Traiclie, c.»ô, éd. Wol., p. ao =. lat, p
a. Le principe du droit du prince est posé avec la plus grande netteté, avant d'être réfuté, par Oresme au chap. VI, Cujuê sit numisma, éd. Wol., p. 100 ■=■ fr. p. ao.
5. Constitution de Frédéric l»', insérée aux Libri Feudorum, 1. II, t. LVI. Quœ sint reqaliœ . Cf. la dissertation de Muratori, De moneta sive jure cudendi monetas (dans « Antiquitates italica^ medii œvi », dissertatio 37, t. II, col. 547).
108 CONCEPTION FÉOUALK DK LA MONNAIK
tinct, échangeable, cessible, productif de « prouffits et émoluments » que les ordonnances royales, chez nous, parlent constamment de la monnaie (i). El saint Thomas lui-même, quant il vient à en parler, ne s exprime pas autrement : « Il n*est aucune chose, dit-il expressément, qui fasse plus d*honneur à son maître que la monnaie, parce qu'il n'est aucune chose qui soit si répandue entre les mains des autres hommes, quia nihil estquodin manibiis hominum frequentatiir quantum numisma » (2). D'où provient cette conception évidemment très spéciale d'une monnaie chose du prince? — Les partisans du droit domanial en donnaient au xiv* siècle, si nous en croyons Oresme, une explication assez singulière. La monnaie est la chose du prince, parce qu'elle porte rimage du prince. Le Christ lui-même, disait-on. Ta proclamé. Aux Pharisiens qui le questionnaient, s'il convenait de payer le tribut à César, il a demandé de lui présenter la monnaie du tribut. Et leur faisant voir sur lés pièces l'image de César : Rendez, a-t-il dit, à César ce qui est à César (3). — « Comme sil voulust dire, explique Oresme, dans l'argumentation des féodaux, comme sil voulust dire : A César est le denier ou la monnaie, veu
1. « Notre domaine des monnaies », telle est l'expression courante des textes, Ordonn. 28 déc. 1355, A, 11 (Ord. III, 84) ; Ordonti. 30 oU. Î358 (Ord. lU, 266) ; Ordonn 25 mai 1359 (Ord. III, 544), etc.
2. D. Thomas Aquinat., De regimine principum adregem Cypri, Ub. II, c. i3 (dans Ôpei'a, éd. Rome, 1670, f», rr XVII, p. 170). Saint Thomas revient à plusieurs reprises, dans ce passage, sur celte idée, qui paraît l'avoir particulièrement frappé : « Ex numismate majestas domini relucet. Numisma est ornamentum régis et regni, et cujuslibet regiminis, quia in eo representatîir imago domini régis » etc . (ibi'hm),