‹ Nicole OresmeChapitre 24 sur 321 · Signalé par : Endemann, Studien, p · texte numérisé non relu

Signalé par : Endemann, Studien, p

4. Signalé par : Fabricius, Bibl. lot. med. œvi, 369 ; Cave, Script, eccles, hist. litt,, II, 2, 68, note f. Réimpression probablement du n® 12, également introuvable à Paris.

5. Edition la plus répandue et communément citée. Oudin, Commentar, mi ; Super. BeUarm.y6i3 ; Nat. Alexander, Hist.

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17. Friedrich'Christoph-Jonathan Fischer, — (Titre incertain), dans : Geschichtedes^deutseben Handels.... Hanover, rySB-iygy (ii« partie, p. 583) (i).

18. Wolouoski. — « Traictie de la première Invention des monnaies, de Nicole Oresme, textes français et latin, d'après les Mss. de la Bibliothèque Impériale...,

' publiés et annotés par M. L. Wolowski. Paris, Guillaumin, i864 », 4^

19. Cunnïngham. — « Incipit tractatus de ori^ne, natura, jure et mutacionibus monetarum, compositus per magistrum Nicolaum Oresme, sacrœ theologiœ professore », dans : The growth of eng^lish industry and commerce during the early and rtiiddle âges. Cambridge, 1890, 8* (au tome I•^ Appendice E, p. 556).

Ce nombre assez considérable de manuscrits et d'éditions ne doit pas faire illusion ; les leçons véritablement distinctes restent fort peu nombreuses.

Les éditions imprimées d'abord (nous commençons par elles, puisque c'est par elles que nous est apparue d'abord la divergence des textes) les éditions imprimées, toutes nombreuses qu'elles soient, se réduisent rapidement. Un grand nombre ne sont en réalité que des réimpressions dont quelques remaniements ou quelques variantes orthographiques ne dissimulent pas l'origine commune. Telles sont d'abord, toutes les éditions successives de la Bibliothèque des Pères : il apparaît évident, à la collation, que si les éditeurs ont quelquefois

eccl.j XV, 294 ; Darling, Cychp, Bibliogr.^ col. 2239; Wolowski, Traictie. Introd. p. xcix.

1 . Signalé dans JaJirbUcher filr Nationalœkonomie und Statistik, 1804, p. 124 ; Wolowski, Traictie^ p. 49- La Bibl. Nat. ne possède que 5 volumes dépareillés de la deuxième partie, cotés : Inventaire V, 3^ 257.

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retouché ou rajeuni le texte de la première édition, ils n'ont point recouru à de nouveaux manuscrits. Telles sont aussi les éditions qui portent les noms de Vœgelin, de Jacobus Genathius, de Marquard Freher ; tout ce groupe ne doit être compté réellement que pour une seule édition, malgré les différences de date et de lieu ; c'est en effet, reporté dans des recueils factices différents, le même texte, avec les mêmes caractères, la même mise en pages, la même pagination ; le titre et la feuille de garde seuls ont été changés.

Toutes réductions faites, il ne reste en réalité parmi les éditions anciennes que trois leçons distinctes :

I® Le texte des éditions de Gerson, en 26 chapitres. Il donne une table des rubriques, un prologue précédant la table, et le titre attribue le Traité à maître Guillaume Oresme. Ce texte n'a été suivi par aucune des éditions postérieures.

Toutes celles-ci en effet donnent la leçon en 28 chapitres seulement, mais avec des différences, car :

2° L'édition de Voegelin, avec les textes qui la suivent, Jac. Genathius, Marquard Freher, Jo. a Fuchte, et probablement aussi David de Hgigelstein et Fischer, présentent en tête du Traité, entre le prologue et le premier chapitre, une table des rubriques, où se comptent 26 chapitres. Elle offre, d'autre part, en plus d'un certain nombre de variantes de détail dans le texte, au chapitre Vil une variante très remarquable dont nous reparlerons tout à l'heure, et au chapitre XII l'addition d'un long passage de Cassiodore, qui dans le texte en 26 chapitres se trouve reporté dans un des chapitres ajoutés, le chapitre XVI.

3" Enfin, les éditions restantes, celles de Th. Kees et les éditions successives de la Bibliothèque des Pères, diffèrent de la précédente par l'absence complète du pas-

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sage de Cassiodore, par une orthographe généralement plus archaïque, par la table, qui est rejetée à la fin, ou même manque complètement, tandis qu^elles se rapprochent les unes des autres par une même leçon de la variante du chapitre VII, et par une singulière hésitation dans le numérotage des chapitres, qu'avait déjà relevée M. Wolowski (i).

L'étude directe des manuscrits ne nous donne point immédiatement l'explication de ces leçons divergentes. Les manuscrits, bien qu'assez nombreux, diffèrent fort peu entre eux, infiniment moins que les éditions imprimées. Toutous donnent le texte en 36 chapitres, avec prologue et table des rubriques parfaitement concordants ; et dans le texte même on ne peut relever que des variantes orthographiques insignifiantes. Il est visible qu'ils dérivent les uns elles autres d'un même texte ; ils ne peuvent nous renseigner, en tout cas, sur la raison initiale du texte en 23 chapitres des anciennes éditions. Pourtant leur étude attentive, et la comparaison avec les éditions du groupe Vœgelin, conduit à certaines conclusions, qui ne sont pas à dédaigner :

Aucun de ces manuscrits d'abord, n est disposé de telle sorte qu'il rende admissible la méprise supposée d'un scribe ou d'un premier éditeur. Dans aucun d'entre eux il ne manque de pages : dans aucun, nous nous en sommes assurés, les passages prétendus mutilés des chapitres XV-XVIII, et XXII XXIII, ne se trouvent en bas du folio, ni en fin de ligne, ni enfin disposés de façon telle qu'une erreur soit facilement compréhensible.

D'autre part — et ceci est immédiatement intéressant — tous nos manuscrits diffèrent du texte de Vœgelin et des autres éditiops anciennes, par d'autres endroits que

t, Traictie éd. Wolowski. Introduction p. xlix, n. 3. Bridrey 3

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par les deux grandes lacunes en question. Nous avons relevé principalement :

!• Une variante très remarquable^ dont nous parlions tout à l'heure, au chapitre VII, à propos de la quotité du «eigneuriage auquel le prince peut légitimement prétendre (i). Le texte en a3 chapitres veut quece seigneuriage, qui est évalué à 2 sous par marc d'argent, soit compté en dehors^ et ajouté au prix du marc, ce qui met en définitive les dépens aux frais de la communauté; le texte en a6 chapitres au contraire, tel que nous le trouvons dans les manuscrits, suppose que cette dépense sera comptée en dedans, c'est-à-dire qu'elle sera retenue "Isur le prix donné aux changeurs pour le métal non monnayé apporté aux monnaies ;

2^ Uabsence, au chapitre XII^ d'une citation assez longue de Gassiodore, qui se trouve dans Vœgelin et ses dérivés, et que les manuscrits ont tous reportée unifor^ mément au chapitre XVI, c'est-à-dire dans un des passages mêmes qui ne sont point dans le texte en 28 chapitres (2).

1. TractatuSj éd. Vœgelin, c. 7. « Verbi gralia, si ex marca argODti fieri posaint LXll «oiidi. et pro labore et necessariis ad Qionetandum eam requirantur duo solidi, erunt pro rnonetatione LXIV ». Les Mss. mettent au contraire uniformément • Verbi gratia si ex marca argenti fieri possint LXII solidi, et pro labore et necessariis ad monetandum eam requirantur duo solidi, tum marca argenti valebit LX solidos, et aiii duo erunt pro monetatione )» (éd. Wolowslçi, c. 7, p. 102). Le M», de Bourgogne 9899 offre ici une leçon inacceptable : Si ex marcha argenti possit fieri sex solidi (fo 206).

2. Tractatus, éd. Vœgelin, c. 12, pp. 12-1 3. Le passage est disposé entre crochets dans l'édition de Wolowski, c. XII, p. 1 10. et est reproduit au texte au chapitre XVI, p. 590. Il manque absolument, fait digne d'être noté, dans l'édition de Th. Kees, c. Xïl (non paginé).

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Ces divergences, appuyées d'assez nombreuses autres variantes (i) moins importantes sur lesquelles nous ne pouvons insister ici, sont, croyons-nous, démonstratives. Elles prouvent que deux au moins des leçons latines, celle en 26 chapitres des manuscrits, et celle en 23 chapitres de Vœgelin, sont en réalité irréductibles; que nous sommes bien en présence de deux formes primitives du Traité^ qui ont dû être autrefois représentées Tune et Tautre par un nombre assez considérable de manuscrits, même celle en 28 chapitres, qu'aucun manuscrit actuel ne donne, puisque les éditions anciennes de Kees, de Vœgelin et ses succédanés, de Jo. a Fuchte et de la Bibliothèque des Pères, qui ne procèdent point les unes des autres, reproduisent cependant toutes des textes ainsi disposés en 23 chapitres seulement.

Les deux leçons diffèrent extérieurement comme nous avons dit, en outre des deux grandes additions des chapitres XV-XVIII et XXII-XXIII, par des déplacements et par des remaniements du texte assez importants. Mais si Ton veut considérer les choses d'un peu plus près, ce n'est pas en la forme, c'est au fond que la différence s'accuse. Avec les deux additions pi:écitées, avec les

I. Cf. TraciQtu4f éd. Vœgelin, c. XXI,. p, 22 et éd. Woiowski, c. XXIV, p. i5o (sur le droit monétaire de l'empereur et du pape). Une remarque, que M. Woiowski eut pu faire en relevant les variantes de l'éd. Vœgelin, c'est que les renvois, assez nombreux, qui se rencontrent dans le texte à des numéros de chapitre du Traité, correspondent toujours à la numérotation en 25 chapitres, et ne correspondent point au texte en 26 chapitres. S'il y avait eu seulement erreur de copiste ou d'impression, comme le suppose M. Woiowski, évidemment les renvois seraient faits suivant la numérotation du texte complet en 26 chapitres. Par exemple on lit, éd. Vœgelin, c. XIX, ut dictum est supra capXV^ tandis que le texte de Woiowski correspondant, c. XXI porte : ut dictum est supra cap. X VIII, etc.

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quelques autres remaniemenls indiqués, il est incontestestable que la doctrine monétaire apparaît tout autre dans le texte en 23 chapitres qu'elle ne se dégage de la version courante. Dans ce texte, comme nous aurons plus à loisir l'occasion de le développer dans les chapitres qui vont suivre, la conception doctrinale est franche et d'un seul jet, aussi ferme sur le principe que rigoureuse pour l'application ; la prohibition en particulier des mutations de monnaies est absolue, le droit de la communauté est une simple affirmation théorique, posée seulement pour faire obstacle au droit du prince. Dans le texte en 26 chapitres, au contraire, avec l'addition du chapitre XXIII nouveau, la doctrine apparaît beaucoup plus hésitante, avec des tempéraments d'application qui ne se raccordent pas très bien ; il y a — et cela, quelques critiques l'avaient déjà observé, sans en pouvoir rendre la raison, — il y a entre la théorie et la pratique admise des contradictions inquiétantes. Comment se fait-il qu'après avoir posé dans les premiers chapitres (ch. VI, ch. VIII), le principe de l'immutabilité monétaire comme absolu, Oresme en arrive, dans le chapitre XXII précisément, à permettre, à conseiller même, et pratiquement à régler dans tous ses détails, une mutation d'espèces (i) ? Comment se fait-il qu'après avoir posé le droit de la communauté comme intangible (2), après avoir affirmé que jamais une communauté bien sensée ne pourrait abandonner ce droit ni consentir à muer ses monnaies, Oresme arrive, au nouveau chapitre XXIII toujours, à enseigner que dans certains cas, si le péril est urgent, si la communauté ne se peut facilement assembler, ou si ses députés ne peuvent parvenir à s'entendre, le prince peut se passer de son consentement exprès, et

* 1. Tract, y éd. Wolowski, c. XXII, pp. 126-127. 2. Tract. f éd Wolowski, c. VI, p. 100.

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ordonner « par provision » une mutalion (i)? Comment enfin, d'une manière générale, l'ouvrage qui s'annonçait, dans les premières pages, comme une protestation violente, d'allure presque séditieuse, contre les conseillers financiers du roi et contre l'administration royale en général (2), admet-il, tout à coup, et précisément dans les chapitres en question, des tempéraments imprévus, en vient-il à s'inquiéter de la façon la plus inattendue des moyens de sauvegarder les droits de la couronne et la « splendeur nécessaire » de la majesté royale? Il y a là évidemment, dès qu^on étudie d'un peu près le Traité^ des difficultés considérables, qu'on ne sait comment expliquer si l'on a vraiment affaire à une œuvre d'un seul jet.

A notre avis, toutes ces difficultés — divergences du texte et surtout contradictions de la doctrine — ne peuvent en effet se lever que par une seule explication : il faut admettre nécessairement que nous sommes en présence d'un ouvrage remanié, que nous avons du Traité deux rédactions de date différente, correspondant à deux moments différents de la pensée, et pourquoi ne pas le dire, de la carrière politique d'Oresme.

L'hypothèse évidemment peut sembler assez hardie, et elle heurte de face l'opinion traditionnelle, qui veut que le Traité^ dans sa forme actuelle, ait été composé directement pour le roi Charles V. Mais, outre que cette dernière opinion, comme nous le montrerons tout à l'heure, ne peut pas, par la date manifestement apparente du 7ra/7e, raisonnablement se soutenir, des arguments très pressants peuvent être invoqués à l'appui de celte idée, que nous venons d'avancer, d'une composition fragmen^ taire et successive.

1. Tract. ^ éd. Wolowski. c. XXIII, p. 129. 2v Tract., éd. Wolowski, c. XXI, p. i25.

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Qu'il y ait eu composition fraçmentaire et successive du Traité, c'est, si l'on avait bien voulu prendre la peine d'y regarder, ce qui ressort du texte lui-même. Le « translateur » du Traité français — nous verrons tout à rheure quel il peut être — dans les plus anciens manuscrits, ceux qui sont datés expressément du xiv® siècle, ce « translateur» qui, vivant tout près de Tépoque d'Oresme, devait être bien renseigné certainement, nous le dit en termes formels dans sa rubrique : « Cy commence ung petit Traicté... assemblé de plusieurs volumes^ et puis translaté de latin en françoys nagaires » (i). Assemblé de plusieurs volumes^ Fallusion est maniteste à la composition successive du Traité avant qu'il ait pris sa forme actuelle.

Dans cette forme même, si Ton y veut bien prendre garde, le défaut d'homogénéité primitif du Traiï^ apparaît aujourd'hui encore, aussi bien dans le titre, qui est double (2), que dans le corps de Touvrage même, dont Ife plan demeure singulièrement hésitant. Ne semble-t-il pas qu'au chapitre VII, une première partie, purement théorique, est finie? l'étude des mutations, du chapitre VIII au chapitre XXI, n'est-elle pas, à elle seule comme un petit traité à part, à peine relié au précédent, et qii'on en détacherait au besoin facilement? Les deux derniers chapitres enfin, sur les droits du prince et de la communauté et sur les dangers de la tyrannie, qui recommencent, sans raison apparente, dans une forme scolastique jusque-là soigneusement bannie du Traité^ une discussion visiblement close après le chapitre XXI, ne

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