‹ Nicole OresmeChapitre 43 sur 321 · Vlmage du Monde , 3« partie, c · texte numérisé non relu

Vlmage du Monde , 3« partie, c

« Monoie si fu establie

par les gens qui n'avaient mie

chascun vin, blé, bestes ne dras,

etc , . . » .

(Ms. Bibl. Arsenal 283, fol. 181, v«). Ce passage est la reproduction en vers d'un chapitre interpolé dans certains Mss. du Livre dou trésor ; Des mestres de philoso/ie, et por quoi ils trouvèrent monnaie {\» I, pars i, c. 6, éd. Chabaille, p. 621).

avant, Tidée cl*une monnaie-capital est énergiqueraent repoussée, comme on sait, et Tidée d*une fonction autre que celle de mesure ne s'est pas même présentée. Au XIII® siècle seulement, avec la connaissance des œuvres d'Aristote, d'autres fonctions possibles du numéraire auraient pu être entrevues, car Aristole, plus ou moins nettement, a reconnu que la monnaie agit en fait comme représentation et comme équivalent des choses. Mais il faut croire qu'à cette date déjà la définition était invariablement arrêtée dans Técole, car on ne Ta point modifiée. C'est par la fonction de mesure que saint-Thomas, que Gilles de Rome (i), qu'Oresme lui-même (2), quand il se laisse aller aux habitudes prises, définissent uniquement la monnaie. Et »ur ce fondement, depuis des siècles la théorie du pouvoir du prince avait pu solidement s'asseoir : la monnaie étant une mesure, devait être naturellement régie par le droit commun des mesures. Or le principe juridique universellement appliqué aux mesures, dans tout le moyen âge, c'est la domanial lité. Toutes les mesures, dans la conception médiévale, tous les instruments des transactions commerciales, sont de droit entre les mains du prince, non pas, comme on pourrait croire en vue d'un contrôle plus ou moins régulier, ainsi que dans nos civilisations modernes, mais véritablement à titre de propriété, et de chose directe-

1. D. Thomas Aquinat., Summathéolog. 2» 2®, q. 78 De usura^ art. 1 : « Pecunia auleni secundum Philosophum est inventa ad commutationes faeiendas . Et ita proprius et principalis pecuniae usus est ipsitis consumptio sive distractio, secundum quod in commutationes expenditur. » L*assimilation est constante dans le Deregimine; « Numisma est mensura et instruroentum in permutationibus... Tantum est mufare monetam, quantum stateram seu quodcumque pondus. » (11, i5-i4, éd. cit. y XVll, p. 170)

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