‹ Nicole OresmeChapitre 246 sur 321 · Traictie, c. aS, p. LXX = lat. GXXIX · texte numérisé non relu

Traictie, c. aS, p. LXX = lat. GXXIX

2. € Par manière de prest 1. (Tr. c. 24» p. LXXl, lat. CXXX).

^ Bridrey 37

loin ; ce sont des moyens extraordinaires, et non un système de gouvernement. L'emprunt lui-même ne fait que reculer la difficulté, puisque Oresme reconnaît qu'il faudra faire, « ça arrière », de ce prêt « pleiniere restitution » (i).

La vérité, c'est qu'une seule chose était alors possible. Pour remplacer les profits considérables des monnaies auxquels on voulait renoncer, il fallait établir un système véritable d'impôts réguliers. Celte idée n'était pas neuve, d'ailleurs ; bien des fois le roi Jean avait offert, nous le savons, de renoncer aux mutations, si on lui assurait par ailleurs une aide régulière, et c'était sur ce fondement même qu'était basée la tentative de réforme des Etats de i355. Il était devenu évidentque la royauté ne pouvait plus vivre, comme au temps de saint Louis, de ses ressources domaniales, qu'il fallait nécessairement, ayant évolué vers la forme d'un grand Etat centralisé, qu'elle fût dotée des ressources régulières et permanentes nécessaires pour assurer les nouveaux services publics dont elle avait pris la charge.

Seulement, si c'était bien là certainement l'idée féconde de l'avenir, si c'était même déjà la pensée de quelques hommes expérimentés, c'était aussi la conception la plus difficile, semble t-il, à faire accepter de la nation. L'idée de l'impôt, de l'impôt tel que nous l'entendons aujourd'hui, régulier et permanent, dû sans distinction par tous les citoyens, est peut-être celle à laquelle nos pères ont eu le plus de mal à s'accoutumer. Non seulement le sentiment populaire, mais beaucoup d'hommes instruits, même parmi les légistes, professent à cette époque à l'égard de l'impôt une horreur bien singulière. Tout impôt, d'où qu'il vienne, leur apparaît comme une

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