Ord. 20 avril 1370 (VI
3. F. Petrarcha, Lettere seiiUe, éd. Fracanetti, lih. X, lett. 2.
4. Jean de Venetle, Chroniques, dans Spicileg. Acheriani, t. XI,
Bridrey 38
A ces populations décimées, ruinées parles pertes matérielles et par les calamités économiques, par la disette et par le haut prix des choses, il fallait à la fin du règne accorder des remises d'impôts de 5 ans, de lo ans, de 20 ans môme, bien forcément, puisqu'il ny avait plus rien à prendre (i). Il fallait remettre les aides à des provinces entières comme l'Artois (2) ou le Ponthieu (3), exempter de la taille des villes considérables (4), accorder à d autres une partie de Taide de la rançon elle même, pour relever leurs murs et réparer les ruines de la guerre. Par là encore, les recettes se trouvaient entamées, les ressources dépensées d'avance. Et naturellement, dès qu'on se trouvait en présence de quelque besoin urgent, de quelque danger subit^ comme en li^Gg, on se trouvait réduit aux expédients, à l'emprunt forcé, aux essais de taxes nouvelles, comme cette moulure des blés de iSôg, qui faillit amener une révolte générale. Le roi lui-même, à la fin du règne, en 1878, reconnaît que « de moult longtemps on a mis petite provision et gouvernement » (5) dans l'administration du royaume. Pour maintenir un système unanimement condamné, il a été obligé, depuis iSôg, de ne pas réunir les Etats, d'empiéter chaque jour un peu sur les libertés publiques, c'està-dire d'agir comme ces princes tyrans qu'Oresme avait si énergiquement flétris.
Ainsi ce règne réparateur avait été terriblement lourd. La restauration de la France, en i38o, était plus apparente que réelle. Peut être un règne plus long eût-il définitive-