I. V: en
APPENDICE E
Fragments de la traduction des Politiques
{Ms, BibL Avranches, n* 233)
Le liape de politiques daHstorte
Le prologue du translateur du Hure de politiques
A très souverain et très excellent prince Charles par la grâce de Dieu Roy de France, Nicoile Oresme doien de vostre egplise de Rouen vostre humble chappelain, honneur, obédience et subiection.
Très redoubte seig'neur, selon ce que dit la saincte escripture. Cor régis in manu domini est, cest a dire le cueur du roy est en la main de nostre seigneur, il le enclinera ou il vouldra. Et doncques benoist soit dieu, car il a le vostre noble cueur encline a faire mettre en langaige François la science de politiques, de laquelle dit hug-ues de saint victor, € Politica est que reipublice euram sustinens, cunctarum saluti sue prudentie solertia justicie quoque libra et fortitudinis stabilitate ac temperantie pacientia medetur, ut ipsa dicat de semet : Per me reg'es régnant et legum conditores justa decernunt. Politique est celle qui soustient la cure de la chose publique, et qui par l'industrie de sa prudence et par la balance ou pois de sa iustice, et par la constance et fermeté de sa fortitude et la patience de son attrempance, donne médecine au salut de touz, en tant que elle puet dire de soy meismes : par moy les roys reignent, et ceulx qui font lesloiz discernent et déterminent par moy quelles choses sont iustes.»...
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Et doncques de toutes les scieQces mondaines cest la principal et la plus dig^ne et la plus prouffitable. Et est proprement appartenant aux princes, et pour ce elle est dicte a rchi te tonique, cest a dire princesse sur toutes. Et se aucuns ont bien gouverne sans ce que ilz eussent livres de politiques ; neantmoins il convient que iiz eussent escripz en leurs cueurs les principes coramandemens ou réglez de ceste science. Mais aussi comme en art de médecine et en autres, semblablement en art de gouverner princeys, doctrine ordonee et escripte fait granl ayde. Et sont par ce lesprincAîs faiz plus saiges. Et peut len dire deWe : A udiens sapiens sapientior erit. Le saige qui le orra sera par ce plus saige. Et pour ce plusieurs grecs et latins ont de ce composes escriptures appcllees Hures de policie ou de la chose publique, entre lesquels Aristote est le plus renommé, lequel selon ce que dit Eustrace escript et traicte des sciences pratiques et spéculatives, et semble que il ne fist ou composa onoques euvre de meilleur diligence que cest Hure, et puet assez apparoir tant par le procès et tiltres des chappitres et par la table des notables qui sont après, tout comme par un petit Hure de la vie Aristote. Duquel est dit comment, quant le grant roy Alexandre qui se gouvernoit par le consil de lui ala en sa ieunesse en Perse, Aristote en alant avec lui composa une histoire de lï^ et cinquante policies ; item comme il escrit après au roy Alexandre un Hure ap- . pelé liber de regno^ ouquel il lui onseignoit comment il deuoit reigner, et que par ce le roy fut moult araine a bien faire, en tant que le iour que il nauoit bien fait a aucun, il disoit ic nay pas auiourd*hui régné.
Et pour ce très excellent prince, que ainsi comme dit tulles en son Hure de achademiqucs, les choses pesantes et de grande auctorite sont délectables et agréables a gens en langaige de leur pais, ay-ie cest livre qui fut fait en grec, et après translate en latin, de vostre commandement de latin translate en françoys, expose diligemment et mis dobscuretc en clarté soubz votre correction au bien de tous et a lonoeur de dieu. Amen.
APPIUDICES
Lbgtio VII
Au X* cha. il détermine de pecuniative et monstre comme elle fut introduite «t trouvée *.
a) Est autem grenus aliud possessive, quam maxime vo* cant, et justum est ipsum vocari pecuniativam ;
propterquod nullus videtur esseterminusdivitiarumetpos* sessionis :
Quam ut unam et eamdem dictae mullî putant propter viciâitatem ;
est autem neque eadem dîctœ, neque lon/fe postea, est autem hoc quidem natura, hoc
I. Le texte latin reproduit ici est celui de VAntiqua translatio de Guillaume de Mœrbéka. Nous l'empruotons à l'édition des Opéra de Saint-Thomas, Romœ, i57ô, ih-f« (au tome IV, p. lo}.
T. — Une autre manière de possessive est, laquelle est justement appelle peccuniative..
Glo. — Cest industrie dacquerir et garder pecune. Et par pecune est a entendre monnaye. Car aucuns prennent cest mot pecune pour toutes possessions ou richesses, et ainsi prennent ils après pecuniative.
T. — Et pour ce il semble après que de richesses et de possession * ne soit • ne terme ne fin.
Glo. — Quant a les acquérir^ et de ce sera dit ou chapl* tre ensuivant,
T. — Car moult de g^ens cuident que telle pecuniative et la possessive devant dite.
Glo. — du chapitre précèdent.
T. — soient une mesme chose» pour ce que ilz sont proceines *, et selon vérité elle ne