‹ Nicole OresmeChapitre 78 sur 321 · Aristotelis PoîUica, 1. 1/ c. 3, | 16, éd. Didot, p · texte numérisé non relu

Aristotelis PoîUica, 1. 1/ c. 3, | 16, éd. Didot, p

lA DOCTRINE D^ORKSME 205

qui en font usage, la pouvait déprécier entièrement, en faire d'un seul coup une chose sans valeur, car, dil-il expressément — et naus empruntons la traduction d'Oresme lui-même — « elle n^ pas son prix ne son cours par nature, mais par la loy et par ordonance humaine. Et est en nostre puissance de la transmuer et la faire inutile )) (i).

Oresme a traduit intégralement, comme on voit, le texte d*Aristote^ mais il a aussi senti immédiatement tout le danger d'une pareille doctrine. Si la monnaie n'est qu'un vain signe, ainsi que le prétend Aristote, si elle ne tient sa valeur que de Tautorité publique, il dépendra donc du prince, en modifiant arbitrairement son pouvoir d'achat, de la faire varier à son besoin, ou à son caprice ! Ce serait la justification du principe même des mutations de monnaies!

Aussi Oresme ose-l-il corriger ici la doctrine du Maître. Dans la glose des Ethiques il ne le fait encore qu'avec une certaine timidité^ cherchant à expliquer et à atténuer l'exagération d'Aristole plutôt qu'à le contredire en face (2) ; dans celle des Politiques^ au contraire, il ne craint plus de s'exprimer librement. Il n'est pas exact, remarque t-il,dedire que le métal, une fois démonétisé, perdra du coup toute valeur. Sans doute, il subira une dépréciation énorme, mais il vaudra a encore ung peu », parce qu'il conservera d'autres usages, qu'il sera bon par exemple « pour faire vesselle ou autre chose » (3).

1. Ethiq., l. V, c. 11, TexU, fo XLIX, v«. Le texte des Politiques dit de même : f Et ce appert, car qui soustrairoit et osteroit a monnoie son usage et son cours, elle ne seroit plus digne ne profitable à chose qui soit nécessaire à vie humaine • (Politiq., l. I, c. 10, TexU, fo XIX. ro).

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