Ordonnance du 16 août 1372 (V, 5o
les confins du comté de Flandre et des pays liégeois, le résultat avait été particulièrement désastreux. La concurrence des prix avait été assez forte pour attirer aux tiôtels de Bruges et de Liège tout le métal monnayable, et la monnaie du roi chômait. Il fallut une fois encore céder aux exigences des changeurs, pactiser avec eux et accorder pour les hôtels menacés une crue d'abord minime, mais qui alla toujours croissant (i). De i363 à 1879, on donna constamment aux monnaies de Tournay et de Saint-Quentin « affin qu'icelles ne chéent en chômage » un prix du marc plus élevé qu'aux autres monnaies, et la différence, toujours sensible, s'éleva parfois à plus de i 1. a s. par marc d'or, et 3 s. lo d. par marc d'argent (2).
Par là, on arrivait à retenir quelque argent aux hôtels royaux ; mais, par là aussi, Tunité du système était rompue^ le principe même de la réforme compromis. Il y avait dès lors deux prix du métal, et la pièce monnayée n'était plus partout la traduction exacte et invariable de la valeur métallique. Et cela montrait une fois de plus
1. (( Nous avons entendu et sommes* souffisamment informé que, pour ce que nostre monnaye de Tournay est en frontière, et sur les marches du pays de Flandre et de Haynault et d'ailleurs, esquels pays len donne plus grantpris en orque Nous ne faisons en nostreditte monnoye,icelie est en chômage et pourroit eslre au tems avenir 1res longuement. . . Si vous mandons que vous faciez donner de chascun marc d'or fin qui sera apporte a ladite monnoye de Tournay, 12 sols tournois de creûe, oullre le prix que Nous faisons donner à présent, et pour chascun marc d'argent blanc allaié à 4 d. de loy argent le Roy, 4 sols tournois, ou au dessoubz, secrètement et ouvertement, si comme bon vous semblera. Ainsi auront lesdits marchans par chascun marc d'or fin 6"^ 1 14 s t., et par chascun marc d'argent dessusdict 109 s. t. ou au-dessous » {Mandement du 19 fvriéer 1371y Ord. VI, 452).