal pur.

La mutation que Ton se décida d'adopter fut donc la mutation la plus franche et la plus loyal,e, celle même qu'Oresme préconisait, en cas de nécessité, comme|la seule honnête (i), celle que déjà il avait fait adopter aux Etats de iSSy, la mutation de la taille des pièces (mutatio in pondère) j qui est honnête parce qu'au moins elle ne se dissimule pas et n^e trompe personne. Elle se fit, à la fin d'avril i365, par deux mandements, précédés de longues et intéressantes considérations économiques, qui modifièrent, le premier la taille de la monnaie d'or, le second le poids des espèces d'argent.

La création du denier d'or â la fleur de lys, par le mandement du 20 avril i365 (2), ne fut en effet, en réalité, qu'une mutation in pondère des espèces d'or, telle que la définit Oresme. La nouvelle pièce avait le même titre et le même cours légal que l'ancien fraac d'or créé en décembre ; seule la taille était augmentée. On en frappait 64 au marc au lieu de 63. Comme en même temps on arrê-

1 . Traiclie, c. 12, p. XXXVIl = lat. CIX ; c. 22, p. LXVIl = lat. GXXVn.

2. Mandi'ment du 20 avril i305 <Ord. IV, 544). Cf. le mandeinenl n° 2i() de M. Delisle. — Le Ms. Fr. 4533 dit pour cette date : « Du .V jour de may Tan i565 au 3o« d'aoust i368, fîst len deniers d'or lin appelez deniers d'or aux fleurs de lys, qui eurent cours pour -îo s. l pièce, et lurent de 64 de poix au marc de Paris, et donnoit len du marc d'or fin 62 Ib. 10 s. tz. » (de Saulcy, op, cit,y I, p. 42).

RÉFOEAIE MONÉTAIBE DE CHARLES V 547

tait Je monnayage des francsd'or (i), la réforme se ramenait à la substitution d*une pièce nouvelle, d^un poids légèrement inférieur (mutatio in pondère).

Pour les espèces d'argent, la mutation fut opérée par une ordonnance postérieure de deux jours, et en date du 22 avril (2). La différence devait être plus grande, car le mal était ici plus grave encore que pour Tor, et on était arrivé à Textrême limite, où le monnayage se faisait à perte. Le pied 21^. que l'on avait adopté en avril i36i, ne donnait au marc de fin que 84 gros à I s. 3 d.. soit )o5 sous seulement du marc monnayé; et depuis le commencement de 1365 le prix du marc de métal dépassait certainement ce prix. On résolut donc de revenir au pied primitivement adopté en décembre, et de frapper sur le pied 24*^. On émit immédiatement sur ce pied les monnaies inférieures, blancs, tournois et parisis, dont la taille donna respectivement 96, 192 et 24o pièces au marc. Pour le gros denier, il semble qu'on ait bésité encore quelque temps, et qu'on se soit contenté seulement d'abord d'en arrêter la frappe (3). Peut-être espérait*on encore une atténuation de la crise. Mais la crise se prolongea, et en 1369 au plus tard, le remaniement complet était opéré : on frappait, sur le pied nouveaUy des gros deniers « dans la forme des blans deniers que &Mi notre chier seigneur et père », en taillant 96 au marc, au lieu de 84 (4)> c'est-à-dire sur le pied 21*.

Telle fut la mutation unique d'avril i365, si intéressante à notre point de vue. Tout dans cette opération est

1. « Et ne laissez plus ouvrer ne monnoyer, en les francs d'or et les autres monnoyes d'argent » (Ord. 15 mai 1305, IV, S^o).

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