Mandement du 5 décembre 1365 (Ord. IV
ne suffisent point. Les changeurs, dont on avait cru pouvoir se passer, ont leur revanche. Ils provoquent très probablement, par leurs manœuvres, la hausse continue etsurprenantedu métal depuis iSGojCtoblig-entyau grand danger de sa réforme, le roi à porter le prix de l'or à 63 1. lo s., celui de l'argent de 5 1. à 6 1. Ils dictent maintenant leurs conditions. Ils ne veulent apporter aux hôtels que du métal allayé à un certain litre, et force est bien de passer par leurs exigences. Les Spifame, après avoir fait descendre le gros denier au titre de ii d. 17, prétendent ne plus trouver de métal qu'à 11 d. 6, puisa II d. 3 1/4, et il faut pour eux diminuer la bonté des espèces, frapper, comme nous avons vu, les gros au titre abaissé de 11 d. 6, 11 d. 3 1/4. Encore le métal fourni par eux est-il souvent défectueux. En iSôq, le roi se plaint que l'or « qui a este et est apporté aux monnoies a este et est trouvé si dur et de tant de contrefaçons, que bonnement Ten n'a pas peu, ne peult len venir justement a ladite loy » (i)
C'était surtout aux provinces frontières que le mal se faisait sentir. Les hôtels des monnaies étrangers donnaient généralement du métal un prix plus élevé, et tout le billon passait la frontière. Le roi, qui aurait voulu « obvier à ce, pour le plus grand profit de tous», avait bien, pour retenir le métal, créé des hôtels dans les régions voisines de la frontière, à Saint-André près Avignon en 1367 (2), à la Rochelle en .1372, près des possessions anglaises (3) ; il avait réorganisé la Monnaie de Tournay en pays flamand. Là en effet, sur
1. Mandement du 29 novembre 1369 (Ord. V, 235). Cf. Vuitry, 11,325.