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Meunier, Essai, p

2. C'est l'actuel Fonds ir. 25.i53, ancien Fonds Notre-Dame 172, ainsi que M. Wolowski nous en prévient lui-même dans son Avertissement {Traictie, p. 67). M. L. Delisle lui avait cependant signalé (Avant-propos, p. i) un autre manuscrit, sous le n° Fonds français 5gi3. Il est regrettable que M. Wolowski, dans la croyance erronée que les deux textes étaient conformes, n'ait pas cru devoir -collationner ce dernier manuscrit : la confusion que nous avons maintenant à dissiper ne se fût certainement pas produite.

3 f Traité des monnaies traduit du latin (de Nicole Oresme), en français (Golard Mansion), Bruges (vers 1477)» petit in-f* ». Le' liire est ainsi reslitué par M. Van Praët, Notice sur Colard Mansion, libraire et imprimeur à Bruges. ., Paris, 1829, 8®, n** 19, p. 64 Mais l'édition est anonyme et non datée. L'unique exemplaire connu, décrit par M. Van Praôt, acheté par lui en 1811 à la vente Haillet de Couronne, a été légué à la Bibl. Nationale, où il est conservé sous la cote E. 5 14. Les exemplaires ont dû en être toujours fort rares ; l'éditeur de la Bibl. de Fontette en ignorait même l'existence (Lelong, Bibl. française, no 33.924, UI, 296I. Cf. Brunet, Manuel, IV, 5o6 ; G. Brunet, La France littéraire au XV^ s., p. 1546; Graesse, Trésor, VII, 188.

4. La table des variantes de Tédition de Colard-Mansion a été dressée dans' l'édition de M. Wolowski, à la fin de l'introduction, < pp. LXix-LXii. Un certain nombre de variantes intéressantes paraissent avoir échappé à l'auteur de cette table.

A la Bibliothèque Nationale, d'abord, ce n'est pas un, mais quatre manuscrits du Traiclie^ que nous avons pu relever : -

I. Ms. Fonds Français 5.918. — ^ « Traittie de la première origine et nature du droit et mutacion des monnoyes )>. Commence (fol. 4) après le Prologue et la Table des chapitres, par : « Quant le très hault et souverain Dieu omnipotent divisoit lesfilz de Adam » et finit (fol. 49) par • "••• et moult préjudiciable, comme assez dessus est prouve. Conclusion du Translateur. Ces choses doncques icy dessus premises... ne se puet impugner ne contredire. Fin de ce présent traittie des monnoyes ». Miniature au fol. i : le volume se compose de 49 feuillets, plus quelques feuillets de garde blancs. Parchemin xv« s. (Ancien 10.377' > Colbert, 3.740) (i).

II. Ms. Fonds Français 23.926. — « Traite de la première invention des mônnoies, par Nicolas Oresme. Publié d'après ce Ms. par L. Wolow^ski (Paris i864, in-8^). On lit, à fintérieur de la couverture : Cl. Joly, en septembre i664; m'a été donné par M. Berthier, chanoine de Saint-Jean-de-Ghaumont-en-Bassigny. » — Dans la marge du fol. 6 sont peintes les armes de celui pour lequel le Ms. a été exécuté : d'azur à la cotice de gueules, accompagné de deux dragons d'or, dont la queue se termine en une seconde tête plus petite, lampassée de gueules, xvi** siècle. Papier, 47 feuillets. 280 sur 3oo millimètres. Rel. veau gaufré». (Ancien Notre-Dame 172) (2).

1. Notice du Catalogue des Mss, de F ancien fonds français, par H. Omont. Paris, 1902, 80.

2. Les notions suivantes sont empruntées au Catalogue général

LES TEXTES MONÉTAIRES d'oRESME 63

III. M$, Fonds Français 28.927. — « Traite de la première invention des monnaies, par Nicole Oresme. Miniature au fol. i et dans Tencadrement, armes de Trazegnies : bandé d'or et d'azur, de six pièces, à l'ombre d'un lion de sable brochant sur le tout, à la bordure engreslée de gueules. Anciens possesseurs : (( M. de Maignen » et « de Thou », ce dernier le vendit au cardinal de Richelieu au prix de ^ 100 escus » XV* s. Parchemin, 69 feuillets. 260 sur i85 millimètres. Reliure maroquin rouge, aux armes du cardinal de Richelieu (Saint-Victor 192). »

IV. Ms. Fonds Français 25.i53. — « Petit traictie de la première invention des monnoies et des causes et manières dicelles », par Nicolas Oresme. Ex libris : « Johannes Valens de GuUis ». « Achepté à Paris le niardy 20® jour de novembre 1682 ». Donné par Tabbé de Castres à Gaignières le 21 octobre 1709. Cf. le Ms. Fr. 23.926. XVI® siècle. Parchemin, 56 feuillets, 210 sur i4o millimètres. Rel. ancienne, veau gaufré » (Ane. Gaignières 1.028).

D'autre part, une indication assez vague du Catalogue de la Bibliothèque de TArsenal, nous a mis sur la voie d*un dernier manuscrit, qui est fort intéressant par les additions qu'il renferme^ et qui n'est pas, croyons-nous, connu.

V. Ms. Bibl. Arsenal 4.694 (464-465 H F). — a Recueil sur les monnoyes » — 3<* fol. 19. « Cy commence ung petit traicte delà première invention des monnoyes et des causes, manières et formes de la continuacion

des Ms8. français de la Bibliothèque nationale, par H. Omont. Paris/ 1895, sq., 80.

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dicelles (fol. 64) ». Papier 225 feuillets 290 X 200 millimètres. Ecriture du xv* siècle » (i).

(Le nom d*Oresme' n'apparaît pas, comme on voit, dans cette analyse. Le Traité mentionné est pourtant bien le Traité des monnaies^ dans une forme particulièrement intéressante ; il porte d'ailleurs le nom d'Oresme en toutes lettres à Texplicit).

La connaissance de ces nouveaux textes nous permet de reprendre avec plus de chances de succès le problème posé par M. Blancard.

Parmi les manuscrits de la Bibliothèque Nationale, nous n'avons pas à nous occuper des n®' 26. i53 et 29.926. Le Ms. Fr. 28.926, ancien N. D. 172, est celui même qui a servi à établir le texte de M. Wolowski, et le Fr. 23.i53, nous avons pu nous en assurer par la collation, est de son côté le prototype de l'édition ancienne de Colard Mansion, dont les vaViantes sont relevées dans cette même édition. Tous deux sont donc bien connus.

Mais les deux manuscrits restants offrent un intérêt tout particulier (2). Par l'écriture déjà, ils sont incontestablement antérieurs aux précédents ; M. Omont, comme on a vu, les date du commencement du xv« siècle, ce qui rendrait déjà difficilement acceptable Tépoque fixée pour la rédaction du Traictie par M. Blancard. Mais surtout, ils ne contiennent point, ni l'un ni l'autre, le fameux passage des postulats de Liège. Toute la longue

1. Notice du Catalogue des Mss, delà Bibliothèque de F Arsenal, par M. Funck-Brentano. Paris, 1892,8^.

2. Le texte du Ms. publié par M. Wolowski eût dû, senable-til, le mettre en garde. Le prologue annonce que cet ouvrage fut c assemblé de plusieurs volumes, et puis translaté de latin en françoys naguères » (Traictie ^ p. i). Un auteur ne parle pas ainsi évidemment d'une traduction qu'il commence.

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addition, de près d'une page et demie, qui suit le prologue latin, n'existe point dans le prenaier de ces Mss., et dans le second, elle est réduite à quelques lignes seulement. D'autre part, dans l'intérieur de l'ouvrage, la leçon^eprésentée par ces deux manuscrits est beaucoup plus voisine du texte latin, que celle édictée par M. Wolowski ; les additions, ou courtes, ou considérables, comme celle du chapitre VI in fine^ signalée par M. Wolowski, n'y figurent point ; lès écarts et même les erreurs de traduction si vivement relevés par M. Blancard, ne s'y retrouvent pas (i). La rédactièn française qu'ils donnent est une traduction correcte et littérale du texte latin, sans remaniements ni suppressions.

Cette rédaction peut être, et si l'on veut considérer l'écriture des manuscrits, doit être du xv« siècle; l'argumeQt tiré des postulats une fois tombé, rien ne peut p}us ^défendre de le croire. Mais est-elle d'Oresme lui-même ? Les Mss. Fr. ô.giS et Fr. 28.927, qui viennent de nous servir à écarter les objections de M. Blancard, semblent

I. Nous ne pouvons entrer ici dans le détail des divergences, qui serait sans intérêt. Notons seulement que ces deux Mss. , comme le texte latin, n'ont point de sommaire avant le prologue, que le prologue, très court, y est semblable à celui du texte latin, qu'ils n'ont point, après la table des rubriques, la petite introduction qui précède le chapitre I*"" ; qu'on n'y trouve point la longue 'addition insérée à la suite du chapitre VI sur l'obligation de rendre à César ce qui appartient à César ; qu'enfin les différentes variantes relevées par M. Wolowski (c, 4i P- '^5 ^« ^5» p. 4ï> c. 12, p. ^7^ etc.) et les lectures singulières ou mani- ■ festement fautives que M. Blancard avait critiquées (emiclopes, c. 21 pour enveloppées ; évasion, c. 20 pour exaction, etc.) ne s'y rencontrent point. Seule une édition critique pourrait évidemment faire ressortir ces divergences; le prologue, coUationné sur les divers manuscrits, que nous donnons en appendice de ce travail, permettra tout au moins de se faire une idée des remaniements du texte primitif.

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vouloir d'autre part soulever une nouvelle difficulté ; ils laissent à entendre en effet que l'ouvrage a été composé en pays flamand* Quand l'ortho^aphe très caractéristique et la forme dialectale de certains mots (franchois, chinq, etc.) ne nous aurait pas déjà prévenus, un« très courte addition qui est interpolée au chapitre XIX ne permet pas, semble-t-il, d'en douter. Le texte latin parlait à cet endroit des inconvénients qui naissent des mutations, ainsi qu'il a été vu depuis peu de temps au royaume de France (uti brevi tempore nuper transacto in regno visa sunt eoenire) ; la traduction française développe plus précisément : « Comme en brief temps nagaires passé a esté veu au royaume de France », mais elle ajoute, précisément dans nos deux manuscrits plus anciens : « et maintenant est de présent^ en ce pays de Flandres et les voisins » (i).

Cette addition très nette prouve-t-elle que Fauteur de" la traduction ait été flamand ? Un lecteur ou possesseur ancien du manuscrit Ta certainement cru, car sur la garde du Ms. Fr. 23.937, on a ajouté, d'une écriture qui doit être du xvii** siècle : « 11 paraît par le i4* chapitre (il faut lire évidemment 19») que l'auteur était flamand ».

L'objection nouvelle pourtant n'est pas encore décisive. Le Ms. Fr. 6.91 3, le prototype de nos manuscrits, car le Fr. 23.927 en dérive manifestement, n'est certainement paç lui-même une leçon originale. Il renferme des blancs, correspondant à des mots que sans doute le copiste n'a pu lire dans un autre exemplaire qu'il avait sous les yeux (a); il contient des erreurs grossières qui ne peu-

1. Ms. fr. SgiS ; c. 19, f^ XXX r<>, et Ms. fr. 23.927, c. 19, f» 23 ro.

2. Ainsi, au chap. XXV, le mol subjections que donne l'édition de WoloT^'ski, p. cxxx^ est resté en blanc dans le Ms. 5915. Même chapitre, le copiste a écrit les estudes des rois, pour tra-

vent venir que d'une mauvaise lecture d'un texte français déjà, et qu'un traducteur n'eût pas commises directement sur le latin. Il est probable dés lors que cette leçon flamingante n'est point primitive; et de fait, quand on prend le texte d'un peu près, s'il reste incontestable que nous avons là un remaniement à l'usage des provinces flamandes, il apparaît en même temps, que le premier texte (que celui-ci a dû suivre d'ailleurs de très près, l'orthographe caractéristique des mots étant mise à part) était l'œuvre d'un traducteur français écrivant dans le royaume même, d'un traducteur qui était contemporain de Charles V, qui écrivait à sa cour et qui lui dédiait directement son ouvrage ; et pour tout dire en un mot d'un traducteur qui ne peut avoir été que l'auteur même du traité latin, Nicole Oresme en personne.

Pour plus de netteté, nous demanderons qu'on veuille bien nous permettre de sérier cette argumentation un peu délicate.

I* II est incontestable, tout d'abord, que par-dessous les allusions flamandes (il n'y a en somme rien de bien caractéristique en ce sens que la courte addition du chapitre XIX) il y a dans tous les manuscrits, même dans les manuscrits venant de Flandre, des allusions -^ dues également au traducteur, puisqu'elles sont en addition au texte latin — , qui, elles, ne peuvent provenir que d'un premier traducteur français, écrivant en France. Ainsi au chapitre X, alors que le texte latin parle d'un impôt

duire status regdm, ce qui ne peut venir que d'une mauvaise lecture d'un texte français où il y avait les estais des rois. Au chap. XXI in fine, il a transcrit enfin l'exclamation : Et Ce nous a esté de présent assez cruels Dieu y 'pourvoie ! en la leçon incompréhensible : « Et ce nous a esté assez à l'œil, etc. Manifestement, nous avons affaire à une copie, et une mauvaise copie d'un texte français^ et non pas à une traduction directe du latin .

6H ' LES TEXTES MONÉTAIRES b'oRESME

sur le sel, le translateur développe Tidée en ces termes : « Si comme aucuns disent en France de la gabelle du sel (i) M, au chapitre VI, au chapitre XXIV, dans plu^ sieurs autres endroits encore, le traducteur parle expressément du <( royaume » alors que le texte latin disait : respublica^ principatus (2) ; au chapitre V il ajoute au texte que « le roi doit deffendre qu'aucun vassal en sa terre ne face forger monnoye semblable en figure et de moindre valleur » (3), allusion bien nette à un principe connu de la législation monétaire des Capétiens. Toutes ces additions, cet emploi de termes précis relatifs au ' royaume, que le scribe du Ms. Fr. ô.giS a laissé subsister dans son exemplaire, ne peuvent être le fait d'un écrivain flamand, écrivant dans le comté ; elles doivent avoir préexisté dans la copie qu'il avait sous les yeux ; elles viennent d'un premier traducteur» qui lui écrivait dans le royaume de France.

2® La date même et le lieu où écrivait ce premier traducteur sont très nettement précisés, par une addition du texte français, qui est au chapitre XXVI de tous les manuscrits. La version latine vient de dire en ce chapitre que les mutations sont un mal considérable dans le royaume, qu'elles ont pour cause ordinairement, dans des circonstances troublées, les conseils d'hommes corrompus, qui s'efforcent « d'incliner le prince » à leurs fraudes et à leurs procédés tyranniques; le traducteur, dans le français, ajoute ici cette petite

i. Ms. Fr. SqiS, c. 10, P 18 == Traicliey éd. Wol., c. 10, p. 32,

2. Ms. Fr. 5913, c. 6, f^i nz Traictie, éd. \yol., c. 6, p. 22.

3. Ms. Fr. 5913, c. 5, r» 10 v<^ = Traictie, éd. Wol., p. 19.

LES TEXTES MONÉTAIRES d'ORESME 69

incidente « comme puis peu de temps en ça avons assez veu, pardeffauUe dechief » (i).

Celte addition, est, disons-nous, on ne peut plus décisive. La « deffaulte de chief » qui laisse le prince aux mains des flatteurs et des mauvais conseillers, c'est, sans ambig'uïlé possible, la captivité du roi Jean, qui a laissé le jeune dauphin en butte aux pii'es influences des mauvais conseillers de la régence, comme aussi les troubles auxquels Fauteur fait allusion dans tout le chapitre, ces troubles qui ont laissé le royaume « désemparé et disposé à perdition » et qui lui arrachent plus haut, à la fin du chapitre XXI Texclamation douloureuse : « Et ce nous a été de présent assez cruel. Dieu y pourvoie », (2) ce sont indubitablement la révolte de Marcel, le soulèvement des Jacques, toute la suite de misères qui a fondu de iSSy à i36o sur le royaume de France. Nous ne comprenons même pas comment ces deux passages si caractéristiques ont pu échapper à M. Blancard, dont ils ruineraient une fois de plus, s'il le fallait, le système. Car est-ce sous Charles VII, aux environs de i453, qu'on peut parler de « deffaulte de chief », des maux de toute sorte qui ont été « de présent assez cruels » ? Les deux mentions datent incontestablement la traduction du Traité, et la datent sans ambiguïté desplus mauvaises années de la régence du dauphin.

30 Enfin, disons-nous, la version française porte en soi la preuve directe et indéniable qu'elle est l'œuvre de Fauteur lui-même, et qu'elle a été offerte à Charles V. Nous ne voudrions point insister à cet égard sur les

1. Ms. Fr. 5913, c. 26, fo 48 vo = Traiaie, éd. Wol., c. 26, p. 75 (Cf. texte latin, ibid,^ p. i38).

2. Ms. Fr. 5913, c. 21, in fine, f» 34 r°. (Cf. Tractattis, éd. Wol., c. 21, p. 126).

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arguments de langue^ qui sont toujours d'un ordre extrêmement délicat et souvent bien trompeurs ; nous ne pouvons oublier pourtant que M. Meunier^ assez bon juge en cette matière, puisqu'il a dressé un lexique de la langue d'Oresme (i), retrouvait dans le Traité non pas seulement des similitudes de style qu'il jugeait décisives, mais surtout le vocabulaire d'Oresme, vocabulaire très caractéristique, puisque Tauteur avait dû en créer lui-même les mots pour ses traductions d'Aristote. Mais à notre égard, la preuve véritable n'est pas là : elle est dans les termes mêmes du Prologue du translateur, tel qu'il est écrit dans les manuscrits les plus anciens, c'est-à-dire sans l'addition finale et sans l'avant-propos qui précède les rubriques; elle est dans la Conclusion du translateur jT^diti^ cette dédicace dont les termes tout par ticuliersne peuvent convenir qu'à Oresme lui-même et au dauphin Charles. Cette appellation de « mon très chier et hpnnoré seigneur » (2) adressée au pritice, c'est déjà, comme M, Meunier l'avait remarqué, la formule courante dans laquelle la plupart des traductions entreprises pour le prince Charles lui sont dédiées dans les manuscrits* Mais la remarque tout particulièrement élogieuse du traducteur, que le prince se connaît aux choses politiques, qu'il est « expert en ces sciences )> •ne convient-elle pas, d'une façon presque exclusive, au docte et politique Charles V ? le ton enfin, de respectueuse familiarité, dans lequel est conçu toute la dédicace du translateur, n'est-il pas bien en harmonie avec ce que nous savons des rapports affectueux de mattre à disciple qui existait entre Oresme et le jeune dauphin, ne convient-il pas au grand-maître de Navarre s'adressant à un

i. Meunier, Essaie pp. 142 à ao5.

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